2001/05/17 - JOHANNESBURG (AFP)
La Cour constitutionnelle sud-africaine a commencé jeudi l’examen d’une "exception rasta" qui dépénaliserait la consommation de cannabis pour les Rastafaris au nom de la liberté de pratique religieuse.
AfSud-drogue-justice La Cour constitutionnelle examine l’"exception rasta" pour le cannabis
JOHANNESBURG, 17 mai (AFP) - La Cour constitutionnelle sud-africaine a commencé jeudi l’examen d’une "exception rasta" qui dépénaliserait la consommation de cannabis pour les Rastafaris au nom de la liberté de pratique religieuse.
Aux abords de la Cour, la police a arrêté trois "manifestants-fumeurs" au milieu d’un groupe de 50 Rastafaris chantant et dansant, qui ont été placés en garde à vue au proche poste d’Hillbrow (centre de Johannesburg), a indiqué la police. Ces arrestations ont eu lieu au moment où des avocats des Rastafaris tentaient dans leurs plaidoiries de convaincre les juges de la Cour constitutionnelle du "bien-fondé" et la "viabilité" d’une "exception rasta" pour le cannabis.
Ils ont notamment évoqué des dispositions spéciales comme une "carte d’identité rasta" qui permettrait aux Rastafaris de transporter ou consommer du cannabis sans crainte de poursuites.
La procédure a été engagée fin 2000 par un rasta avocat de formation, Gare Anver Prince, qui a saisi la justice après que le barreau du Cap eut refusé de l’admettre en son sein, en raison d’anciennes condamnations pour consommation de cannabis, et sa détermination affichée à continuer d’en consommer.
Les juges ont également entendu jeudi les arguments de rastas sur l’éventuelle compatibilité d’une "exception rasta" avec l’application au quotidien de la législation sud-africaine sur les substances illégales, et les textes de lutte contre le trafic international.
Mouvement religieux, politique et culturel originellement issu de Jamaïque à partir d’une réinterprétation de la Bible, le Rastafarisme considère le cannabis comme un élément essentiel de pratique religieuse pour "se fondre avec le Créateur", même si de nombreux rastas désapprouvent sa consommation à des fins récréatives, selon les avocats du mouvement.