2001/02/05 - AFP

PARIS, 5 fév (AFP)- Nicole Maestracci, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), réagit à la publication de l’enquête sur les consommations de produits psychoactifs menée en mai dernier auprès de 14.000 jeunes de 17 à 19 ans, à l’occasion de la Journée d’appel de préparation à la défense (JAPD).

-  Qu’est-ce qui vous a marqué dans cette enquête ?
Encore quatre adolescents sur dix fument quotidiennement. Cela prouve qu’on a du mal à faire baisser la consommation de tabac et c’est une préoccupation, plus particulièrement pour les filles qui rattraperaient les garçons. La question du tabac est peut-être la plus complexe. Les jeunes ont énormément de mal à se reconnaître dans les messages de prévention car l’idée de mourir d’un cancer à 50 ans leur est parfaitement indifférente.
Je relève la multiplication des états d’ivresse, surtout chez les garçons. Je constate aussi que si un jeune sur trois a fréquenté une rave party, ils sont seulement 11% parmi ceux-ci à avoir consommé de l’ecstasy. De façon surprenante, cette dernière drogue est supplantée par la consommation de champignons hallucinogènes ou de poppers.
-  Ses conclusions vous inquiètent-elles ?
Je ne suis pas exagérément inquiète car elles ne font que confirmer des tendances. De nombreux consommateurs occasionnels vont s’arrêter à la fin de l’adolescence et peu de consommateurs sont vraiment problématiques. C’est sans doute sur ceux là qu’il faut faire porter l’effort de prévention et peut-être que nous ne le faisons pas assez.
Cette enquête doit être un outil d’information de plus. Il faut que tout le monde s’en serve. En tout cas, il faut arrêter de s’alarmer sans cesse et regarder la réalité en face. Il y a des choses inquiétantes, mais aussi d’autres rassurantes. Ce n’est pas parce qu’on a un jeune sur deux qui fume du cannabis qu’on va avoir un jeune sur deux qui sera délinquant, usager d’héroïne ou alcoolique.
-  Comment l’enquête place-t-elle la France par rapport aux autres pays européens ?
Notre pays se situe dans une situation assez comparable. La différence est que nous sommes encore en croissance sur le cannabis alors que certains pays ont stabilisé leur consommation, comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Mais le plus important en France reste la consommation d’alcool.