2002/10/16 - La Liberté
Pour obtenir ces subventions, les agriculteurs font une demande. En cas de contrôle, ils doivent prouver qu’ils ont utilisé des semences autorisées et que la marchandise n’a pas été commercialisée comme stupéfiant. A la suite de quoi un laboratoire bernois analysera des échantillons de l’agriculteur demandeur de primes de culture. "Le nombre de demandes est stable depuis 1998", précise le vice-directeur de l’OFAG. "Il n’y a apparemment pas de marché, la valeur ajoutée étant très faible : on utilise ce chanvre comme substitut de terreau ou en tant que matière première renouvelable vendue souvent au prix de la paille".
Les chanvriers "non déclarés" affichent une marge bien plus attrayante. Selon les estimations de l’OFAG, le rendement pour un cultivateur de chanvre non conforme varie entre 50 000 et 100 000 francs par hectare et par an, s’il revend la récolte à un grossiste. Dans le cas où l’agriculteur revend lui-même ce chanvre "récréatif", son rendement pourrait varier entre 200 000 et 400 000 francs. "Ils peuvent pratiquer des prix exorbitants grâce à cette zone grise sur le plan légal. Le chanvre est illégal mais toléré dans de nombreux cantons. Le jour où le cannabis sera légalisé, le prix du chanvre ne sera pas beaucoup plus élevé que celui du colza", conclut Christophe Darbellay. D’après lui, les Alémaniques seraient bien plus favorables que les Romands à cette légalisation, "même dans les milieux conservateurs".