"12 facteurs à considérer dans une opération de culture légale" par Sensi Seeds
Par James Burton, publié le 24/12/2015
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12 facteurs à considérer dans une opération de culture légale
Culture légale En 2015, l’Uruguay est en plein processus d’implantation d’installations gouvernementales contrôlées. De plus en plus d’installations professionnelles de culture voient également le jour au Colorado, à Washington, en Alaska et en Oregon. Aux Pays-Bas, plusieurs municipalités veulent mettre en place leurs propres plantations de cannabis. Mais comment procéder afin de créer une réelle installation professionnelle de culture ? S’il y a bien une personne qui excelle en la matière, il s’agit de James Burton.
James Burton a été la première personne à mettre sur pied une installation professionnelle de culture de cannabis médicinal aux Pays-Bas. Au tournant des années 90, il établit le Stichting (littéralement “Charité”) Institute of Medical Marijuana (SIMM) pour vendre du cannabis médicinal au gouvernement néerlandais, à l’organisme indépendant de recherche TNO, ainsi qu’à plusieurs universités, hôpitaux et entreprises pharmaceutiques.
James Burton a défini les normes de qualité pour plusieurs programmes similaires à l’échelle mondiale. Cependant, en 2005, les autorités des Pays-Bas lui retirent son permis après que Burton ait ouvertement formulé des critiques envers le gouvernement. Alors que SIMM parvenait à offrir du cannabis médicinal pour aussi peu que 53 sous le gramme dans un effort de le rendre accessible à tous, le gouvernement gonflait les prix à des niveaux absurdes.
En 2015, l’Uruguay est en plein processus d’implantation d’installations gouvernementales contrôlées. De plus en plus d’installations professionnelles de culture voient également le jour au Colorado, à Washington, en Alaska et en Oregon. Aux Pays-Bas, plusieurs municipalités veulent faire leurs propres plantations de cannabis pour contrer le crime organisé et assurer le contrôle de la qualité des stocks de cannabis.
Mais comment mettre sur pied une bonne installation professionnelle qui permettra de produire le meilleur cannabis (médicinal) qui soit ? James Burton est le mieux placé pour offrir des conseils, et c’est sur le blog de Sensi Seeds qu’il partage ses secrets.
Première partie d’une série de trois parties
1. SÉCURITÉ
J’estime que la sécurité – à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments – est l’un des facteurs les plus importants à considérer dans une opération de culture. Malheureusement, j’ai remarqué que les employés étaient tout aussi susceptibles de commettre des vols que n’importe quel étranger. Un gardien sur place doit surveiller les lieux 24/7, puisque le temps de réponse d’agents de sécurité privée ou de la police est trop long. Cette sécurité de jour comme de nuit peut être accomplie lorsque les employés travaillent de nuit à la manucure de la marijuana.
À cet effet, il est important d’installer des caméras visibles et secrètes à l’intérieur et aux alentours des bâtiments, ainsi qu’un câble de détection parcourant le périmètre de la propriété pour donner l’alerte lorsque des intrus pénètrent sur les lieux, ou que des employés transportent de la marijuana à leur voiture. Vous avez aussi besoin d’un système de sécurité de haute technologie qui alerte automatiquement la police, votre équipe de sécurité et vous-même.
Il est important d’aviser la police et de la mettre au courant de l’existence de votre opération de culture. Vous devez désigner des employés qui seront responsables de visionner les enregistrements des caméras de sécurité à distance, sur un site Web. Des bergers allemands qui gardent le périmètre extérieur découragent les intrus.
Exigez de vos employés qu’ils changent de vêtements dans une pièce séparée de la cafétéria où ils prennent leurs pauses, et interdisez l’introduction de paquet, gilet, nourriture, boisson, téléphone portable dans les aires de culture et de traitement.

L’arrivée ou le départ de tout individu, incluant les personnes effectuant les livraisons, doit être inscrit dans un registre des visiteurs.
Finalement, vous devez être conscient que puisque l’existence de votre opération est connue du public, vous êtes exposé à tous types d’effractions, que peuvent commettre non seulement des criminels professionnels, mais également, des amateurs et des groupes de jeunes.
2. PERSONNEL ET EDUCATION
La sélection de votre personnel est un processus très important. Des employés non qualifiés peuvent infliger de lourdes pertes à votre entreprise. En effet, les erreurs que sont susceptibles de commettre de telles personnes – mauvaises pratiques de culture, de récolte et de manucure, manque de contrôle de la qualité, dommages environnementaux, dommages aux plantes – ont le potentiel de compromettre des récoltes entières. Des kilos de marijuana peuvent être gaspillés par des manucures non formés.
Avoir un bon directeur de culture est vital puisque celui-ci remplit d’importantes fonctions. Il s’assure que les règlements et les procédures d’exploitation uniformisées sont respectés, que les pertes sont minimisées, et que le personnel reçoit l’éducation, la supervision et la documentation adéquate.
Toutes les étapes de transformations primaires et secondaires doivent être conformes aux directives nationales en matière d’hygiène alimentaire, et le personnel responsable de la manipulation de la marijuana est tenu de maintenir un haut niveau d’hygiène personnelle. À cet effet, il est important de procurer à votre personnel une formation adéquate en la matière.
Il est obligatoire d’assurer le bien-être de tout le personnel affecté à la culture et au traitement, en portant une attention particulière à la ventilation des émanations à l’intérieur des aires de manucures.
Afin d’éviter tout contact avec les plantes, le personnel doit porter des vêtements de protection, des gants, des résilles et des protecteurs à chaussures.
Conformément aux règlements, il est important d’interdire tout employé souffrant de maladies infectieuses connues transmissibles par les aliments, ou étant porteur de telles maladies (incluant la diarrhée) d’entrer dans les aires de travail où il peut être en contact avec la marijuana.
Les employés présentant des plaies ouvertes, de l’inflammation ou des infections cutanées ne doivent pas être affectés au traitement de la marijuana, ni pénétrer dans les aires de travail où est effectuée cette tâche, à moins de porter des vêtements/gants de protection jusqu’à ce qu’ils soient complètement rétablis.
Il est aussi de votre devoir de fournir à vos employés une formation botanique en vue de les préparer adéquatement aux tâches demandées. Les personnes responsables de la manucure doivent être bien formées et supervisées afin de minimiser les pertes de matière végétale et prévenir la contamination du produit.
Les personnes effectuant les récoltes doivent également détenir suffisamment de connaissances au sujet de leur tâche, incluant l’identification du cannabis traité, de ses caractéristiques et de sa traçabilité, ainsi qu’en matière des règlementations et des contrôles propres à l’entreprise.
De même, il est recommandé d’éduquer tout le personnel dont les tâches sont en lien avec la marijuana et sa production, notamment en matière de techniques de culture, d’usage approprié de l’équipement et de directives permanentes d’opération, à l’aide de vidéos présentant ses tâches.
De courtes vidéos peuvent présenter au personnel les points importants des directives permanentes d’opération, des bonnes pratiques agricoles et des bonnes pratiques industrielles.
3. BÂTIMENTS ET INSTALLATIONS
Il est important de considérer l’emplacement et la qualité de l’air lorsque vous choisissez le bâtiment idéal. La qualité de l’air risque d’être compromise par la proximité d’une autoroute ou d’un corridor naval. Les arrosages de produits chimiques de cultivateurs attenants peuvent vous affecter, et c’est pourquoi vous devez mesurer la qualité de l’air.
Le facteur olfactif est aussi important. Il est difficile d’éliminer les odeurs qui émanent d’une opération de milliers de plants. Les systèmes et équipements pour filtrer et nettoyer l’air sont chers et énergivores, en plus de demander beaucoup d’entretien.
J’ai aussi découvert qu’il était impossible de garder l’emplacement de l’opération secrète lorsque 20 employés ou plus s’y rendent quotidiennement, en plus des diverses visites effectuées par les livreurs et les entrepreneurs.
Les bâtiments dans lesquels sont effectués la culture et le traitement de la marijuana doivent être propres, bien aérés, et on ne doit jamais y garder de bétail.
Les bâtiments de culture et de récolte doivent offrir une protection adéquate contre les oiseaux, les insectes, les rongeurs et les animaux domestiques. Toutes les pièces de conservation et de traitement doivent être à l’abri des ravageurs, et des mesures phytosanitaires (pièges, machines électriques pour éliminer les insectes, etc.) doivent être mises en place et entretenues par des employés ou des entrepreneurs qualifiés dans le domaine.
Il est aussi recommandé d’entreposer la marijuana emballée dans une chambre forte.
Conformément aux règlements nationaux, les bâtiments où est effectué le traitement des plantes doivent être munis de vestiaires, de toilettes et d’installations pour se laver les mains. Il est aussi recommandé de faire porter aux employés un dispositif d’alerte pour assurer qu’ils se lavent bien les mains après chaque visite aux toilettes. Vous ne voulez pas savoir combien de fois l’alarme s’est déclenchée parce que quelqu’un ne s’était pas lavé les mains au sortir de leur pose toilettes !
Assurez-vous de faire vérifier régulièrement vos bâtiments par le service d’incendies et votre compagnie d’assurances, puisqu’en tout temps, vous êtes tenus d’être conformes aux normes de sécurité et celles relatives aux incendies et à l’électricité.

Il est important de munir vos bâtiments d’un système informatisé de contrôle climatique qui mesure une gamme de paramètres de culture et qui contrôle les cycles de luminosité, la ventilation, l’humidité relative, l’arrosage, et les volets d’éclairage et d’obscurité. Un système de chauffage de sol informatisé maintient la température du terreau entre 19 et 24 degrés centigrades.
Vous avez également besoin d’un système de ventilation assez puissant pour créer une circulation globale et puissante, pour nuire aux insectes et inciter les plantes à renforcer leur système racinaire.
4. EQUIPEMENT
L’équipement utilisé pour cultiver et traiter la marijuana doit être propre, entretenu et huilé régulièrement afin d’assurer son bon fonctionnement. Il doit aussi être installé ou monté de manière à ce que l’accès soit adéquat. Il est important de calibrer régulièrement la machinerie de fertilisation.
Les parties ou pièces d’équipement en contact direct avec la marijuana récoltée doivent être nettoyées après chaque utilisation afin d’éliminer tout résidu pouvant causer des contaminations croisées.
Les employés doivent recevoir une formation vidéo au sujet des directives permanentes d’opération de l’équipement et de leur calibrage.
Le directeur des serres doit régulièrement faire le suivi des instruments pour peser, des calibrations de fertilisants et des dosages pour assurer leur exactitude. Il doit de plus vérifier que l’équipement est propre et bien rangé.
C’est ainsi que se termine cette première partie d’une série de trois articles. Le mois prochain, je publierai la deuxième partie qui couvrira quatre autres points importants à considérer dans une opération légale et professionnelle de culture de cannabis. Restez à l’affût !