"Alcool, cannabis, cocaïne : « Pas d’ça à bord ! »" par le Marin
Publié le 02/05/2016 15:08
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Alcool, cannabis, cocaïne : « Pas d’ça à bord ! »
« La mer est dangereuse, n’en rajoutons pas. » La campagne Pas d’ça à bord sensibilise les marins aux addictifs. Elle alerte sur les risques liés à la consommation de substances psychoactives, qui met en danger le consommateur comme ses collègues, et explique quoi faire face à un marin en état anormal à bord.
Sur le site de la campagne, deux vidéos (voir ci-dessous) : Entre deux marées, sur un pêcheur qui fait la fête dans la nuit avant de rembarquer (1:32) ; et Coup de barre, sur un marin au commerce qui s’assoupit pendant son quart sous l’effet de l’alcool et des médicaments (2:12). Les marins sont particulièrement exposés aux consommations de psychotropes, selon des études menées en 2007 et 2013. Alcool : consommation à risque chez 12 % des marins. Cannabis : consommation détectée chez 16 % des marins, 28 % des pêcheurs, et même 46 % des pêcheurs de moins de 35 ans. Cocaïne : consommation récente chez 4,5 % des marins, 8 % chez les jeunes.
Les effets : euphorie, troubles de la vigilance, agressivité, perte de mémoire, délire, dépendance… Ces substances affectent la perception du risque, la réactivité, or, en particulier, « le travail de quart et la veille requièrent un haut niveau de vigilance ». La consommation de ces substances « est un facteur retrouvé régulièrement dans les causes d’accidents corporels ou mortels lors du travail maritime ». En 2015, on déplore cinq fois plus d’accidents mortels dans le maritime que dans le secteur du bâtiment…
Les conséquences sont aussi disciplinaires, et judiciaires. Les règles : ne pas boire d’alcool dans les quatre heures avant d’assurer la veille. Pour tous les marins, l’alcoolémie ne doit pas dépasser 0,5 g/l dans le sang, et 0,25 mg/l dans l’air expiré. Être trouvé ivre à bord doit faire l’objet d’un rapport de mer du capitaine aux Affaires maritimes, et peut conduire en conseil de discipline, et au licenciement. De plus « la détention de stupéfiants peut avoir des conséquences judiciaires dramatiques pour le marin naviguant à l’étranger car les lois diffèrent selon les pays ». Sans compter les effets sur l’accès à l’emploi : l’usage de drogues est révélé par le test urinaire à la visite médicale d’aptitude.
Sécuriser le marin dans un état anormal
Face à un marin en état anormal à bord : le retirer de son poste de travail, le sécuriser, sous surveillance, et le débarquer si possible, mais sans le laisser repartir seul (appeler un proche ou le 15). S’il ne peut pas être débarqué, appeler le Cross, qui renvoit vers le centre de consultation médicale maritime de Toulouse : selon la situation, il peut conseiller des médicaments ou une évacuation.
Le site de cette campagne indique aussi les relais pour s’en sortir (notamment les centres spécialisés en addictologie) et des tests pour évaluer sa situation. Avec plusieurs documents ressources en téléchargement : livret de 16 pages, affiche, affichettes… Cette campagne est initiée par le Conseil supérieur des gens de mer (CSGM) du ministère de la Mer, et financée par la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Partenaire : l’IMP (institut maritime de prévention).
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