"Au procès du trafic à Neuilly-sur-Marne, quatre condamnations, quatre relaxes" par Le Parisien
Ce n’est qu’un fait divers me direz-vous. Oui, mais ... il a du contenu politique "explosif". Non pas sur le fait que ce sont des riverains qui ont agi contre des petites trafiquants en bande, ni même sur celui des policiers qui, vexés, mettent un zèle à traiter du problème, un peu dans la précipitation quand même. Non, la question qui dérange est le coût d’une telle politique répressive - les moyens mis en œuvre - pour le résultat qu’on en constate. Dans une semaine, une autre petite bande récupérera ce marché laissé béant, probablement dans autre un quartier assez proche. Le moteur de ce genre de petits trafics est de tenter de monnayer sa consommation à moindre coût, d’une part, mais aussi d’échapper à la misère avec l’octroi, de temps à autres, d’un petit billet. C’est du "trafic alimentaire" qui est une réponse à la précarité, résultante de la politique gouvernementale (à plusieurs niveaux). Tant que l’État français s’entêtera dans la seule voie répressive, il n’y a aucune raisons que cela s’arrête : une fois relâchés de prison, les condamnés de cet article auront encore plus de mal à trouver du travail … ! Vous feriez mieux de les euthanasier ; ce serait moins cruel ! (Remarque à ne pas prendre au premier degré … mais comme "foutage de gueule" !)
Par Nathalie Perrier, publié le 07 Févr. 2016 à 10h48 | MAJ le 07 Févr. 2016 à 10h48
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Au procès du trafic à Neuilly-sur-Marne, quatre condamnations, quatre relaxes
Illustration. Huit prévenus comparaissaient pour trafic de drogue vendredi devant le tribunal correctionnel. Quatre d’entre eux ont été condamnés. (LP/C. S)
Ils sont les petites mains d’un trafic de drogue de faible envergure qui a empoisonné pendant quatre mois, d’octobre 2014 à janvier 2015, la vie des habitants du 16, rue Paul-et-Camille-Thomoux, à Neuilly-sur-Marne. Alignés en rang d’oignons, les huit prévenus, âgés d’une vingtaine d’années pour la plupart, comparaissaient vendredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour trafic de stupéfiants.
A l’un, il était reproché de ravitailler le point de deal, à un autre de jouer le chauffeur lors des dits ravitaillements, à un autre de cacher la drogue dans sa cave et à presque tous de vendre, ici et là, quelques barrettes de shit.
Un témoignage anonyme et la pétition des riverains
A en croire les policiers du commissariat de Neuilly-sur-Marne, ces huit jeunes hommes constituaient un réseau bien constitué. Le témoignage anonyme grâce auquel l’enquête a débuté faisait ainsi état d’une cinquantaine de clients chaque jour dans le hall. Une pétition signée par de nombreux résidents confirme les nuisances liées à l’occupation du hall. Mais, comme n’a eu de cesse de le dire à demi-mot la présidente du tribunal, l’enquête a été très mal ficelée et les preuves sont loin d’être établies.
« La drogue, je la gardais pour quelqu’un »
Interrogés, la plupart des prévenus ne disent pas grand-chose. « On a retrouvé dans votre cave six plaquettes de résine de cannabis et un pistolet automatique. C’était quoi ? », tente la juge à l’adresse d’un des prévenus. « La drogue, je la gardais pour quelqu’un, je ne peux pas dire qui, j’ai peur des représailles. L’arme, je ne savais pas qu’elle était là. »
La présidente se tourne alors vers un autre suspect, un homme de 35 ans, chez qui a été retrouvé un couteau pour couper du cannabis. « C’était pour ma consommation personnelle », affirme-t-il. Un autre, moins malin, reconnaît avoir vendu du cannabis « de temps à autre par nécessité économique », pour subvenir aux besoins de son frère et sa sœur.
Un autre encore avoue avoir livré du stupéfiant et en avoir vendu. « J’étais payé 50 € par jour. J’ai fait ça pour l’argent, pour mon propre compte, pendant un mois. Je me suis fait 2 000 ou 3 000 €. C’était pour rembourser une dette d’argent. » Entendu, le « chef de réseau » nie. Et, de fait, les écoutes téléphoniques, si elles sont d’une grande vulgarité, ne permettent nullement de l’incriminer.
Le procureur dénonce les insuffisances de l’enquête
Visiblement effaré par les insuffisances de l’enquête menée par les policiers, le procureur de la République a requis la relaxe pour quatre des prévenus, dont le chef de réseau présumé ; de la prison avec sursis pour trois autres et six mois ferme pour le chauffeur-livreur-vendeur. Ce dernier a finalement écopé de huit mois ferme. Les juges ont suivi les réquisitions du procureur pour les autres prévenus.
Jointe après l’audience, Me Wassila Ltaief, l’avocate du chauffeur, ne mâche pas ses mots : « Cette enquête est un fiasco. Les policiers n’ont pas fait un travail de fond. Ils voulaient juste débarrasser le quartier de quelques petits voyous qui embêtaient les riverains, mais il n’y avait pas grand-chose dans les dossiers ».
Et de rappeler que « 109 policiers avaient été mobilisés le jour de l’interpellation des huit suspects en février 2015 ! »