" Avancée aussi en Océanie : le cannabis en Australie – Partie II" par Miranda (Sensi Seeds)
Cet article fait suite à la partie 1 au même titre, que vous retrouverez en cliquant ici !
Publié par Miranda, le 11 aout 2015
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Avancée aussi en Océanie : le cannabis en Australie – Partie II
Chaque État et territoire australien possède sa propre législation, ce qui explique la variété d’amendes et de peines infligées (CC.Bianca J).
Des avancées et des nouveautés en rapport avec la légalisation et la normalisation du cannabis se produisent chaque jour dans le monde, les changement survenant principalement sur le continent américain et en Europe.
Toutefois, un troisième continent progresse dans la même direction : l’Océanie. Nous allons ici nous concentrer plus précisément sur l’Australie, l’un des 14 pays indépendants qui forment ce continent.
Dans cette seconde partie, nous allons effectivement finir d’examiner la situation actuelle du cannabis dans les États et territoires australiens que nous n’avons pas encore abordés, et nous allons nous intéresser à l’actualité du cannabis médical et à la culture du cannabis en Australie.
Législation actuelle sur le cannabis dans les États et territoires australiens
Australie-Méridionale
Cet État est situé dans la partie centrale sud du pays, qui comprend certaines des régions les plus arides du continent. La capitale étatique est Adélaïde, la cinquième plus grande ville d’Australie. L’Australie-Méridionale, également appelée Australie du Sud, est le premier État à avoir dépénalisé les délits mineurs liés au cannabis en 1987.
Depuis août 2011, les résidents en possession d’une quantité maximale de 100 grammes de marijuana, 20 grammes de haschich (résine), un plant non hydroponique de cannabis ou un équipement servant à fumer, sont passibles d’une amende comprise entre 50 $ et 150 $ à payer sous 60 jours et recevront un avis de « Nécessité d’intervention sur le cannabis » pour assister à une session d’orientation obligatoire. Les quantités supérieures sont punies d’une amende de 2 000 dollars ou de deux ans d’emprisonnement, voire les deux. On considère qu’une personne en possession de plus de 100 grammes de cannabis destine cette quantité à la distribution et la sanction encourue est une amende de 20 000 $, ou une peine de deux ans d’emprisonnement. Il est également interdit que le matériel utilisé pour fumer du cannabis soit visible ou vendu en magasin, sous peine de se voir infliger des amendes pouvant atteindre 10 000 $ pour la vente à des adultes et deux ans d’emprisonnement, ou une amende de 24 000 $, pour la vente à des mineurs.
Tasmanie
La Tasmanie est séparée de la terre continentale de l’Australie par le détroit de Bass et c’est le plus petit État d’Australie. Sa capitale est Hobart. En vertu de la législation en vigueur en Tasmanie, les contrevenants en possession d’un maximum de 50 grammes peuvent être réprimandés trois fois en dix ans, avec des procédures différentes au moment de chaque réprimande. À la première réprimande, il faut fournir des informations et des références et à la deuxième, on lance une intervention. À la troisième et dernière réprimande, on évalue l’individu pour déterminer son niveau de dépendance et on le dirige vers un programme d’intervention ou de traitement.
Victoria
C’est le plus petit des États continentaux. Sa capitale est Melbourne, la deuxième ville la plus peuplée d’Australie. Le cannabis est illégal et constitue un délit pénal dans l’État de Victoria, mais les délits liés aux drogues ne sont pas jugés dans un tribunal différent. Comme dans les autres États, le cannabis n’est pas dépénalisé et c’est la police qui décide si elle arrête le consommateur de drogues ou si elle l’oriente vers un programme afin de l’évaluer et l’aider.
Tout détenteur d’une quantité inférieure à 50 grammes à Victoria peut être dirigé vers un programme éducatif, mais, comme en Nouvelle-Galles du Sud, cette option est disponible uniquement pour les personnes qui ont commis deux infractions avant que des poursuites ne soient engagées.
Australie-Occidentale
C’est le plus grand État si l’on tient compte de sa superficie. Près des trois-quarts de la population de l’État vivent dans la capitale, Perth, qui est la quatrième ville la plus peuplée d’Australie. À côté de la Nouvelle-Galles du Sud, l’Australie-Occidentale a adopté la position la plus dure du pays en ce qui concerne les délits liés aux drogues. En 2004, des sanctions civiles ont été introduites pour la possession de cannabis, avant d’être annulées lors du changement de gouvernement en 2008.
Depuis les réformes d’août 2011, les contrevenants qui n’ont commis aucun délit antérieur lié au cannabis, mais qui sont pris avec un maximum de 10 grammes de cannabis récolté et/ou un équipement servant à fumer, doivent suivre une session d’intervention sur le cannabis sous un délai de 28 jours, sinon ils font l´objet d´une condamnation.
Le cannabis médical en Australie
Le débat en faveur de la légalisation de la consommation du cannabis médical est d’actualité en Australie (CC.Chuck Coker).
L’Australie s’est penchée sur le cannabis médical et est devenue le dernier pays à le tester. Bien que ce ne soit pas encore dans le but de le légaliser intégralement, comme le souhaitent et le défendent les activistes australiens, c’est une avancée majeure. Le débat en faveur de la légalisation de la consommation du cannabis médical en Australie est un sujet d’actualité.
Comme nous l’avons déjà mentionné, il est interdit de cultiver et d’utiliser le cannabis dans le pays sans une autorisation, une justification ou une exception obtenue en vertu de la légalisation actuelle. On a également invoqué la nécessité médicale comme défense légitime dans certaines affaires en Australie, comme les essais cliniques du cannabis à des fins thérapeutiques suggérés par différents gouvernements.
Le soutien en faveur d’un changement dans la législation qui autoriserait l’usage du cannabis à des fins médicales est resté relativement stable entre 2004 et 2007. Dans l’enquête de 2007, élaborée par le NDSHS, les données montrent que deux tiers (68,6 %) des personnes interrogées soutenaient « un changement dans la législation pour permettre l’usage de cannabis à des fins médicales » et près des trois quarts (73,6 %) se disaient favorables à « la réalisation d’essais cliniques pour que les patients puissent utiliser le cannabis médical pour traiter leurs maladies ». Le soutien des femmes aux deux mesures fut légèrement supérieur à celui des hommes.
Le 16 mai 2013, les médias diffusaient l’information selon laquelle une commission parlementaire de Nouvelle-Galles du Sud (NSW) recommandait l’usage du cannabis sur ordonnance pour les malades en phase terminale et soutenait la légalisation des produits pharmaceutiques à base de cannabis pour de tels motifs. Dans le cadre de la recommandation, le comité demandait la collaboration du gouvernement fédéral australien pour élaborer un plan qui permettrait aux patients de posséder jusqu’à 15 grammes de cannabis. En outre, les patients et le personnel qui s’en occupe seraient obligés d’obtenir un certificat auprès d’un spécialiste, enregistré au Département de la santé, et une carte d’identification avec photo.
Bien que le rapport du comité, formé de membres de différents partis politiques, soit unanime, le document reconnaissait que la juridiction de Nouvelle-Galles du Sud était limitée en la matière, puisque ce sont les lois et organismes fédéraux, comme l’Administration des produits thérapeutiques, qui réglementent les substances stupéfiantes. En outre, il faut souligner que le comité ne recommandait pas l’usage de cannabis pour traiter la douleur chronique, ni la dépénalisation de la culture du cannabis à des fins personnelles.
En février 2014, Tasman Health Cannabinoids (anciennement TasCann, aujourd’hui AusCann) a proposé la réalisation d’essais de culture et de transformation de cannabis médical en Tasmanie, en collaboration avec l’Université de Tasmanie. Ce projet a été initialement approuvé par le ministre travailliste de la santé de l’époque, avant d’être rejeté par le ministre entrant du nouveau gouvernement libéral.
La Nouvelle-Galles du Sud a commencé des essais cliniques avec le cannabis médical pour traiter l’épilepsie, la douleur chronique et les effets secondaires de la chimiothérapie (CC.prensa420).
Malgré ce revers, en mai 2015, l’entreprise australienne AusCann a conclu un accord historique avec le gouvernement de l’île de Norfolk, qui lui a accordé une licence pour cultiver et produire des variétés de cannabis médical de grande qualité, à partir du mois de novembre de cette année. Le territoire australien autonome de l’île de Norfolk est considéré comme un endroit idéal pour la production de cannabis en raison de son climat et de la sécurité offerte par sa situation géographique. L’objectif est d’exporter la totalité de sa première récolte au Canada au milieu de l’année prochaine et de fournir des variétés sativa et à dominante sativa, qui ne sont pas adaptées à la culture dans les installations sur le territoire canadien. Toutefois, l’octroi de la licence a été effectué après l’approbation par le gouvernement australien d’une loi visant à abolir le parlement de l’île de Norfolk et à le remplacer par un conseil local, ce qui remet en cause cet accord d’exportation de cannabis médical.
À l’heure actuelle, le seul État ayant commencé des essais cliniques est la Nouvelle-Galles du Sud, qui a mené à bien le premier d’une série de trois essais en janvier 2015, avec pour objectif de traiter l’épilepsie résistante aux médicaments, de soulager la douleur chronique et de traiter certains des nombreux effets secondaires de la chimiothérapie, dont souffrent des milliers de malades du cancer. Plus récemment, les États de Victoria et du Queensland se sont joints à cet essai, également dans le but de trouver un traitement pour les enfants atteints d’épilepsie sévère. Ces deux États vont suivre l’exemple de la Nouvelle-Galles du Sud en dépénalisant l’huile de cannabis pour le traitement des nausées produites par la chimiothérapie et pour l’épilepsie sévère résistante aux médicaments, ainsi que pour les soins palliatifs. Grâce à ce nouvel accord, les habitants de Victoria et du Queensland qui souffrent de maladies potentiellement mortelles ou en phase terminale peuvent participer aux essais cliniques réalisés par le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud.
En mars dernier, l’opposition du gouvernement d’Australie-Méridionale a demandé à l’État de prendre part à l’effort national de recherche sur le cannabis médical afin de pouvoir participer aux essais cliniques menés en Nouvelle-Galles du Sud.
Nimbin, capitale culturelle du cannabis en Australie
Nimbin est considéré comme « la capitale culturelle du cannabis » du continent océanique (CC.jeffowenphotos).
Nimbin est un petit village situé dans la zone nord de l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud, dans les montagnes, près de la côte est. L’histoire de ce village 100 % hippie commence en 1973, lorsque l’on y célèbre un festival d’arts contre-culturels et de musique, l’Aquarius Festival, organisé par l’Union australienne des étudiants. Le festival était destiné à un public qui partageait un grand intérêt pour la pensée alternative et les modes de vie durables. On le décrit habituellement comme l’équivalent australien du Festival de Woodstock et le lieu de naissance du mouvement hippie en Australie. On estime qu’il a accueilli entre 5 000 et 10 000 personnes. Le Festival a eu un effet permanent sur l’économie de Nimbin, puisque bon nombre des participants ont décidé de rester et de s’y installer, formant des communes et un autre type de communautés en quête d’un « style de vie alternatif », clairement influencé par le mouvement de la jeunesse des années 60, qui semble avoir résisté à l’épreuve du temps dans ce petit village pittoresque australien.
Depuis cette époque, Nimbin se démarque par son rôle principal dans des initiatives environnementales, comme la permaculture, le développement durable et l’autosuffisance, ainsi que par la contre-culture du cannabis. Dans la littérature et dans les médias, on qualifie ce village de « capitale culturelle du cannabis » du continent océanique et d’« expérience sociale ». Nimbin, la couleur à l’état pur. On retrouve l’arc-en-ciel dans tous les moindres recoins de cette petite communauté australienne. C’est devenu une icône de l’histoire culturelle de l’Australie et bon nombre des valeurs que la contre-culture y a introduit pour la première fois font aujourd’hui partie intégrante de la culture australienne moderne.
L’un des principaux arguments et attraits pour le tourisme local est la légalisation du cannabis. Bien que la culture, la possession ou la vente de cannabis soit punie par la loi en Nouvelle-Galles du Sud, il semble que Nimbin fasse exception à la règle. Le cannabis s’y achète, se vend et se consomme ouvertement dans la rue et si vous croisez une voiture de police, vous entendez tous les passants crier « Taxi ! », en guise de signal d’alerte vous avertissant de la présence des forces de l’ordre. Dans le plus pur style d’Amsterdam, vous trouverez des cafés dans lesquels vous pourrez consommer du cannabis, des grow-shops et des boutiques alternatives qui vendent tous types de produits à base de chanvre : textiles, cosmétiques, produits alimentaires, etc., évidemment, à des fins médicales.
Malgré tout, le niveau d’intervention de la police contre le trafic de drogues à Nimbin a fluctué au fil des ans et a consisté, en règle générale, à sanctionner la possession et à prendre des mesures énergiques contre la distribution de marijuana. Toutefois, la police, tant au niveau étatique que fédéral, n’a pas pu arrêter, ni même réduire, de façon significative, la prévalence de la consommation de cannabis dans le village.
MardiGrass se déroule à Nimbin le premier week-end de mai depuis 1993 (CC.m.a.r.c.).
De même, Nimbin se caractérise par l’activisme cannabique, principalement symbolisé par l’organisation traditionnelle du festival annuel MardiGrass, depuis plus de vingt ans. Ce festival a lieu le premier week-end de mai, dans le cadre des Marches mondiales en faveur de la marijuana organisées depuis 1993, afin de se mobiliser et de protester à l’encontre de l’interdiction du cannabis en Australie, en prônant la réforme des lois relatives au cannabis. Les membres de la Hemp Embassy (anciennement « Nimbin Hemp ») ont décidé d’organiser le 1er mai 1993 cette manifestation pacifique dans un esprit apaisé et serein, manifestation à laquelle tout le monde pouvait participer tranquillement L’édition 2015 de MardiGrass a été principalement axée sur le cannabis médical.
Dans le sillage de la Cannabis Cup des Pays-Bas, la Cannabis Cup d’Australie a lieu pendant le festival MardiGrass et consiste à juger les différentes variétés de cannabis présentées par les cultivateurs. Pendant ce festival, on organise également les Jeux olympiques du cannabis, qui comprennent des épreuves de lancer de bong, un concours de roulage de joints et une compétition du style « Ironman » dans laquelle les cultivateurs participants doivent traîner de gros sacs d’engrais, entre autres.
Essor de la culture du cannabis en Australie
L’objectif de la Hemp Embassy est d’obtenir la réforme législative du cannabis en Australie (CC.Nicki Fernades).
La communauté cannabique australienne est très vaste, puisqu’il existe de multiples initiatives de nature différente à travers le pays. La Hemp Embassy (Ambassade du chanvre) de Nimbin est une association à but non lucratif, créée en 1992 sous le nom de Nimbin Hemp.. L’ambassade prône la réforme législative du cannabis par le biais d’un programme éducatif informant la communauté sur les produits à base de chanvre et de cannabis, ainsi que la promotion d’une attitude plus tolérante et compatissante à l’égard des personnes en général. Cette association organise chaque année le festival MardiGrass à Nimbin, ainsi que de nombreuses autres activités éducatives, informatives et festives, dans le but d’obtenir la réforme législative du cannabis.
Le Help End Marijuana Prohibition (HEMP) Party est un parti politique australien, situé à Nimbin. Les objectifs du HEMP se concentrent sur la dépénalisation, à la fois de la possession de petites quantités de cannabis, et de la culture de cannabis à des fins personnelles, ainsi que sur la légalisation du cannabis à des fins médicales. Son activité est axée sur les trois aspects de la plante : personnel ou récréatif, industriel et médical. Le groupe a été fondé en 1993 par Nigel Quinlan, qui s’est présenté comme candidat sous le nom de Nigel Freemarijuana. Le HEMP a présenté, sans grand succès, plusieurs candidats aux élections fédérales et étatiques et a rencontré des problèmes pour respecter les exigences d’affiliation réglementaires nécessaires à l’enregistrement des partis politiques australiens.
Si vous souhaitez obtenir de plus amples informations, l’Australie dispose de portails et de communautés en ligne, comme, par exemple, ozstoners.com et 420australia.com, ainsi que des publications papier et en ligne, comme StickyPoint Magazine, qui fournissent des informations actualisées sur la situation du cannabis en Australie, avec une grande variété d’informations et de sujets qui traitent du chanvre industriel, de l’usage du cannabis médical, de la réduction des dommages, des lois et politiques relatives au cannabis, de la prohibition, de la culture du cannabis, de l’ethnobotanique, de la cuisine au cannabis, qui proposent des livres, des films etc.
Les informations et sujets abordés au sein de la communauté cannabique australienne sont aussi variés que ceux qui sont débattus dans le reste du monde, aussi variés que ceux que vous découvrez tous les jours dans ce blog. La communauté cannabique internationale évolue et progresse dans une même direction, et on compte déjà trois continents sur lesquels un nouveau scénario se dessine pour le cannabis.