(Belgique) "Les champs de chanvre se multiplient dans le Condroz" par Le Soir.be

Par Aurelie Bouchat, mis en ligne lundi 27 juillet 2015, 14h01

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Les champs de chanvre se multiplient dans le Condroz

Laurent Cimonetti et Sébastien Ernotte se sont lancés dans l’aventure du chanvre en 2007. © A.B

Douze agriculteurs cultivent pour la société ChamvrEco.

A Tinlot, entouré par les arbres, un champ de chanvre. Laurent Cimonetti, l’un des deux associés à la tête de ChanvrEco s’étonne de la taille des plantes : « Elles ont vachement grandi par rapport à notre dernier passage, s’exclame-t-il. Il est vrai qu’en cette saison, le chanvre pousse de 7 à 8 cm par jour ! »

Laurent Cimonetti et Sébastien Ernotte se sont lancés dans l’aventure du chanvre en 2007. Objectif : le transformer en isolant naturel pour les habitations ou en faire du paillage pour les jardins. Quelque 50 hectares de chanvre sont cultivés par une douzaine d’agriculteurs pour la société à Tinlot, Havelange, Vierset, Hamoir ou Ciney.

En Belgique, Laurent Cimonetti et Sébastien Ernotte sont les premiers à avoir relancé cette culture « qui existait pourtant de manière très large avant 1900 dans nos régions, précise Laurent Cimonetti. Mais cette culture a été diabolisée par les Américains qui souhaitaient vendre en Europe leur nylon, le chanvre étant auparavant essentiellement utilisé pour fabriquer du cordage ».

Diaboliser, le mot est lâché : découvrir un champ de chanvre suscite toujours l’étonnement, voire la suspicion. D’ailleurs, les deux Tinlotois voient régulièrement leur culture vandalisée : « Quand il y a des camps scouts à proximité des plants disparaissent souvent » sourit Sébastien.

Pourtant, selon Sébastien, la possibilité pour qu’un plant de cannabis cultivé en plein air termine en fumette est pratiquement nulle. «  Les graines sont strictement contrôlées, précise-t-il. Nous pouvons uniquement nous fournir auprès de la Fédération nationale des producteurs de semence en chanvre, toutes leurs graines ont un taux de THC très faible de 0,02 ».

Les graines de chanvre produites dans les champs condruziens sont récoltées pour fabriquer de la nourriture pour oiseaux ou de l’huile alimentaire, mais les cultivateurs ne peuvent les replanter « À la longue, le taux de THC pourrait à nouveau augmenter » précise Sébatsien Ernotte. Et pour éviter que cela n’arrive pas, la police réalise des prélèvements chaque année dans les champs afin de contrôler. « Nous n’avons jamais eu de problème, conclut Sébastien Ernotte. Même si l’année dernière, un habitant de Marche a tenté de faire croire que sa plantation de cannabis était l’une de nos cultures ! Il a cependant vite été contredit ».