Bernard Rappaz : Position de la Coordination Suisse du Chanvre, CSC/SHK.ch

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Des clarifications sur le cas de Bernard Rappaz

18.11.2010

Le pionnier du chanvre, Bernard Rappaz, se retrouve une fois de plus dans une grève de la faim et ,bien sûr, la discussion autour de sa nutrition forcée et ses conditions d’emprisonnement continue.

Tenons-nous en aux faits : En trois procès, Bernard Rappaz, ayant des antécédents judiciaires, a été condamné à 5 ans et 8 mois de prison pour ses « histoires de chanvre ». Il a été chargé de commerce de drogues, selon le tribunal 52 tonnes de fleurs de chanvre, 1,7 t de résine et 65 kg de haschisch, de blanchissement d’argent pour 5 millions de francs, de blessure corporelle mineure, de fraude des assurances sociales et des délits de circulation routière.

Si on regarde de plus près, les 52 tonnes de fleurs de chanvre contiennent 25 tonnes de tisane, 5 tonnes de chènevis et 12 t de plantes entières prévues pour la distillation d’huile étherique, alors pas vraiment de la marchandise qui tenterait la jeunesse suisse. Des experts estiment la valeur globale à env. 1,5 millions de francs.

Le blanchissement d’argent consiste en : vente de la marchandise sur factures, le retrait d’argent du compte, et de la fraude de la TVA et de l’impôt sur le revenu, donc du comportement commercial normal, sauf la fraude fiscale. En plus il n’a pas déclaré des extras aux assurances sociales qui venaient aider après leur travail ce qui est aussi une fraude.

La blessure corporelle mineure consiste en une baffe distribué à sa demie-fille et le délit de circulation routière est un excès de vitesse déjà puni, donc des choses qui ne sont pas très belles, mais pas lourdement criminelles.

Il est bien clair que Bernard Rappaz avait cultivé et avait fait cultiver du chanvre en grande échelle. Mais cela se passait dans ces années autour du millénium ou il semblait juste être une question de temps jusqu’à la légalisation du chanvre. Cela était même communiqué de cette manière par des gens au pouvoir. Logiquement il y avait des magasin de chanvre dans chaque ville Suisse majeure qui vendaient ouvertement leur marchandise etc.

Cette vague surprenait tout le monde et attirait des affairistes de toute sorte. Le vacuum légal n’aidait pas à la clarté et beaucoup de gens ne s’occupaient pas de choses comme des impôts, des taxes ou des assurances sociales. Ainsi Bernard Rappaz pouvait ouvertement poursuivre ses affaires pendant au moins huit ans et donc générer des chiffres d’affaire impressionnants.

Depuis, tous ces « cas » sont traités, souvent avec une clémence relative, au moins en Suisse alémanique. Seuls les Valaisans devaient frapper un grand coup sur les chanvriers et pour l’exemple envoyaient Rappaz en taule pour 10 ans (ce n’est notabéne en Suisse même pas commun pour assassinat). Parce que Rappaz se présente comme héros de liberté incorrigible il fait naturellement une cible parfaite pour la vengeance étatique. En même temps il sert aussi comme signal d’avertissement : cela va t’arriver si tu es trop rebelle et si tu ignores une loi complétement stupide.

Qu’est-ce qui reste ? La légalisation du chanvre est bloquée. La loi actuelle ne vaut rien et cela d’une telle manière que m^eme les instances veulent une nouvelle révision et, selon les Valaisans, Bernard Rappaz devra pourrir en prison, mais pas comme un martyr mais comme un criminel lourd.

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Contact : André Fürst