"Béziers : le détenu implique sa grand-mère dans un trafic de cannabis" par le Midi Libre

Cette histoire est dramatique. Nous en faisons une toute autre lecture que celle du média qui l’a publié. La France est incapable de donner du travail à tous ses jeunes. Dans ces conditions, entre paupérisation et inactivité forcée, sans espoir d’avenir, ceux-ci s’enferment dans des addictions et parfois même traficotent pour assurer leurs consommations ou tout simplement leur survie. Mais la France interdit aussi le cannabis ce qui lui permet de persécuter ses jeunes et de résoudre une partie du problème du chômage chronique cité en amont. Un jeune sur deux est censé passer en tribunal en France ... véridique. "L’Ennemie à abattre", pour ce pays, est devenu sa propre population ! Elle abandonne les drogues aux mafias, crime organisé et trafiquants. Pire encore, en prison, elle mélange tous les âges et toutes les origines sociétales, exposant ses enfants à de viles crapules au passé criminel organisé confirmé. Et ceux-ci voient en ces jeunes des proies faciles à contraindre et manipuler. Cela va de la prestation sexuelle en cellule, les jeunes sont obligés de faire le ménage, cacher des choses illicites et parfois même, participer à des trafics contraints et forcés. Le summum de la crapulerie est atteint lorsque ce sont des membres faibles de la famille de ces jeunes, qui sont impliqués (toujours contraints et forcés) à leur tour dans de telles magouilles. L’État français est donc doublement complice des affres qu’il a su mettre en place. Non seulement, il offre sur un plateau en or, le "marché de la drogue" aux crapules de tout acabit, mais en plus, il leur envoi des jeunes troupes, alimentées sans cesse en prison, qui n’est plus un lieu de détention, mais un lieu de recrutement pour les gens mal intentionnés. "Il y a des gens qui profitent de ceux qui ont des parloirs" rappelle l’avocat. C’est un business ! Alors, la vieille dame, ce n’est pas de son petit-fils, qu’elle doit avoir honte - le pauvre est imbriqué dans un problème d’ordre sociétal qui le submerge et je ne pense pas qu’il comprenne tout ce qu’il lui arrive - mais c’est de son pays qu’elle doit avoir honte, cette dame. La Prohibition ne fait pas que de détruire des individus ... elle détruit aussi des familles ! Quel est l’argument principal, aujourd’hui, de la Prohibition française au pouvoir ? "Protéger la jeunesse" ... eh bien, "putain" ... ! Qu’est-ce que cela serait alors, si elle déclarait vouloir leur faire du mal ? JLB


Par EMMANUELLE BOILLOT, publié le 02 mars 2016

http://www.midilibre.fr/2016/03/01/...

Béziers : le détenu implique sa grand-mère dans un trafic de cannabis

La défense : "Il y a des gens qui profitent de ceux qui ont des parloirs." ILLUSTRATION / PIERRE SALIBA

Il a été condamné à 7 mois de prison supplémentaires, et sa grand-mère à 1 000 € d’amende avec sursis.

"Elle a 64 ans, elle n’a pas toutes ses capacités. Je lui ai téléphoné pour qu’elle aille récupérer ce colis. Elle pensait que c’était du tabac. Elle l’a fait pour me protéger, je suis conscient des risques que je lui ai fait prendre." Le prévenu, qui est actuellement détenu pour une autre cause au centre pénitentiaire du Gasquinoy et dont le casier comporte déjà dix-huit mentions, se retrouve à la barre du tribunal lundi 29 février, aux côtés de sa grand-mère.

Pour elle, c’est une grande première, et elle n’est pas très à l’aise. Elle confirme les faits : "Il m’a appelé et m’a dit “Va là-bas et on va te remettre un colis”. Si tu ne le fais pas, on va me faire du mal." Dans ce fameux colis, il y avait plus de 50 grammes de résine de cannabis, qu’elle a fait passer à l’occasion d’un parloir, et qui a été intercepté le 10 février dernier.

"Son seul tort est d’avoir un petit-fils incarcéré"

"C’est encore une affaire de trafic de stupéfiants à l’intérieur de la prison. Et cela provoque toutes sortes de désordres du racket, des bagarres." Le procureur de la République juge cette situation "inacceptable pour le bon fonctionnement de l’établissement". Pour lui : "Les déclarations faites lors de leurs auditions ne coïncident pas avec celles qu’ils nous font ici. Elle a reconnu qu’elle savait qu’il s’agissait de drogue." Il requiert sept mois de prison pour le jeune homme, et trois mois avec sursis pour sa grand-mère.

L’avocat de cette dernière insiste : "C’est la première fois qu’elle se retrouve devant un tribunal. Son seul tort est d’avoir un petit-fils incarcéré." Me Caniez regrette "que des recherches plus poussées n’aient pas été effectuées sur son téléphone portable, pour voir s’il n’y a pas eu des pressions sur elle. Elle a reçu des courriers qui ne lui étaient pas destinés. Il y a des gens qui profitent de ceux qui ont des parloirs."

"Jamais plus je n’irai le voir en prison, j’ai trop honte."

Pour son petit-fils, la défense rappelle : "Le procureur a parlé de bagarres et de racket. Mon client a été victime de racket. Il a téléphoné à sa grand-mère en pleine nuit pour qu’elle prenne la voiture et aille récupérer un paquet auprès de quelqu’un qu’il ne connaît pas. Il avait peur. Il y a eu des menaces de mort sur lui et sa famille. Il a été contraint." C’est la grand-mère qui dira le dernier mot avant les délibérations : "Jamais plus je n’irai le voir en prison, j’ai trop honte."

Le tribunal a condamné le jeune homme à sept mois de prison supplémentaires et sa mamie à 1 000 € d’amende avec sursis.