Bienne (Salle Farel) - Débat public dans le cadre du "Tour du Chanvre"
Le crochet biennois du "Tour du Chanvre" s’est terminé hier soir par un débat public à la salle Farel. Prévention et politique ont monopolisé les débats.
Les Chambres fédérales ont, le 14 juin dernier, décidé la non-entrée en matière sur la dépénalisation du cannabis, le 14 juin dernier. Animateur de la soirée, le journaliste Thierry Luterbacher lançait les discussions "Lors de la même session, le parlement a accepté la légalisation de l’absinthe. La population a mal perçu cette différence de traitement".
Après ce préambule, Reto Maurer, expert en prévention, a pris la parole. "Durant les dernières années, on s’est uniquement basé sur la répression". Des allégations corroborées par André Furst, chanvrier, qui déplore une situation de prohibition.
Peut-on parler d’une bataille politique ? Oui, selon Anne-Catherine Menétrey, conseillère nationale vaudoise (Les Verts) "C’est un problème de couleur politique. Une majorité de droite a refusé cette législation".
Sur le terrain, l’échec de la dépénalisation du cannabis au parlement n’a pas changé grand-chose, selon Raymond Cossavella, de la police de sûreté régionale Bienne-Seeland. Et la fermeture des magasins de Chanvre ? Interpellé, le préfet Philippe Garbani répond avec ironie : "Statu quo. Ils sont toujours ouverts". Avant de faire un lien avec l’hôtellerie : "J’ai reçu ce matin même un rapport sur un restaurant dont les conditions d’hygiène sont absolument horribles. Je vais le fermer.
Il en va de la santé publique. Cela s’applique également pour les magasins de Chanvre". A cela Anne-Catherine Menétrey répond : "Il faut responsabiliser les propriétaires de magasins". A Lucerne, des fermetures massives de magasins se sont produites. Le trafic dans la rue s’est accru. C’est une conséquence logique, a prévenu Raymond Cossavella. Mais il vient des consommateurs réguliers. Par la fermeture des magasins on protège la jeunesse".
André Fürst, chanvrier se veut clair : "Nous ne voulons pas de Chanvre à l’école. Mais ces jeunes risquent d’aller se fournir chez des dealers qui vendent de l’héroïne".
Lors de la dernière partie, les participants ont débattu de l’initiative "Pour une politique raisonnable en matière de Chanvre", lancée après le 14 juin, qui a déjà recueilli 90 000 signatures en deux mois. "La politique des quatre piliers" (prévention, traitement, aide à la survie et répression) n’est pas morte à cause du rejet de la dépénalisation. L’initiative arrive trop tard, pour moi, selon Raymond Cossavella. Un avis non partagé par Anne Catherine Menétrey. "90’000 signatures en deux mois c’est énorme ! Ce problème touche de nombreuses personnes". Le mot de la fin était pour Philippe Garbani. "Les initiants avaient peur que la flamme ne s’éteigne. C’est un texte un peu bringuebalant et risque de bloquer le débat sur le Chanvre au niveau politique".