CH : Un nouveau remède au cannabis sera prescrit aux grands malades

Stupéfiants les médecins peuvent prescrire Légalement du cannabis. Pour faciliter l’usage de ce produit, il faudrait éliminer les embûches administratives.

Le Matin Dimanche 5.10.2014 Petra Wessalowski

Chaque année, près de 5000 patients obtiennent sur prescription médicale des médicaments à base de cannabis. Ce chiffre pourrait augmenter. En effet, dès le 1er novembre, les pharmaciens disposeront d’huile de chanvre, variété sativa, pour fabriquer des préparations magistrales, soit des médicaments produits en officine. Depuis ce printemps, le fabricant de produits pharmaceutiques Hänseler basé à Herisau (AR) dispose d’une autorisation exceptionnelle pour extraire des graines de cannabis une huile conenant un peu de THC. Cette huile facilite aux pharmaciens la fabrication de préparations magistrales au chanvre indien. Actuellement, les médecins n’utilisent que de la teinture mère de cannabis provenant de la pharmacie Fankhauser de Langnau (BE), seule maison suisse autorisées en commercialiser.

Comme le cannabis es tun stupéfiant, la procédure est complexe : le médecin doit, pour chaque patient, demander une autorisation de délivrer ce produit à l’Òffice fédéral de la santé publique (OFSP). Il doit préciser pourquoi il ne peut pas se servir d’une autre produit.

Sclérose en plaques ou cancers

Le fabricant cherche à persuader l’OFSP d’assouplir sa pratique. Car la concentration de THC dans son huile n’est que de 1 %. „Le risque d’un effet psychotrope dans un cadre thérapeutique est très restreint“, précise Rolf Locher, directeur chez Hänseler. Souvent le cannabis est le seul produit actif efficace sur des patients gravement atteints de sclérose en plaques ou de cancers. Il sert de calmant, somnifère, peut soulager des crampes et ouvrir l’appétit.

Pour que plus de malades accèdent à ses vertus, la thérapeute saint-galloise Bea Goldman veut développer une consultation dédiée au cannabis à l’Hôpital cantonal de Saint-Gall. Elle souligne que „les patients ne cherchent pas à se griser“, et „ne constate que très rarement d’èffets secondaires“.

Pourtant, les caisses maladie ne remboursent qu’à contrecœur ces traitements, prétextant qu’elles ne veulent pas pousser „des jeunes à la dépendance“. La conseillère nationale Margrit Kessler (Vert’lib/SG) a déposé fin septembre und interpellation afin que les grands malades aient un accès facilité aux dérivés de cannabis et que les caisses les remboursent. Car, „ si un traitement au cannabis est inabordable“, il ne sert quasi à rien de fournir une autorisation, argumente la politicienne.