Canada : des défections importantes qui sabotent en partie une prochaine campagne de lutte contre la drogue !

Notre confrère Cannabis Infos souligne en effet quelque chose d’important qui est peut-être en train de se dérouler dans les coulisses du domaine médical canadien. Il serait essentiel de connaitre les raisons qui ont motivées ces décisions ... nous sommes dans l’attente que ces trois institutions le précisent. Mais sans prendre trop de risque de se tromper, on peut supposer que cela tourne autour d’une guéguerre centrée sur une opposition entre la "première voie" (le tout répressif, la prohibition) et la "troisième voie" (légalisation contrôlée - ici seulement du cannabis thérapeutique). Dit autrement, il doit y avoir quelque chose, dans le programme de la campagne antidrogue, qui doit chagriner des formes de pensées plus modernes. Car c’est aussi un conflit générationnel : les plus anciens, majoritairement prohibitionnistes, ne veulent pas laisser leur place à une jeune génération bien plus réformiste !


Publié le 08 aout 2014

Des associations médicales boudent la campagne antidrogue d’Ottawa

La prochaine campagne de lutte contre la drogue du gouvernement fédéral devant viser prioritairement les adolescents a du plomb dans l’aile avant même de prendre son envol.

Le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC), l’Association médicale canadienne (AMC) ainsi que le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC) ont annoncé samedi, par voie de communiqué, qu’ils n’y participeraient pas.

Pourtant, plus tôt cet été, le CMFC et le CRMCC avaient conclu une entente avec Santé Canada pour élaborer une campagne de sensibilisation conjointe destinée aux jeunes de 13 à 15 ans - et accessoirement à leurs parents - à propos des effets néfastes associés à la consommation abusive de médicaments sous ordonnance et de marijuana.

En entrevue à La Presse Canadienne, la directrice générale de l’innovation des systèmes de santé et des relations externes pour le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, Danielle Fréchette, a soutenu que « les messages avaient même commencé à être développés » et que « ça allait bien ».

Or, à son avis, il y a « soudainement » eu du sable dans l’engrenage quand les reportages et les débats sur « les intentions du chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, de légaliser le cannabis » se sont mis à se multiplier.

Mme Fréchette a indiqué qu’à ce moment, les responsables du CMFC et ceux du CRMCC ont réalisé que leurs « beaux efforts » risquaient d’être minés par cette « foire politique ».

Selon Danielle Fréchette, ils ont donc décidé de renoncer à participer à la campagne orchestrée par Ottawa et de « développer plutôt leur propre programme » avec l’aide de l’AMC.

Mme Fréchette a spécifié que cette campagne serait d’une envergure moins grande que ce qui avait été prévu initialement, car les trois organisations médicales ne disposent pas « des ressources très importantes du gouvernement fédéral ».

Elle a reconnu que cette campagne plus modeste, qui ne sera vraisemblablement pas prête avant le début de 2015, aura nécessairement « moins de pouvoir de pénétration auprès des publics ciblés ».

Elle a jugé bon de dire qu’elle abordera, toutefois, une thématique qui ne fera pas partie de la campagne de Santé Canada : l’alcool.

Danielle Fréchette a précisé qu’il s’agit d’un enjeu incontournable, car « c’est très accessible et que c’est avec la boisson qu’il y a souvent le plus d’abus  ».

Par communiqué, Santé Canada a assuré que sa prochaine campagne contre les drogues n’aura que « des visées éducatives », ajoutant que «  le matériel est basé sur des faits probants et scientifiques ». Coïncidence, l’organisme fédéral s’élève notamment dans son communiqué contre la consommation de marijuana et l’abus des médicaments d’ordonnance.

Source :http://ici.radio-canada.ca/

P.-S.

Note : ce qui suit est de mon point de vue et je ne sais pas si Cannabis Infos sera forcément de mon avis (normalement oui ?). Mais je pense qu’il est important d’avoir à le préciser. Si nos lecteurs consultent des médias cannabiques, c’est pour s’instruire, non ? Alors, dissertons !

Dans la partie qui présente son point de vue, madame Fréchette est assez "soporifique". Nous nous pensons que la différence de point de vue qui a justifié ces retraits et bien plus grave et profonde qu’elle ne veut bien le laisser penser.

Apparemment, cette descension est suffisante pour créer le trouble au sein d’un programme normalement prévu pour la jeune adolescence.

La principale raison qui motive la protection de la jeunesse face au cannabis est le fait que la recherche indique que le THC gêne la bonne construction d’un cerveau jeune et inachevé. Le problème est que lorsque le cerveau est achevé, ce problème n’existe plus. Cet argument ne peut donc être retenu contre des "adultes". La question est de pouvoir définir "quand" un cerveau de jeune peut être considéré comme "achevé" (adulte) ? Certains disent 17 ans, d’autre voudraient pousser cette limite à 21-23 ans ! Il est probablement certain qu’une partie de la polémique provient de ce problème.

Autre point de descension possible : le CBD n’a pas d’effet psychoactif et n’a donc à pas à être interdit de la pharmacopée ou être contraint excessivement. De par ses effets quasi miraculeux dans plein de domaines, beaucoup de médecins souhaite sa "légalisation", d’autant que le milieu pharmaco-médical est déjà très contrôlé à tous niveaux ! Ils réclament aussi plus d’études et de recherches car au final, les médecins avouent eux-mêmes être assez ignorants en connaissances des thérapies aux cannabinoïdes. Et fichtre ... ! Vous savez quoi ? Eh bien, cela coupe l’herbe sous les pieds de la prohibition qui préfère tout interdire (c’est plus facile à gérer) et de certaines entreprises pharmaceutiques qui se verraient ruinées si ce concurrent redoutable à leurs médicaments chimiques brevetés, venait à être libéralisé !

Nous parlions de conflit générationnel en introduction mais nous devons aussi préciser qu’il existe un problème de "conflit d’intérêts" juste sous-jacent à ce conflit générationnel ! Explications :

Bras de fer générationnel !

Dans leurs dernières années, ces anciens indéboulonnables de la profession médicale, font métier d’une sorte de "représentation officieuse" des industries pharmaceutiques, auprès des collèges et des institutions. Leurs expériences et leur notoriété les place aux premières loges pour l’écriture de textes de lois et de réglementations. Et comme conseillers lors de questionnement du parlement. Ces gens sont donc très courtisés par les industries pharmaceutiques qui les embauchent, souvent par des moyens discrets (détournés). Par exemple, siéger à des conseils d’administration ou ils passeront leur temps à bouffer des gâteaux et à faire la sieste ... tout en étant très bien payés et honoré (titres ronflants) !

Brefs, leur noms et images sont exploités, mais c’est le point de vue des dites industries qui s’exprime à travers la parole des concernés-engagés !

Les jeunes médecins sont moins influencés que leur ainés par les industries pharmaceutiques : les liens relationnels n’ont pas encore eu le temps de se tisser ! Aussi, leur point de vue diffère en se référant plus à l’état des connaissances de la recherche médicale et non pas de l’opinion des industries déjà citées.

JLB