(Canada - élections) Joy Davies, jugée trop extrémiste dans ses communications pro-cannabis, démissionne du Parti Libéral

Décryptage : concernant la guerre du cannabis, il existe trois camps distincts dans tous les pays du monde : la "Première voie" est celle qui a ouvert les hostilités (la Prohibition). La "Seconde voie" est le camp qui regroupe les victimes-cibles des premiers (Pro-légalisation complète de la plante : consommation + cultures autorisées). La "Troisième voie" incarne celles et ceux qui seraient plutôt prohibitionnistes par nature, mais constatent l’échec de la prohibition, ses égarements liberticides, le développement de la criminalité et préfèrent donc une légalisation contrôlée par l’État dans un cadre assez restrictif. Tout cela pour vous expliquer que le camp Trudeau n’est pas de la "Seconde Voie" mais bel et bien de la "Troisième". Joy Davies, candidate libérale aux prochaines élections fédérales, a tenu des propos jugés extrémistes par ses paires libéraux, qui la placerait plutôt sur la ligne du "Bloc Pot", ce parti régional québécois qui milite activement pour la légalisation de type "Seconde Voie". Fortement critiquée par l’adversité (Camp Harper) elle a été poussée à la démission de son poste de candidate du Parti Libéral. Ses déclarations mettaient en danger les arguments de monsieur Trudeau même si Chanvre Info juge qu’elle avait raison sur la plupart des points qui lui ont été reprochés. La seule argumentation qui nous parait improbable est sa déclaration au sujet du cannabis pendant la grossesse. Bref, ce n’est pas encore demain la veille que les pro-cannabis - des vrais purs et durs - accéderont au pouvoir au Canada !


Par Althia Raj - The Huffington Post Canada, publié le 10 septembre 2015 à 12:55 EDT. Mis à jour : 10 septembre 2015 à 18:34 EDT

http://quebec.huffingtonpost.ca/201...

Remarques controversées sur la marijuana : Joy Davies n’est plus candidate pour le Parti libéral du Canada

OTTAWA – Joy Davies n’est plus candidate libérale en Colombie-Britannique, après avoir tenu des propos controversés sur la marijuana, a confirmé le Parti libéral du Canada jeudi en soirée.

Davies avait écrit sur Facebook que la marijuana n’était pas nocive pour les enfants, qu’elle réduit la violence conjugale et que la Société canadienne de cancer soutient les grosses compagnies pharmaceutiques.

Celle qui se présentait dans South Surrey-White Rock avait expliqué au Huffington Post Canada mercredi qu’elle croit que les Canadiens sont mal informés à propos des bénéfices et des risques de la marijuana.

Santé Canada a causé du tort à des millions de Canadiens, dit-elle, en empêchant aux patients qui souffrent de maux chroniques d’avoir recours à la marijuana.

Mais son adversaire du Parti conservateur, l’ex-mairesse de Surrey Dianne Watts, avait répliqué au HuffPost que les enfants ne devraient pas être exposés à la marijuana sous toutes ses formes et que sa rivale fait preuve de « mauvais jugement » en affirmant le contraire.

« De suggérer qu’il est correct de fumer de la marijuana dans la maison avec des enfants est ridicule », a commenté Watts.

« Quand il y a des enfants dans la maison, la moisissure, l’humidité, toutes ces choses affectent les enfants et il n’y a aucun moyen de les éviter si vous faites pousser de la marijuana dans votre demeure. »

Les citoyens de la circonscription se préoccupent plutôt de l’économie, de sécurité et de la question des réfugiés, a-t-elle ajouté.

«  La candidate a clairement son propre agenda, et c’est quelque chose qui était la priorité numéro un pour Justin [Trudeau]  », a dit Watts, faisant référence à la position du chef libéral sur la légalisation du pot.

«  En ce qui me concerne, il y a d’autres enjeux qui sont beaucoup plus importants auxquels nous devons nous attarder. »

Plus de pot = moins de violence conjugale

Joy Davies a dit au HuffPost qu’elle ne faisait pas campagne sur sa position sur la marijuana.

«  Ma campagne ne porte pas sur le cannabis, mais je comprends la controverse, et je comprends ma circonscription aussi et je veux juste que les gens réalisent que tout ceci est à propos de la dignité humaine. »

Plusieurs publications Facebook de 2013 et 2014 montrent Davies, alors conseillère municipale à Tumbler Ridge, défendre les droits des utilisateurs de pot.

Dans ses publications, elle suggère que l’industrie pharmaceutique ne veut pas guérir le cancer et que la Société canadienne du cancer est une succursale pour grosses compagnies pharmaceutiques. Elle a écrit que « plus de pot = moins de violence conjugale chez les couples mariés » et a partagé des graphiques à propos du pouvoir curatif du cannabis.

Elle a aussi écrit en 2013 : « Il n’y a AUCUN DANGER à ce que nos enfants vivent dans une maison où l’on fait pousser du cannabis ».

Davies faisait référence à un article qui rapportait qu’un enfant de 10 ans avait été placé en famille d’accueil parce que sa mère militait pour la légalisation de la marijuana.

En entrevue avec le HuffPost, elle est allée encore plus loin en disant qu’il n’y a aucun risque pour les enfants de vivre dans une maison où les parents fument du pot et a cité une étude selon laquelle les mères pouvaient fumer de l’herbe pendant la grossesse sans risque.

«  Les enfants des mères qui en ont consommé pendant la grossesse avaient un QI plus élevé et étaient mieux placés socialement que les mères qui n’en ont pas consommé  », a-t-elle ajouté.

Davies dit qu’elle ne s’était pas jointe aux libéraux en raison de la position de Trudeau en faveur de la légalisation de la marijuana. Mais elle milite pour l’utilisation de la marijuana à des fins médicales depuis belle lurette.

« Je suis juste vraiment inspirée par Justin lui-même. Nous vivons à une époque très lourde, et je voulais vraiment voir un leader inspirant », a-t-elle dit avant de démissionner.

Elle se décrit comme une ancienne conservatrice qui s’est rendue compte que ses valeurs avaient changé.

Davies a dit au HuffPost qu’elle a commencé à consommer de la marijuana après un accident de voiture en 1997. Elle souffrait de douleurs chroniques et a commencé à utiliser un demi-gramme tous les jours, surtout sous forme d’huile, mais parfois dans la nourriture ou sous forme d’un vaporisateur.

«  J’étais alitée pendant cinq ans, souffrant avec mes 13 médicaments, et des amis m’ont apporté ces cigarettes étranges, dit-elle. Je ne bois pas, je ne fume pas. Ils m’ont juste dit que c’était un médicament. C’était en 2003. »

Elle dit qu’elle se sent beaucoup mieux après avoir utilisé du cannabis et se réjouit de ne plus se gaver de médicaments.


Lecture croisée :

Une candidate libérale aux propos controversés sur le cannabis se retire, par Ma Presse.ca - le Soleil, publié le 11 septembre 2015

P.-S.

Citation :

« " ... Quand il y a des enfants dans la maison, la moisissure, l’humidité, toutes ces choses affectent les enfants et il n’y a aucun moyen de les éviter si vous faites pousser de la marijuana dans votre demeure ... " »

Faux ! C’est du pur fantasme prohibitionniste. C’est vrai quand des individus cultivent illégalement du cannabis en remplissant une maison de la cave au grenier. De plus, ces cultures illégales sont souvent traitées avec des produits phytosanitaires toxiques ou des engrais chimiques.

Concernant les particuliers, il est évident que les volumes cultivés sont énormément moindres, souvent pratiqués dans un cadre bio (pas de produits et engrais chimiques) et qu’une culture domestique de cannabis ne "pollue" pas plus, en terme de moisissure et d’humidité, qu’un gros aquarium de salon. Même moins rajouterai-je, car les lieux de cultures sont chauffés, ventilés et l’air est évacué à l’extérieur par des extracteurs.

Le danger de ces cultures d’intérieur ne vient pas de leur existence. Il est tout autre : les ampoules sont très chaudes, des câbles électriques circulent ça et là, tous sous tension secteur. Les engrais, même bio, peuvent être toxiques si on les ingère ... autant de dangers qui peuvent concerner des enfants. Ces genres de cultures doivent être isolés et fermées à clef, de même que les dérivés obtenus après récolte. C’est juste une histoire de bon sens !