"Cannabis : des habitants de Sevran favorables à la dépénalisation pour "faire sortir la drogue des quartiers"" par France Bleu
Par Rémi Brancato, France Bleu 107.1 et France Bleu mardi 12 avril 2016 à 21:38
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Cannabis : des habitants de Sevran favorables à la dépénalisation pour "faire sortir la drogue des quartiers"
Vue du quartier des Beaudottes à Sevran © Maxppp - Carole Sterle
Alors que le secrétaire d’État Jean-Marie Le Guen relance le débat sur la dépénalisation du cannabis, le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, le soutient. Dans sa ville les habitants ne sont pas contre si la mesure permet de faire "sortir la drogue des quartiers".
A Sevran, dans la cité des Beaudottes, les habitants côtoient au quotidien les trafiquants de drogue. "Je les vois tous les jours" reconnaît Safia qui travaille au centre commercial près des tours du quartier. Pour elle si le cannabis est dépénalisé Sevran "serait la ville la plus riche du 93 !" La jeune fille a le sourire mais pour la plupart des habitants c’est un calvaire. "Il y a plein de jeunes qui vendent dans les bâtiments, en bas de chez moi et si on parle avec eux ils peuvent casser votre voiture" s’agace Nabil.
Alors quand on évoque la dépénalisation, ce sevranais est enthousiaste. "Cela va faire sortir la drogue des quartiers de chez nous" espère-t-il. Le maire de Sevran, Stéphane Gatignon a le même discours depuis des années. "Une fois que les choses sont légales vous allez dans un magasin acheter et vous consommez chez vous tranquillement, il n’y a plus les risques" argumente l’élu, qui avait demandé l’intervention de l’armée il y a 5 ans.
Le maire de Sevran, Stéphane Gatignon © Radio France - Rémi Brancato
Stéphane Gatignon défend une dépénalisation du cannabis
Des "liens entre le trafic et le terrorisme"
Depuis le trafic a diminué de 70 à 75% dans la ville. Mais le sujet reste d’actualité. L’élu reconnaît que le trafic reprend ces derniers temps. Et pour lui, la question de la dépénalisation est d’autant plus urgente à l’heure actuelle. "On voit bien les liens entre le trafic et le terrorisme et ce n’est pas possible" dit-il.
Alors Stéphane Gatignon assure qu’après une éventuelle dépénalisation, il faudra s’occuper des petits dealeurs et leur trouver des débouchés. "Ils sont pressurisés, ils ont peu de revenus et ce dont ils ont besoin c’est d’une insertion économique" défend-il. Et il ajoute que selon lui, il faudra aussi accompagner cette dépénalisation de mesures économiques, comme par exemple une levée des charges sur les entreprises de moins de 10 salariés, afin de permettre des embauches.
A Sevran, de nombreux habitants cotoient le trafic de drogue, Rémi Brancato