Cannabis Tabac, quel danger ?
communiqué de presse
Vous avez été de nombreux médias à relayer une étude de 60 millions de Consommateurs en titrant "Le cannabis plus toxique que le tabac". C’est vrai et pourtant c’est faux.
L’étude réalisée montre plus de goudrons et de monoxyde de carbone après combustion d’un mélange tabac cannabis que dans un tabac pur. De là à supposer puisqu’il y a plus de toxiques que c’est plus dangereux est aller un peu vite en besogne. L’étude que nous reproduisons ci dessous montre qu’un fumeur de joint n’a pas significativement plus de chance d’être victime d’un cancer du fumeur que le fumeur de tabac simple. Le cannabis ne peut être plus toxique que le tabac sans augmenter significativement les taux de cancer du fumeur ( le taux de schizophrénie chez les non schizophrènes, ...).
La nuance tient sans doute dans le mode de consommation. Si fumer, inhaler la fumée d’un joint prend autant de temps que d’inhaler la fumée d’une cigarette, fumer un paquet de clopes, l’équivalent de trois joints selon 60 millions de consommateurs occupera plus de temps encore et exposera plus longtemps au monoxyde de carbone le fumeur impénitent. L’étude ci dessous montre que c’est cette exposition plus longue qui force le risque de cancer du fumeur et non la présence de cannabis.
Pour le CIRC, le cannabis représente un risque similaire en terme de santé pulmonaire que le tabac, que les solvants, les colles et nombre de produits ménagers ... Nous ne pouvons qu’encourager les 8 millions de consommateurs de joints à modérer leur consommation en fonction de cette réalité. Un vieux fumeur ménage ses poumons, dit on chez nous. Mieux, le cannabis peut être consommé vaporisé à basse température ce qui réduit considérablement le taux de goudrons, évite le monoxyde de carbone sans nécessiter le support du tabac.
Le CIRC conseille aussi à ses adhérents et sympathisants, ainsi qu’aux 8 millions de consommateurs français l’utilisation de "vrais " filtres en lieu et place du pseudo filtre en tube de carton couramment utilisé, le but étant évidemment de filtrer et de réduire les goudrons. Le filtre à eau s’avèrera le plus efficace.
Enfin et pour parler risque pulmonaire, le CIRC rappelle que le taux d’asthmatiques parisiens, 30 %, est principalement causé par la pollution atmosphérique par la circulation automobile plus massivement dangereuse donc que le cannabis et le tabac. D’ou l’utilisation massive de bronchodilatateur comme la Ventoline du laboratoire Glaxo ou du cannabis.
Collectif d’Information et de Recherche Cannabique
51 Boulevard de la Marne
22200 Guingamp
l’après midi 02 96 44 24 57
Pour le CIRC Arnaud Debouté
IACM-Bulletin du 26 Juillet 2005
Science : Fumer du cannabis ne provoque pas de cancer selon une étude à cas contrôlés
Science : Nouvelles à la Conférence ICRS 2005
Science : Fumer du cannabis ne provoque pas de cancer selon une étude à cas contrôlés
Selon une étude à cas contrôlés conduite par Dr. Donald Tashkin et ses collègues de l’Université de Californie à Los Angeles, même fumer beaucoup de cannabis à long terme n’est pas associé au cancer du poumon et d’autres types de cancer du système aérodigestif supérieur. Les résultats ont été présentés le 26 Juin à la conférence annuelle de l’ICRS (International Cannabinoid Research Society)
L’étude a impliqué 1209 résidents de Los Angeles âgés de 18 à 59 ans, atteints de cancer (611 concernant les poumons, 403 les voies orales/pharynx, 90 le larynx et 108 l’oesophage). Les interviewers ont collecté des historiques exhaustifs de consommation de cannabis, de tabac, d’alcool et d’autres types et des données concernant d’autres facteurs qui peuvent influencer le risque de cancer, notamment le régime alimentaire, les expositions professionnelles et les antécédents familiaux concernant le cancer. L’exposition au cannabis a été mesurée en années-joint (1 année-joint = 365 joints). Les patients atteints du cancer ont été comparés à 1040 cas de contrôle non atteints de cancer. Parmi les cas de contrôles, 46 pour cent n’avaient jamais consommé de cannabis, 31 pour cent en avaient consommé pour moins d’une année-joint, 12 pour cent entre 10 et 30 années-joint, 2 pour cent entre 30 et 60 années-joint et 3 pour cent pour plus de 60 années-joint.
Comparé aux sujets ayant consommé moins d’une année-joint, le risque de cancer du poumon était de 0,78 pour 1 à 10 années-joint, 0,74 pour 10 à 30 années-joint, 0,85 pour 30 à 60 années-joint, et 0,81 pour plus de 60 années-joint. Un risque en dessous de 1,0 signifie que le risque pour les consommateurs de cannabis est légèrement plus faible que celui des non consommateurs. Des résultats similaires ont été obtenus pour d’autres types de cancer. Il n’est pas apparu de relation proportionnelle à la dose dans le risque de cancer, ce qui signifie qu’il n’y avait pas d’augmentation de risque pour les consommateurs les plus intensifs. Les données sur la consommation de tabac, ainsi qu’on pouvait l’attendre, ont mis en évidence un effet très puissant et une relation proportionnelle à la dose assez nette.
(Source : Morgenstern H, et al. Marijuana use and cancers of the lung and upper aerodigestive tract : results of a case-control study. Présentation à la Conférence ICRS sur les cannabinoïdes , 24-27 Juin, Clearwater, Etats-Unis)