"Cannabis : un an de prison pour le dealer néophyte" par la Dépêche

Une affaire banale mais qui prenait le chemin de gonfler encore en ampleur. Le danger pour des gens ordinaires qui se lancent dans le trafic d’ampleur, n’est pas forcément policier. Il faut plutôt se méfier du braquage et du racket faits par des crapules qui se spécialisent dans ce domaine. Alors on peut dire que celui-ci a eu de la chance d’être arrêté à temps et il parait si "nunuche" dans sa personne et son dossier, que le tribunal même, a fait preuves d’une relative clémence. La procédure refilée au Juge d’application des peines peut lui permettre d’échapper en tout ou partie de la peine de prison ferme. S’il leur obéit à la lettre, ne rate aucun rendez-vous, commence des soins que vous et moi savons inutiles, trouve un travail et s’avère être un bon "toutou" ! Vivement la légalisation : ce genre d’individus - inoffensifs d’un point de vue sociétal vous en conviendrez - ne tomberont plus dans ce piège ! Mais ne croyez pas que les représentants de l’État ont autant de sentiments débonnaires que cela : les prisons sont pleines, on y place les plus dangereux ou ceux qui peuvent s’enfuir et récidiver. Les "aménagements de peines" n’existent que pour essayer de soulager le surplus carcéral. Toutefois, bien que supposé être des "peaux de vaches" (expression française - "excessivement sévères"), beaucoup de juges rechignent à envoyer quelqu’un de pas franchement malhonnête et non violent, dans l’école du vice qu’est la prison. Alors, comme il y a plein de "couillons" qui tentent l’aventure du deal et qui pensent que les problèmes n’arrivent qu’aux autres ... on assiste de temps à autres à des jugements de ce genre avec la "gente cannabique".


Publié le 20/02/2016 à 08:20

http://www.ladepeche.fr/article/201...

Cannabis : un an de prison pour le dealer néophyte

Justice - Tribunal correctionnel d’Albi

Pour mémoire, dans ce dossier, ce sont 4,5 kilos de résine et d’herbe de cannabis ainsi que près de 8000€ en liquide qui avaient été retrouvés au domicile de Romain Picchi à Fréjairolles mardi dernier dans le cadre d’une perquisition des policiers albigeois. / Photo DDM

Romain Picchi, 26 ans, a été interpellé mardi dernier à Fréjairolles avec 4,5kg d’herbe et résine de cannabis et près de 8000€. Il a été condamné hier à deux ans de prison dont un an ferme avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans par le tribunal correctionnel.

Menotté entre deux fonctionnaires de police, survêtement du PSG et jean troué, le prévenu semblait penaud et ne pas vraiment réaliser la portée de ces actes jugés hier en comparution immédiate.

La présidente du tribunal Brigitte Schildknecht va s’évertuer à rappeler l’affaire. Elle débute ce lundi soir vers 22h45 place de Verdun à Albi à l’occasion d’un contrôle routier classique de la brigade anticriminalité. Les forces de l’ordre invitent le conducteur d’un véhicule à se ranger pour défaut de port de ceinture du conducteur et des deux passagers. La forte odeur de cannabis dans l’habitacle de la Golf blanche conduit ensuite à la saisie de 210g d’herbe et 1,2g de résine. Lors de leur garde à vue, le trio finit par dénoncer leur fournisseur aux policiers de la BAC.

Mardi dernier, le groupe « stups » de la brigade de sûreté urbaine d’Albi déboule donc au domicile de Romain Picchi à Fréjairolles. Ils y trouvent 4,5 kg de résine et d’herbe de cannabis et près de 8 000 € en espèces.

« Vous avez dit aux policiers fumer cinq à dix joints par jour depuis dix ans, souligne la présidente Schildknecht. Avec vos vingt pieds de cannabis plantés en forêt d’Ambialet, vous avez récolté 5 à 6 kg d’herbe revendus à 5 € le gramme. Lors de votre garde à vue, vous avez reconnu que la balance de précision et l’ensemble des prises de stupéfiants et d’argent vous appartenaient et que votre chiffre d’affaires se montait environ à 30 000 €. Vous avez aussi admis être allé à la Junquera (Espagne) en décembre dernier pour une livraison de 2,2 kg d’herbe. »

À la barre, Romain Ricchi, chauffeur-livreur, dira « regretter profondément son comportement. J’ai toujours travaillé dans ma vie. Avant, j’étais un simple consommateur et je n’en avais jamais vendu. Je ne pensais pas me retrouver devant la justice. »

Dans son réquisitoire, le vice-procureur Pascal Suhard réclamera deux ans d’emprisonnement dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve assortis d’une obligation de soins et d’un mandat de dépôt à l’audience. « Il faut sanctionner ce genre de trafic structuré marqué par une comptabilité, des quantités importantes, une modalité de recherche en Espagne et un bénéfice de 30 000 €. »

L’avocat de la défense évoquera « un dossier d’une simplicité déconcertante puisque Romain Picchi a reconnu l’intégralité des faits. Parler de trafic structuré est abusif puisqu’il est seul. Il a surtout honte de ce qu’il a fait car il a fait n’importe quoi et c’est désastreux pour sa famille présente dans cette salle. Dormir deux nuits en prison a déjà constitué un électrochoc. Je plaide donc l’absence de mandat de dépôt. »

Après une long délibéré, le tribunal correctionnel d’Albi a condamné Romain Picchi à deux ans de prison dont une année assortie du sursis avec mise à l’épreuve pendant trois ans. « Vous êtes aussi dans la double obligation de vous soigner et de travailler., a précisé la présidente. Je ne demande pas le maintien du mandat de dépôt. Vous serez prochainement convoqué chez le juge d’application des peines. »

Les trois individus arrêtés dans la Golf blanche en possession de 210g de cannabis ont fait l’objet d’une convocation par officier de police judiciaire en date du 12 juillet

Compte rendu d’audience J.R.