"Ces Américains qui ont fait avancer la légalisation du cannabis" par Vanity Fair

Bill Gates ? Je n’y aurai jamais pensé. En revanche, pour les fondateurs d’Apple, c’est du connu et il parait même que leur budget Weed dépassait celui des composants, de la location du garage et de la consommation électrique. Bill Gates ... comment cela "se fesse-t-il" ? Bientôt on va apprendre que les dirigeants de Monsanto fument aussi ? Bon, qui ne fume pas de cannabis ... ? Franchement, la liste sera bien moins longue ... "On" et j’en fais partie, aurait aimé y voir figurer Jack Herer ... je veux dire qu’il n’y a pas plus américain que lui et aucun américain n’en a jamais fait autant que lui à s’impliquer pour qu’un jour vienne la Légalisation du cannabis.

Jack Herer, père de la Révolution du Chanvre et auteur bien connu d’un ouvrage à portée universelle. Infos ici

Maintenant, Vanity Fair, votre article est déjà bien plus complet ! ;)


Mis à jour le 09.02.2016 à 12h30 | Publié le 09.02.2016 à 12h30

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Yes We Smoke :

Ces Américains qui ont fait avancer la légalisation du cannabis

Le cannabis bientôt légalisé en France ? En Amérique du Nord, le mouvement de démocratisation de la weed est depuis longtemps porté par des personnalités, avec un certain succès. Ces exemples montrent comment la France pourrait en prendre de la graine.

Photo Mehdi Taamallah / AFP

1) Bill Gates, incarnation de la Thug Life ?

Le milliardaire fondateur de Microsoft n’a pas vraiment le look du junkie et pourtant, les saveurs du chanvre ne lui seraient pas étrangères. Après tout, Bill Gates était étudiant dans les seventies. Et même s’il n’a jamais avoué avoir fumé du cannabis, d’autres s’en sont chargés pour lui. Quelques interviews et des commentaires de proches parus dans une biographie sortie en 1994, semblent valider la thèse pas si fumeuse que ça. Le Marijuana Policy Project, qui milite pour la dépénalisation aux États-Unis, considère même Bill Gates comme un « fumeur de marijuana influent ».

Ce qui est certain en tout cas, c’est qu’il a voté «  oui  » au référendum sur la légalisation du cannabis dans l’État de Washington, en 2012. Dans une interview accordée à BuzzFeed, il a expliqué être curieux de voir ce que cela pouvait donner : « Cela peut être bon de voir quelques États essayer avant d’en faire une politique nationale », a-t-il estimé. Avant d’ouvrir le débat : « Est-ce qu’ils vont réussir à le tenir loin des mineurs ? Cela va-t-il réduire la consommation d’alcool ? Certaines personnes vont-elle l’utiliser à un niveau qui semble inapproprié ? Les gangs de la drogues vont-ils gagner moins d’argent ? »

Photo Christopher Polk / Getty Images

2) Morgan Freeman : « Eat it, Drink it, Smoke it, Snort it »

Ce n’est pas la voix de Dieu, mais presque. Quand Morgan Freeman dit : le cannabis, « je le mange, je le bois, je le fume, je le sniffe », ça fait un peu avancer le débat. À 77 ans, l’acteur oscarisé s’est confessé au Daily Beast. Pour lui, le cannabis n’est pas un vice, bien au contraire, il en consomme pour des raisons médicales. Grièvement blessé lors d’un accident de la route en 2008, l’acteur de Million Dollar Baby et d’Invictus doit désormais vivre avec une fibromyalgie dans le bras gauche. « La seule chose qui me soulage, c’est la marijuana. » Depuis qu’il en prend, il milite activement pour qu’elle soit légalisée et davantage utilisée dans le traitement de la douleur et de certaines maladies.

Photo Getty Images

3) Jane Fonda ou la consommation récréative

Une autre légende du cinéma américain, Jane Fonda, n’hésite pas non plus à dire qu’elle fume de l’herbe. Il n’y a aucune raison médicale à cela, simplement l’envie de se détendre. Dans un entretien accordé au magazine DuJour, l’actrice lâche donc tout à fait naturellement : « Je fume de l’herbe de temps en temps  ». Cela ne l’a jamais empêchée de mener de front une carrière cinématographique récompensée par un Oscar et ses combats politiques en faveur du droit des femmes, entre autres.

Et l’actrice d’évoquer le seul problème qui se pose à elle : « Je ne peux pas regarder un film après avoir fumé (sans me dire) “c’est probablement le meilleur film que j’ai jamais vu !”. Et après, quand je le regarde sobre, je me demande : “Mais qu’est-ce qui m’a pris de penser cela ? »

Photo Lisa Jack / Contour by Getty Images

4) Barack Obama, fumeur repenti

Dans la biographie Barack Obama : The Story, écrite par David Maraniss, on découvre un Barack Obama adolescent prompt à tendre le bras pour intercepter le joint de ses amis. S’il ne s’en est jamais vraiment caché, en déclarant avec humour avoir « fréquemment inhalé » certaines substances, il adopte aujourd’hui une position très mitigée sur la question. Interrogé par le New Yorker, il explique : « J’ai fumé de l’herbe étant jeune, et je vois ça comme une mauvaise habitude, un vice, pas si différent des cigarettes que j’ai pu fumer pendant une bonne partie de ma vie d’adulte. Je ne crois pas que ce soit plus dangereux que l’alcool. »

De plus, le président des États-Unis a reconnu que la légalisation dans l’État du Colorado n’était pas forcément une mauvaise chose, au moins du point de vue de la justice : « Il est important pour une société de ne pas avoir une situation dans laquelle une grande partie des gens ont, à un moment ou un autre, enfreint la loi et seulement une petite partie est punie pour cela ». Mais pour Barack Obama, la légalisation n’est pas la solution idéale pour répondre au problème et les partisans de cette mesure « exagèrent probablement » ses effets positifs.

Photo NICHOLAS KAMM / AFP

5) Justin Trudeau et le libre chanvre

De l’autre côté de la frontière, le libéral Justin Trudeau a fait du cannabis un argument de campagne pour accéder au poste de Premier ministre du Canada. Il a ainsi promis de « légaliser, réguler et restreindre l’accès à la marijuana », une substance plus facilement accessible aux jeunes que « la bière ou les cigarettes  ». La faute, selon lui, à la politique de prohibition menée par son prédécesseur Stephen Harper. Une fois élu, Justin Trudeau a réaffirmé ses convictions. Lors d’une émission de Radio-Canada, une jeune fille de 15 ans l’a relancé sur le sujet et il a répondu vouloir « protéger les jeunes » tout en privant les gangs de « revenus importants » et en investissant l’argent de la drogue légalisée dans l’apprentissage ou l’éducation. Le projet politique du canadien pourrait aboutir d’ici 2017.

Photo Wikimedia Commons / DR

6) Le New York Times prend position contre la nouvelle « prohibition »

Le prestigieux quotidien américain a pris clairement position en faveur de la légalisation du cannabis. Dans un édito paru en juillet 2014, le New York Times a appelé le gouvernement fédéral a abroger la loi interdisant la marijuana. Pour l’équipe du journal, cette loi n’a pas plus d’effets positifs que celle qui a interdit l’alcool durant la Prohibition, à la différence près qu’elle est inefficace depuis plus longtemps. «  Il a fallu 13 ans aux États-Unis pour revenir à la raison et mettre fin à la prohibition, 13 ans durant lesquels les gens ont continué à boire, durant lesquels des citoyens respectueux de la loi sont devenus des criminels et les syndicats du crimes sont apparus et ont prospéré », rappelle le journal qui met en parallèle la législation du cannabis : « Cela fait plus de 40 ans que le Congrès a adopté l’interdiction de la marijuana, causant un grand tort à la société en prohibant une substance beaucoup moins dangereuse que l’alcool  ».

Photo Matthew Naythons/The LIFE Images Collection/Getty Images

7) Hunter S. Thompson, le Freak c’est Shit

Lorsque le Colorado a légalisé le cannabis, les partisans du NORML (l’organisation nationale pour la réforme de la loi sur la marijuana) ont célébré la nouvelle chez un de leurs plus anciens soutiens : Hunter S. Thompson. En effet, le journaliste américain décédé en 2005 et mondialement célèbre pour son roman Fear and Loathing in Las Vegas (Las Vegas parano, adapté au cinéma par Terry Gilliam avec Johnny Depp) n’a jamais caché son amour pour les drogues et en particulier pour l’herbe.

En 1970, il s’est même engagé en faveur d’une certaine forme de légalisation, en faisant campagne pour devenir shérif d’Aspen. À la tête de son mouvement « Freak Power », il a rédigé un programme plein de promesses pas très politiquement correctes. En troisième proposition, on retrouve ainsi : « La vente de drogues doit être contrôlée. Mon premier acte en tant que shérif sera d’installer, sur la pelouse du Palais de justice, une plateforme de bastonnade pour punir publiquement les dealers de dope malhonnêtes de la façon appropriée. Chaque année, ces dealers extorquent des millions de dollars à des millions de personnes...  » Une méthode peut-être un peu trop radicale pour être appliquée en France…

Photo Scott Gries / Getty Images

8) Snoop Dogg et son canna-business

On l’avait compris depuis son duo avec Dr. Dre, la philosophie de Snoop Dogg c’est « Smoke weed everyday ». Mais le rappeur américain ne fait pas que chanter son amour pour l’herbe, il investit aussi dans sa passion. Pour lui, la question n’est pas tant de légaliser le cannabis, mais de le commercialiser. Déjà impliqué au sein de la plateforme de livraison de cannabis – à usage médical of course – Eaze, le rappeur a lancé l’an dernier son site Merryjane.com, qu’il voit comme une « encyclopédie du monde du cannabis ». C’est aussi l’occasion pour lui d’avoir un site de vente privilégié pour sa propre marque de produits dérivés au cannabis : Leafs by Snoop.

Snoop Dogg avait déjà commencé à se reconvertir en entrepreneur cannabique dès 2013 en investissant d’abord dans le secteur de l’édition. Il avait alors publié son premier livre, Rolling Words, entièrement imprimé sur des feuilles à rouler.

Photo DR

9) Les poètes maudits de la Beat Generation

Les livres de Jack Kerouac (photo), William S. Burroughs et Allen Ginsberg ne se roulent pas. Il n’empêche, ces figures de proue de la Beat Generation avaient deux amours : le jazz et la marijuana. Pour le mouvement qui a influencé la révolution culturelle de 1968, le chanvre était un moyen d’accéder à un autre état de conscience qui a influencé leur démarche d’écrivains. Et ils n’étaient pas des cas à part. En 1966, dans un essai intitulé The Great Marijuana Hoax, Allen Ginsberg milite activement pour la dépénalisation du cannabis déjà très consommé par les artistes : « La plupart des principaux (les meilleurs et les plus célèbres aussi), poètes, peintres, musiciens, cinéastes, sculpteurs, acteurs, chanteurs et éditeurs d’Amérique et d’Angleterre, ont fumé de la marijuana pendant des années. J’ai plané avec la majorité de la douzaine de contributeurs à l’anthologie New American Poetry 1940-1960 éditée par Don Allen. »

Sur ce point, les Anglo-saxons ne sont pas en avance sur la France. Dès le 19e siècle, les « Poètes maudits » et leurs amis ont testé les effets du cannabis sur leur art au sein du Club des Hashishins. Mais aujourd’hui, on voit mal les plus grands auteurs français se réunir pour fumer du cannabis et plaider pour sa dépénalisation. Même si on aimerait bien voir Michel Houellebecq tirer sur un joint roulé par Jean d’Ormesson.