Chasse au hasch sur les routes

2004/04/14 - Le Matin

DROGUE - Pour le Tribunal fédéral, le cannabis au volant est aussi dangereux que l’alcool. Un avis qui va dans le sens du prochain durcissement de la loi sur la circulation.

Le Tribunal fédéral de Lausanne met en garde les conducteurs fumeurs de cannabis. Désormais, la conduite après avoir fumé un joint est traitée comme un cas d’ivresse.

"Les automobilistes sous effet du cannabis n’ont pas conscience que leurs facultés sont diminuées, prévient Christian Flueli, chef de la circulation de la police vaudoise. Sensibiliser les jeunes à ce problème sera le plus grand enjeu de ces prochaines années, maintenant que la prévention sur l’alcool porte ses fruits".

La prévention est d’autant plus importante que la législation reste floue sur le sujet. L’automobiliste ne peut être condamné que si la justice prouve qu’il est inapte à la conduite. L’appréciation des policiers est donc décisive, puisqu’il est difficile de quantifier un taux scientifique pour les drogues comme c’est le cas avec le 0,8 ? d’alcool. "Beaucoup de fumeurs de cannabis passent pour l’instant entre les gouttes lors d’un contrôle", affirme le gendarme vaudois.

Mais la situation risque de changer rapidement. L’ordonnance sur la loi de la circulation routière, dont l’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2005, déclare inapte à la conduite toute personne dont le sang contient des substances illicites. Et la police s’y prépare d’ores et déjà...

Test de salive à Fribourg
A Fribourg, la police expérimente en ce moment des systèmes de dépistage de la drogue, en collaboration avec l’Institut de médecine légale de Lausanne. Après la détection par la sueur, qui ne s’est pas avérée fiable, c’est au tour de la salive d’être testée. "La salive donne une bonne indication sur l’heure de consommation, explique Marc Augsburger, responsable du laboratoire de toxicologie à l’Institut de médecine légale. Contrairement au test d’urine, qui est positif plusieurs jours après l’absorption". Certains tests de salive peuvent déceler jusqu’à huit classes de stupéfiants.

FABIAN MUHIEDDINE