Depuis la fermeture des magasins : explosion de la polyconsommation et des overdoses

Dans le forum de réaction à l’émission Infrarouge, j’ai trouvé le témoignage brut de décoffrage d’un usager en détresse après la fermeture de son magasin de chanvre préféré. J’ai retouché la forme mais pas le fond, l’original est rédigé dans un français SMS djeune mais dur à lire.

A défaut de trouver du cannabis, ce jeune se retrouve confronter au crack, il cède à la tentation et plonge dans la dépendance. Son couplet sur le méchant dealer est un peu simpliste et stigmatisant, pareil pour l’horrible coke et le gentil chanvre. Inutile de faire subir à d’autres usagers les discriminations dont on est soit même victime. Le débat est plus complexe. Il y a avant tout une démarche individuelle dans la consommation de stupéfiant et surtout dans l’addiction. Le dealer ou le produit n’est pas le seul responsable d’un abus chronique, beaucoup d’autres facteurs rentrent en jeu.

Pourtant, on ne peut pas nier qu’une stricte séparation des marchés entre le cannabis et les autres stupéfiants légaux ou illégaux protège des rencontres involontaires de la scène ouverte et offre un produit de substitution moins problématique que l’alcool ou les médicaments aux amateurs de produits psychotropes. La TSI a diffusé un reportage au Tessin sur des dealers de boulettes de coke à 20 CHF et des jeunes qui disait en consommer par défaut depuis que l’herbe est devenue rare. La réflexion de JNF sur la chasse au joint dans les boites de nuit et la consommation de pilules est pertinente. C’est pareil pour les gradins de stades d’où sont bannis l’alcool, le joint et bientôt le tabac (donc vraiment le joint), la consommation de pilules va grimper chez les supporters, c’est déjà le cas en Angleterre ou en Italie. La répression ne diminue pas la demande, elle la transfère sur d’autres produits. Les risques et les dommages liés à la consommation de cannabis sont plus maîtrisables que pour bien d’autres substances qui pourraient le remplacer.

Les jeunes de la génération des magasins n’ont pas l’expérience du marché noir, ils redécouvrent les mélanges alcool, cachet, coke et bientôt héro, c’est la suite logique. Ce cocktail faisait des ravages dans la rue des 85-95, années de dèche pour le cannabis. Il tue encore aujourd’hui. La mortalité par overdose a augmenté de 20% avec 212 décès en 2005, un chiffre largement au-dessus de la moyenne européenne. On constate une forte progression au Tessin, à Genève, dans le Vaud. Que des cantons qui ont depuis longtemps fermé les magasins du chanvre et mènent une politique répressive sur les drogues.

Les plus répressif s’en sortent mieux, comme Fribourg ou Neuchâtel, Les descentes de polices ont repoussé les usagers vers Lausanne et Bienne, le problème est déplacé mais pas réglé. La scène est déstabilisée donc le travail de réduction des risques et de prévention est détruit et les overdoses explosent. Résultat d’une politique vindicative mais irresponsable. Pour masquer ce désastre et donner des boucs émissaires, la police procède à des descentes dans les réseaux de dealers d’héro balkaniques. Lamentable coup d’épée dans l’eau, trois nouveaux gangs ont sûrement déjà franchi les Alpes.

D’après Michel Graf, directeur de l’ISPA, on observe une tendance à consommer des drogues avec d’autres substances, de l’alcool et des médicaments, qui augmente le risque de surdose. L’extension de cette polyconsommation depuis la fermeture des magasins du chanvre pose de graves problèmes de santé publique. Le développement du marché noir pose des problèmes de sécurité publique, le blanchiment gangrène l’économie. Pourtant les chiffres sont constants, c’est avant tout le cannabis qui est recherché par les consommateurs de stupéfiants, la désorganisation de son marché provoque donc plus de dégâts que le système des magasins était censé en causer.

C’est une approche globale, dépassionnée et pragmatique qui nous permettra de renouer l’alliance thérapeutique avec les plus fragiles, le lien social avec la jeunesse, le dialogue avec la société pour qu’une prévention efficace puisse enfin fonctionner. Pas une guerre cruelle et inefficace.

Laurent Appel

Réaction à l’émission Infrarouge sur la TSR

Bon, moi j’en ai marre de toutes vos conneries, je vais vous raconter mon histoire celle qui peut arriver à n’importe qui, celle que personne ne croit. Alors voilà, j’ai commencé à fumer à 12 ans, on m’a tout le temps considéré comme un drogué. Je suis tout à fait d’accord que c’est pas ce qui a de mieux pour la mémoire mais c’est pas ça qui m’a empêché de suivre mes cours. Par contre, ce qui a bousillé mon apprentissage, c’est le fait qu’un jour, pour trouver à fumer, j’ai appelé un soit disant ami que j’ai rencontré au foyer. Ce type, que j’ai appelé que pour avoir à fumer, m’a incité, et y a pas d’autres mots, dans le seul but de pouvoir profiter de moi à fumer. Mais pas du cannabis, de la cocaïne et la forme qui crée la plus grande dépendance. Je suis devenu tout de suite dépendant, il a même réussi à convaincre un autre ami de consommer, histoire de profiter de son compte en banque, tout ça parce que lui aussi cherchait de l’herbe.

Je suis resté là dedans pendant 6 mois, pendant 6 mois je n’étais plus que l’ombre de moi-même, pendant 6 mois j’étais le petit chien de la drogue. J’ai tout perdu, J’ai perdu mon apprentissage, j’ai dilapidé toutes mes économies, j’ai revendu tout ce que j’avais, j’ai même perdu ma voiture à cause de cette mauvais rencontre cette rencontre que j’ai fait parce que le magasin de chanvre que je fréquentais a fermé.

Alors continuez à vouloir interdire le cannabis, continuez à renvoyer les consommateurs vers des personnes comme ça, continuer à nous renvoyez vers des gens sans scrupule, des gens qui vont nous entraîner dans toutes les drogue possible et imaginable. Il y a une année, je n’avais fumé que du cannabis. Maintenant, j’ai tout essayer, j’ai souffert pour arrêter, je sais ce que c’est qu’être dépendant et vous savez le pire c’est que celui qui m’a fait ça est toujours en liberté et il continue à faire des victimes. Les gens n’on plus que ça comme moyen pour ce procurer ce produit. C’est comme en discothèque, continuez la guerre au pétard, les jeunes vont se tourner vers de jolies petites pilules magiques

C’EST QUAND MEME MIEUX LA DROGUE DURE ! NON ? MERCI DE NOUS DONNER LA POSSIBILITE DE L’ESSAYER QUAND ON N’A PAS DE PETARD. MERCI VRAIMENT BANDE DE ... QUI N’ONT RIEN COMPRIS. MERCI D’AVOIR BOUSILLER MA VIE, VOUS INQUIETEZ PAS, LE TOUR DE VOTRE ENFANT VIENDRA.

JNF, Bex.