(Étude) Médicaments pour traiter la dépendance au cannabis

Eh bien, il n’en existe pas ... démonstration scientifique (étude) !

Publié le 17 décembre 2014

http://www.cochrane.org/fr/CD008940...

Auteurs : Marshall K, Gowing L, Ali R, Le Foll B

Groupe de revue principal : Drugs and Alcohol Group

Médicaments pour traiter la dépendance au cannabis

Contexte

Le cannabis est la drogue illicite la plus répandue dans le monde. Dans la plupart des régions du monde, les usagers de cannabis sont en demande croissante de traitements. Actuellement, il n’existe aucun traitement médicamenteux spécifiquement pour la consommation de cannabis. Cette revue visait à évaluer l’efficacité et la sécurité des médicaments pour traiter la dépendance au cannabis.

Date de recherche

Nous avons effectué des recherches dans la littérature scientifique en février et mars 2014.

Caractéristiques des études

Nous avons identifié 14 essais contrôlés randomisés (études cliniques où les gens sont affectés au hasard à un groupe de traitement sur deux ou plusieurs) portant sur 958 participants dépendants au cannabis. Les principales caractéristiques de la consommation addictive de drogues sont l’usage compulsif, la perte de contrôle sur la consommation et l’apparition de symptômes de sevrage à l’arrêt de l’utilisation de la drogue. Cette revue inclut des études où les participants étaient décrits comme étant dépendants, ou ils étaient susceptibles de l’être car ils consommaient du cannabis plusieurs jours par semaine ou tous les jours.

L’âge moyen des participants était de 33 ans, à l’exception de deux études qui ciblaient des jeunes. La plupart des participants (80 %) étaient des hommes. La plupart des études (10) ont été menées aux États-Unis, trois en Australie et une en Israël. Les études portaient sur un large éventail de médicaments pour réduire les symptômes de sevrage du cannabis et promouvoir l’arrêt ou la réduction de la consommation de cannabis.

Dans deux études, les médicaments étudiés ont été fournis par le fabricant, mais aucune n’a été financée par des laboratoires pharmaceutiques.

Principaux résultats

Pour la plupart des médicaments que nous avons évalués dans cette étude, les effets étaient incertains. D’après les données disponibles, les antidépresseurs, le bupropion, la buspirone et l’atomoxétine ont probablement peu d’intérêt dans le traitement de la dépendance au cannabis. Les préparations contenant du tétrahydrocannabinol (THC), le principal ingrédient psychoactif du cannabis, ont une valeur potentielle dans le traitement de la dépendance au cannabis, mais les limitations des preuves sont telles que cette utilisation de préparations au THC devrait encore être considérée expérimentale. Les données disponibles sur la gabapentine et la N-acétylcystéine suggèrent que ces médicaments pourraient mériter un examen plus approfondi, mais à l’heure actuelle il ne est pas possible d’évaluer leur efficacité.

Qualité des preuves

Pour plusieurs critères de cette revue, la qualité des preuves a été rétrogradée parce que chaque médicament avait été étudié dans une ou deux études seulement, toutes les études ont porté sur un petit nombre de participants, il y avait certaines incohérences dans les résultats ainsi qu’un risque de biais en raison de participants abandonnant le traitement.

Conclusions des auteurs :

Pour toutes les pharmacothérapies étudiées, les preuves sont incomplètes, et pour beaucoup de résultats, la qualité a été rétrogradée en raison des petites tailles d’échantillon, de l’incohérence et du risque de biais d’attrition. Les analyses quantitatives que nous avons pu effectuer, combinées avec les conclusions générales des études examinées, indiquent que les antidépresseurs ISRS, les antidépresseurs d’action mixte, les antidépresseurs atypiques (bupropion), les anxiolytiques (buspirone) et les inhibiteurs de la recapture de la norépinéphrine (atomoxétine) ont probablement peu de valeur dans le traitement de la dépendance au cannabis. Les préparations contenant du THC ont une valeur potentielle, mais les preuves étant limitées, cette utilisation de préparations au THC doit être considérée comme étant encore au stade expérimental. D’autres études devraient comparer différentes préparations au THC, doses et durées du traitement, ainsi que différents médicaments et thérapies d’appoint. Le corpus de preuves sur l’anticonvulsivant gabapentine et le modulateur glutamatergique N-acétylcystéine est faible, mais ces médicaments méritent également une enquête plus approfondie. Lire le résumé complet...

Notes de traduction :

Traduction réalisée par le Centre Cochrane Français

P.-S.

"Choux-blanc !" Enfin, pardon, en argot grenoblois, cela veut dire échec, rien, non avenue, venu pour rien, fiasco ... bref, toujours pas de médicament en vue pour traiter le cannabisme (addiction au cannabis) ! Désolé de devoir importuner du monde avec nos vérités ... vérifiables et vérifiées !

J’insiste à expliquer ce fait (hé-hé !) car plusieurs personnes ont réagi courroucées à notre article : Il n’existe pas de traitement pour le cannabis, sauf pour les cons qui veulent y croire ! ! Il y a un quiproquo à propos de cet article : j’y visais les juges et la loi, les injonctions thérapeutiques, pas les praticiens addictologues qui galèrent sec à soigner des addicts au cannabis !

Ok, je reconnais que les "programmes multimodaux" peuvent aider les personnes à arrêter leur consommation de cannabis ... mais que cela se limite efficacement aux patients demandeurs et désireux d’en finir avec leur addiction ! Pas aux "autres" ... !

JLB