Etude sur le cannabis et la théorie de l’escalade
Les vieilles craintes que l’usage de cannabis pouvait conduire aux drogues dures sont exagérées, selon une nouvelle étude de l’Université du New Hampshire.
(traduction perso) CBS News, 3 sept 2010
Cette recherche, parue dans le Journal of Health and Social Behaviour (Journal de la santé et des comportements sociaux) du mois de septembre, constate que d’autres facteurs, comme celui d’avoir ou non un emploi, ou d’être confronté à des stress sévères, sont beaucoup plus prédictifs d’une future consommation de drogues dures que le fait d’avoir fumé un joint à l’adolescence.
« L’emploi chez les jeunes adultes peut les protéger en empêchant ce "passage", donc criminaliser excessivement l’usage de cannabis chez les jeunes peut créer de sérieux problèmes si cela interfère avec de futures opportunités d’emploi », déclare la co-auteure Karen Van Gundy.
Le facteur influant le plus fortement sur l’usage de drogues illicites est celui de l’appartenance ethnique, selon l’étude. Les Blancs non-Hispaniques ont le plus tendance à consommer des drogues dures comme l’héroïne ou la cocaïne, suivis par les Hispaniques puis par les Afro-américains.
Les jeunes adultes ayant interrompu leur scolarité (collège ou lycée) ont le plus souvent été amenés à consommer du cannabis dans l’enfance et d’autres drogues illicites dans leurs premières années d’adulte. Ceux qui sont restés sans emploi après le lycée sont encore plus susceptibles de consommer d’autres drogues.
« À la lumière de ces constatations, nous recommandons instamment aux responsables politiques chargés du contrôle des drogues de prendre en compte des approches sur le stress et le parcours de vie dans leurs tentatives de résolution du problème des drogues », écrivent Van Gundy et Cesar Rebellon, auteurs de l’étude, tous deux professeurs de sociologie à l’université du New Hampshire.
Les chercheurs ont aussi découvert qu’un quelconque effet du cannabis comme "porte d’entrée" disparaît quand les jeunes adultes atteignent l’âge de 21 ans.
« Au moment où l’usage de cannabis pourrait servir de "porte d’entrée" pour d’autres drogues illicites pendant l’adolescence, nos résultats montrent que l’effet peut être de court terme », remarquent les auteurs.
"Il est intéressant de noter que le critère de l’âge ressort comme un statut protecteur bien au-delà des statuts et conditions de vie considérés ici. »
Les chercheurs ont suivi 1286 jeunes adultes ayant fréquenté les écoles publiques de Miami-Dade dans les années 90, dont 26% d’Afro-américains, 44% d’Hispaniques et 30% de Blancs non-Hispaniques.
En savoir plus
http://www.cbc.ca/consumer/story/2010/09/02/con-marijuana-gateway.html#ixzz0ySFvsN6b