(France) ABBEVILLE (80) "Le lycée traque la drogue" par le Courrier Picard
Par ALEXANDRA MAUVIEL, publié le 19/03/2015
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ABBEVILLE (80) Le lycée traque la drogue
Le chien renifleur des policiers est intervenu, mardi 17 mars, dans l’internat de la cité scolaire. Une mesure de prévention selon le proviseur.
La cité scolaire Boucher-de-Perthes à Abbeville comporte deux lycées d’enseignement général et professionnel.
Devant le lycée Boucher-de-Perthes, à Abbeville, ce mercredi midi, quelques élèves s’en grillent une, à la sortie des cours. Ils discutent de tout et de rien. Parmi les jeunes interrogés, personne n’est au courant de l’opération de recherche de stupéfiants, menée la veille, mardi 17 mars, dans les locaux de l’internat.
Les fonctionnaires de police, accompagnés d’un chien « renifleur », n’ont trouvé aucune substance illicite dans les dortoirs, où sont logés environ 150 élèves. « Nous travaillons régulièrement en étroite collaboration avec le commissariat d’Abbeville, confirme Marc Barbier, proviseur du lycée de la cité scolaire Boucher-de-Perthes, depuis cinq ans. C’est la première opération de recherche de stupéfiants que nous menons, en présence des élèves internes. C’est l’une des façons de prévenir la consommation de cannabis. Et en tant que chef d’établissement, mon rôle est de faire respecter la loi. »
Accueil mitigé
Chez les lycéens, beaucoup reconnaissent que « ça circule, comme partout ». De la drogue aurait même été trouvée « dans le casier d’un élève », il y a quelques mois. L’opération de mardi est accueillie de façon mitigée. Il y a ceux qui « comprennent » la démarche de Marc Barbier. « C’est normal que le proviseur s’oppose à ça dans son lycée », reconnaît un élève de 1ère ES.
D’autres sont plus surpris de la présence de policiers dans les dortoirs de l’internat. « Qu’ils contrôlent à l’extérieur du lycée, je veux bien. Mais ils n’ont pas à venir dans le lycée, s’agace une jeune fille, scolarisée en première année de CAP. Si on balance un tel ou un tel, qui en a sur lui, c’est vraiment de la délation… » La politique de prévention va se poursuivre. Les premiers intéressés semblent dubitatifs. « Il y a de plus en plus de jeunes qui consomment, ici, comme partout ailleurs. Les risques, lorsqu’on consomme du cannabis et en cas de contrôle des forces de l’ordre, on les connaît. Et ce n’est pas grâce aux actions de prévention du lycée », conclut un petit groupe d’élèves de Terminale.