(France) Dérives sécuritaires dans le fichage et le renseignement policiers ?
Ce petit topo (plusieurs articles) sur la question des fiches S répond principalement à des préoccupations internes au militantisme cannabique français. Il s’adresse avant tout aux activistes mais toutes les personnes sont invitées à en prendre librement connaissance. En synthèse : il existe plusieurs niveaux de fiches S (vous allez l’apprendre) et si je devais retenir quelque chose des articles qui suivent, je ne retiendrai que cela : " ... le niveau S16 semble être celui de base délivré contre tout individu (extrême-droite, extrême-gauche, écologistes, supporters de foot, anarchistes, etc.) "susceptible de se livrer à des actions violentes" .... Je vous conseille de lire le PS avant d’attaquer les articles ... "Sniff, sniff ... ça sent le brun pour les temps à venir ... !"
Par AFP, publié le 22 aout 2015 à 15:55
http://www.lesechos.fr/politique-so...
Des milliers de personnes font l’objet de fiches S de renseignement
Il y a plusieurs degrés dans les fiches S, selon les sources policières, permettant d’accentuer le suivi des personnes visées en fonction de leur dangerosité. - Shutterstock
Quelque 5.000 personnes font en France l’objet de fiches dites S de renseignement, notamment des islamistes radicaux.
Quelque 5.000 personnes, à l’instar de l’homme soupçonné d’avoir ouvert le feu vendredi dans un train Thalys entre Amsterdam et Paris, font en France l’objet de fiches dites S de renseignement, notamment des islamistes radicaux.
Selon des sources policières, la fiche S - pour « sûreté de l’Etat » -, que la Direction générale du renseignement intérieur (DGSI) par exemple alimente quotidiennement, vise des individus pouvant avoir un lien avec la mouvance terroriste.
Elle est surtout destinée à attirer l’attention des forces de sécurité si l’un des fichés est interpellé. Elles doivent alors en référer aussitôt aux services de renseignement.
Environ 5.000 personnes sont ainsi répertoriées en France. Certaines sont connues et ont été condamnées pour terrorisme, depuis les attentats de 1995 notamment, d’autres comme pouvant se radicaliser ou l’étant déjà.
Cela avait été le cas de suspects cités dans les attaques commises ou déjouées en France depuis les attentats islamistes de janvier contre Charlie Hebdo et le supermarché parisien Hyper Cacher (17 morts). Ou de Mohamed Merah, l’auteur des tueries perpétrées du 11 au 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban au nom du jihad.
Yassin Salhi, qui a tué et décapité son patron Hervé Cornara à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) en juin dernier, avait aussi été fiché « S » durant deux années sans pour autant avoir éveillé l’attention des services de police.
Car être l’objet d’une fiche S ne signifie pas être surveillé en permanence ou même occasionnellement. « C’est plus souvent un indicateur, une espèce de thermomètre sur lequel il faut veiller en permanence et qu’il faut alimenter pour qu’elle soit efficace », selon un policier.
Les fiches S, outre les antécédents judiciaires, sont alimentées par les services de renseignement français et étrangers comme cela semble être le cas de l’homme soupçonné d’avoir ouvert le feu vendredi dans le Thalys Amsterdam-Paris, blessant deux personnes.
Il faisait l’objet d’une fiche S, selon l’identité qu’il a fournie aux enquêteurs. Selon les tout premiers éléments de l’enquête, ce Marocain serait âgé de 26 ans et a résidé en Espagne. Il avait été signalé par les autorités espagnoles aux services français, d’où son fichage.
Il y a plusieurs degrés dans les fiches S, selon les sources policières, permettant d’accentuer le suivi des personnes visées en fonction de leur dangerosité.
Source AFP
Par Le Figaro.fr avec AFP, publié le 13/09/2015 à 13:49. Mis à jour le 13/09/2015 à 16:45
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2...
Fiches "S" : Estrosi pour le bracelet électronique
Christian Estrosi, tête de liste Les Républicains pour la région Paca, a demandé dimanche au Touquet (Pas-de-Calais) que les personnes qui font l’objet de fiches dites S de renseignement portent un "bracelet électronique".
L’homme responsable d’une attaque avortée à bord du Thalys le 21 août dernier était "fiché S3, c’est-à-dire extrêmement dangereux", a rappelé le député-maire de Nice, lors de la clôture du premier Campus national des Jeunes Républicains, qui s’est tenu samedi et dimanche.
"Je demande au gouvernement que tous ceux qui sont fichés de S1 à S6 portent un bracelet électronique, qu’ils ne puissent pas se déplacer, dans quelque mode de transport que ce soit, sans pouvoir être suivis", a-t-il affirmé.
Lire aussi : "Fichage en France" de Wikipédia.
L’article suivant contient dans sa source, plusieurs autres écrits relatifs au fichage français. Nous vous encourageons à tous les lire si c’est possible. Nous vous en présentons que le premier de la série. Bref, ici nous apprenons que des personnes comme de simples anarchistes peuvent être fichés dans la catégorie "S" ... alors pourquoi pas des activistes cannabiques ... ?
Article mis en ligne le 22 août 2015
http://cettesemaine.info/breves/spi...
Quelques infos sorties dans la presse sur les fiches S (Sûreté de l’Etat) - Mis à jour
Article du 26 juin 2015 mis à jour et corrigé
Comme d’habitude, ces articles de presse sont la voix du pouvoir, donc à lire avec les précautions d’usage. C’est l’image partielle que ce dernier veut donner de cet instrument (les fiches S), et non sa réalité toute entière...
Les fiches S sont une des 21 sous-catégories du FPR (Fichier des Personnes Recherchées), créé en 1969, qui comporte notamment les lettres : E (police générale des étrangers), IT (interdiction du territoire), R (opposition à résidence en France) , TE (opposition à l’entrée en France), AL (aliénés), M (mineurs fugueurs), V (évadés), S (Sûreté de l’État), PJ (recherches de police judiciaire) , T (débiteurs envers le Trésor).
Les fiches S officiellement renouvelées ou éliminées tous les deux ans (un an renouvelable une fois) par la DGSI et le SCRT (ex-RG), comportent 16 niveaux de surveillance en partant du haut (S01 signifie être considéré comme le plus dangereux, et donc avec le plus de surveillances et de contrôles) : Mohamed Merah (histoire de Toulouse) avait une fiche S de 2006 à 2010 -deux fois deux ans- puis à nouveau S05 en 2011, Ayoub El-Khazzani (histoire du Thalys) avait une fiche S03 depuis 2014 et un signalement par l’Espagne, Sid Ahmed Ghlam (histoire de Villejuif) avait une fiche S13 tout comme Yassin Salhi (histoire de l’Isère) de 2006 à 2008 - non renouvelée, et le niveau S16 semble être celui de base délivré contre tout individu (extrême-droite, extrême-gauche, écologistes, supporters de foot, anarchistes, etc.) "susceptible de se livrer à des actions violentes".
Il y aurait officiellement 5000 fiches S en cours, dont 3500 concernant des "islamistes". Elles sont consultables par tous les services de police et gendarmerie, mais aussi par les employés de préfecture (cartes identités, cartes de séjour, ce qui explique pourquoi ça "bloque" parfois mystérieusement) et par les keufs de l’espace Schengen.
Ce niveau de base S16 et les suivants sont réajustés (ou pas) après "sondages personnels" policiers réguliers (x par an : Merah avait par exemple fait l’objet de 52 procédures de surveillance (filatures et écoutes) pour une fiche S05 en 2011), et en fonction de tout ce qui peut arriver de nouveau (interpellation, lien avec un tiers lui-même fiché, info d’autres services, etc.).
En plus de la DGSI/SCRT, elles sont aussi alimentées par les services étrangers et les accidents judiciaires (ce qui explique notamment la présence de RG lors de procès). Pour rappel, il s’agit là d’une surveillance quotidienne des services, celles renforcées par la nouvelle loi sur le Renseignement, en dehors de toute procédure judiciaire.
Et enfin, même sans fiche S ou après en être sorti, la surveillance ne cesse pas pour autant (Yassin Salhi n’en avait plus depuis 2008, et « a ensuite fait l’objet d’une surveillance de 2011 à 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise » selon le procureur). Les RG et leurs petites fiches Sureté de l’État sont une chose, les services anti-"terroristes" encore une autre...
En ce qui concerne les compagnons anarchistes, souvent classés dans la catégorie policière d’"anarcho-autonomes" et dont certains ont déjà eu des fiches niveau S04, on trouvera dans la brochure "Analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste" (2010), pages 13-14, un exemple de fiche S04 qui finit ainsi :
- "Sûreté de l’Etat Mesure immédiate : ne pas attirer l’attention
- Motif : Individu proche de la mouvance anarcho-autonome susceptible de se livrer à des actions violentes
- Service demandeur : Préfecture de police Renseignements Généraux Paris – Tél : 0153733815
- Conduite à tenir : SO4 – en cas de découverte aviser les RGPP"
De plus, cette fiche S04 est utilisée bien plus largement qu’en matière d’anti-terrorisme, comme nous le rappelle la mésaventure d’un compagnon parisien en avril 2015 suite à une histoire d’arnaque au préjudice d’un grand magasin (Les RG s’invitent à une perquiz’) : "Les OPJ veulent que je balance mon chef, que je dise où je dors, m’expliquent que c’est la seule façon de m’en sortir. Ça ne fonctionne pas avec moi, rien à déclarer et refus de signer. C’est autant de temps de gagné. Puis vient l’audition, où l’OPJ réalise que je suis fiché au Fichier des Personnes Recherchées, fiche S04 : Sûreté de l’État. Étant anarchiste, pas de surprise... Changement de ton, qui se fera surtout sentir le lendemain."
P.-S.
Allons droit au but : les fichiers S (il y en a plusieurs) sont souvent cités concernant des islamistes radicaux et autres oiseaux du même acabit. Mais il n’y aurait pas que cette gente à risque qui y figurerait.
Environ 5000 personnes y sont inscrites (le chiffre est ancien et pourrait avoir fortement évolué, voire pas loin d’avoir doublé) et vous et moi ne pouvons pas consulter ces fichiers. Les "critères d’admission" sont flous et variés ... Le cannabis rejoint fatalement la criminalité, le terrorisme et/ou une forme d’anarchie ...
L’idée est qu’un tel fichier est un outil-alibi pour faciliter le travail de la police et contourner les lois démocratiques en matière de protection de la vie privée. Vous êtes suspectés, à tord ou à raison, de x forfaitures et suite à enquête poussée, vous ne faites rien d’illégal et ne donnez pas l’apparence de vouloir en faire. Automatiquement, la porte sera judiciairement fermée à l’action policière.
Mais grâce aux fiches S, d’un coup de baguette magique : "abracadabra" ! Et les policiers peuvent miraculeusement tout sur vous, même rentrer dans votre domicile à votre insu et le fouiller. Ou mettre des mouchards dans votre voiture, pister en permanence votre téléphone, etc ... ! Et du coup, vous devenez même un « possiblement violent » sur le papier. Pas mal, l’embrouille ... ! Sauf que cela s’étend progressivement à madame et monsieur "Tout le Monde", enfin beaucoup de monde ... !
Nous concernant, la question est : est-ce que des militants de l’activisme cannabique français y figurent dans ce fichier de matière fécale (c’est dit plus poliment ainsi) ? Je veux signifier qu’il serait presque flatteur de se savoir être un risque pour la sûreté de l’État (ce serait un aveu que notre travail les "agace et indispose" vraiment). Mais c’est un sort qui est peu enviable.
Voici un petit dossier qui, par le contenu en précisions qu’il apporte, laisse à penser le pire ! Par exemple : ce 13 septembre 2015, le Figaro rapporte que Christian Estrosi, tête de liste des Ripouxblicains pour la région Paca, a demandé au Touquet (Pas-de-Calais) que les personnes qui font l’objet de fiches dites S de renseignement portent un "bracelet électronique" en permanence.
Farid, les dirigeants du CIRC, les autres et moi-même, si notre nom apparait dans cette liste, ... Ce serait une façon déguisée de "censurer" ceux qui font le plus de bruit et d’agir judiciairement sur nos personnes pour des histoires de "délits d’opinions"... !
Oui, le cannabis rend parano, parait-il et je devrais m’en inquiéter, ... mais nous ferions bien de nous préoccuper quand même de ce "truc-là" et des dérives qui peuvent en être faites ! Comment savoir si notre nom apparait sur une telle liste par exemple ?
Lisez bien le titre des dites fiches : S pour sûreté de l’État. Il n’est pas écrit sûreté du Public mais bel et bien, celle de l’État. Or ce dernier s’obstine à faire en sorte que le cannabis soit perpétuellement interdit et réprimé.
Par rapport à il y a 10 ou 15 ans où on ne pouvait alors pratiquement rien dire sur le cannabis (ex article L630), du chemin a été parcouru avec comme résultat une assez bonne information dispensée auprès d’un Public qui a fortement évolué sur la question de la dangerosité de la plante et celle de sa possible légalisation.
Il y a aujourd’hui, plusieurs grands mythes de la prohibition qui sont "tombés à l’eau" et nous tous, n’y sommes "pas pour rien", nous autres activistes. Nous avons averti, commenté et expliqué ces infos en dépit d’une loi qui l’interdisait et cela s’est su et a été vérifié. Par exemple, nos affirmations sur l’action anticancéreuse des cannabinoïdes : nous avons "tapé sur des casseroles" pendant des années, la Science l’a vérifié très récemment et la Presse grand public a bien finit par en parler.
C’est un sacré problème pour l’État : comment maintenir une image négative pour une plante qui guérit ou freine le cancer et n’a aucun risque toxique (pour des adultes) ou d’overdose ? La médecine moderne n’arrive pas à tant de résultats ! Fatalement, cela impact en positif dans l’image perçue par le Public.
Nous (activistes cannabiques de tous poils glanduleux) sommes un caillou dans leur chaussure et à propos, en communiquant de la sorte, nous avons toujours un pied dans l’illégalité (d’après le point de vue des prohibitionnistes, non pas du nôtre) ! Ne dites pas non, camarades de lutte, nous sommes tous organisés en fonction de cette "Épée de Damoclès" qui plane au dessus de nos têtes. Et notre action groupée nuit à leur suprématie politique, ce qui met en danger leur action. C’est une forme de menace pour l’État qui n’en est pas à cela près.
Dire qu’il y en a qui croient encore à la démocratie ... Je veux dire : qu’ils (les flics "spéciaux") aillent casser les nouilles à des gens qui massacrent et tuent, personne n’y trouverai à redire, mais là, cela virerait un peu à la "nazi" leur truc : nous avons de bonnes raisons d’avoir à le craindre !
JLB