(France - Niort ) "Trafics de drogue : la police a des moyens « limités »" par la Nouvelle République.fr

Eh bien, à bien réfléchir, en dépit du discours "va t-en guerre" du maire et des commerçants dans l’article ci-dessous, la légalisation du cannabis pourrait résoudre tous ces problèmes relatifs aux trafics de rues (celui du cannabis, pas des autres). Il y a quand même un fond facho et insensé à vouloir maintenir et accentuer une répression dont on constate depuis plus de 45 ans qu’elle ne fonctionne pas et a donné les résultats que l’on supporte aujourd’hui. Pour autant, il ne faut pas nier l’impact des problèmes de comportements liés à une culture urbaine qui revendique les incivilités. L’idée que j’ose émettre, serait alors de leur dire : "Ok, vous voulez vendre, vendez ! Mais vous allez le faire comme on vous le dit : dans des endroits fixes et fermés, en payant des impôts, sans faire de pub ni de bruit, en vendant des produits contrôlés et non frelatés et en apprenant le b-a-ba du commerce qui consiste à ce que clients et riverains ne se sentent pas menacés et aient envie de revenir et d’être fidélisés. Je veux dire par là que toute légalisation devra être réalisée en intégrant cette masse de personnages mal-éduqués qui sont les trafiquants de rues d’aujourd’hui. Pas pour qu’ils s’enrichissent mais pour qu’il gagnent suffisamment bien leur vie de sortes à ce qu’ils ne nous cassent plus les pieds ! Cela les occupera et les éduquera et après, ce seront eux qui feront pression auprès du Maire pour qu’il n’y ait pas de "bordel" autour de leur "commerce" ! Au fait : charmante, madame la commissaire ! Mais l’uniforme ne la met pas en valeur.


Publié le 25/07/2015 à 05:46, propos recueillis par Aurélien Douillard

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Deux-Sèvres - Niort - Insécurité

Trafics de drogue : la police a des moyens " limités "

La commissaire divisionnaire Céline Grassegger. - (Photo archives NR, Éric Pollet)

Quatre points de vente de drogue à ciel ouvert sont répertoriés actuellement dans la ville. La police les combat avec ses moyens, limités par le cadre légal.

(N. R.) Au début du mois, vous avez mené, avec les douanes, des opérations anti-drogue place Ricard et dans les quartiers du Clou-Bouchet et du Pontreau. Avec la place Saint-Jean, voilà les quatre endroits de la ville où sont menés des trafics de drogue aux yeux de tous…

(Commissaire divisionnaire Céline Grassegger, directrice départementale de la sécurité publique des Deux-Sèvres).« L’objectif, c’est de faire des contrôles d’identité chaque semaine en variant les lieux, notamment pour dérouter les jeunes suspects. On trouve souvent des produits stupéfiants, mais en petite quantité. Et ces opérations ne doivent pas se transformer en contrôles au faciès, devenir une forme de harcèlement, car nous sommes limités par un cadre légal et pénal  : si on contrôlait ces jeunes gens tous les jours, nos procédures judiciaires pourraient être annulées. »

(N. R.) Qui sont ces dealers et ces guetteurs  ?

(CD) « Nous avons identifié entre quinze et vingt personnes âgées de 15 à 35 ans environ, dont les trois quarts vivent ici. Les commanditaires, nous pensons qu’ils se comptent sur les doigts d’une main. Il s’agit surtout d’un trafic de résine de cannabis. Notre difficulté avec les vendeurs, c’est qu’il s’avère de plus en plus difficile de prouver qu’ils vendent justement  : quand ils sont contrôlés, ils n’ont aucun produit sur eux, ou alors en faible quantité donc, et ne possèdent que des petites sommes d’argent. Ils sont très prudents  : ils se font parfois payer avec des cartes prépayées de téléphone mobile, la marchandise est cachée dans des parties communes de résidences… Ils connaissent ces ruses  : certains ont des contacts avec des délinquants plus chevronnés qu’eux en région parisienne. Ceux-ci connaissent les rouages et les limites de la justice. »

(N. R.) " Il est important de maintenir la pression "Rue Ricard, des commerçants ont exprimé leur ras-le-bol auprès de la municipalité au mois d’avril…

(CD) «  Avec la directrice de cabinet du préfet et la procureure de la République, nous les avons également reçus fin mai. Une rencontre assez positive. Oui, certains montrent une certaine lassitude. Mais ils ont compris qu’ils n’étaient pas abandonnés à leur sort. Nous leur avons notamment expliqué qu’une enquête, cela prend du temps, un temps plus lent que celui de la vie courante. Notre objectif, c’est de monter des procédures qui tiennent devant le tribunal. C’est un travail lourd, prenant, mobilisateur et parfois frustrant pour la brigade de sûreté urbaine.  »

(N. R.) Pour quels résultats  ?

(CD) « Sur le premier semestre 2015, nous en sommes déjà à 130 interpellations pour usage et revente de drogue (*). Nous avons confisqué 3,2 kg, dont 2,6 kg de résine et d’herbe de cannabis. Il s’agit d’une grosse année en matière de produits stupéfiants. Depuis 2011, on tournait autour de 200 procédures annuelles, avec un pic à 240 environ en 2012 pour 4,5 kg de résine de cannabis et 1,4 kg d’herbe saisis. »

(N. R.) Peut-on réellement mettre un terme à ces trafics  ?

(CD) « C’est un peu le serpent de mer. Ces trafics sont peut-être encore plus visibles dans un " petit " département, encore plus choquants. Nous ne baissons pas les bras, il est important de maintenir la pression. Mais tant que la demande est réelle, avec des consommateurs qui sont aussi des gens de bonne famille, des employés bien insérés… Il est bien facile de dire que la police ne fait rien… On coupe des têtes, mais les trafics réapparaissent car le système est trop bénéfique financièrement.  »

nr.niort chez nrco.fr

(*) Statistiques regroupant les commissariats de Niort et de Thouars sachant que la première ville représente 85 % de l’activité totale.


à chaud :

" La municipalité est exaspérée "

Le maire Jérôme Baloge a décidé de mettre la question des trafics de drogue au cœur des débats du comité de sécurité et de prévention de la délinquance  : « Cela fait plusieurs années que cela dure, on ne va pas se le cacher. Avec Jacques Arthur, conseiller municipal délégué à la sécurité, nous recevons régulièrement du courrier sur ce sujet, nous avons rencontré des riverains des quartiers du Clou-Bouchet et du Pontreau qui se plaignent de l’insécurité liée à ces trafics de drogue. Sur plusieurs semaines, j’ai participé à des patrouilles aux côtés des polices nationale et municipale durant lesquelles on peut se rendre compte de cette réalité-là. La municipalité est exaspérée. Et la mobilisation des commerçants, rue Ricard, m’a aidé pour susciter une mobilisation nouvelle  : pour eux, c’est difficile, c’est certain. Nous tâchons de nous attaquer à ce problème en renforçant les patrouilles de la police municipale. Mais celle-ci ne peut intervenir qu’avec la police nationale, sous l’autorité et le contrôle des services de l’État. Nous allons également créer, avec le conseil départemental, une équipe de prévention de la délinquance composée d’éducateurs de rue. Et c’est aussi dans ce cadre que nous avons adopté le principe, puis le dispositif de vidéoprotection (*) : quand il y a une caméra, il est tout de suite plus faciled’enquêter. »

(*) Présenté en réunion publique le lundi 22 juin, le projet prévoit l’installation de 26 caméras dans l’hypercentre. Les premières seront installées en fin d’année. Les places Ricard et Saint-Jean feront partie des secteurs surveillés en permanence.

En savoir plus

" Une banalisation de la délinquance "

Fabrice Tourillon, qui habite la tour érigée au n° 2 de la rue Guy-Guilloteau, dénonce le trafic de drogue orchestré en bas de son immeuble et dont le fonctionnement est raconté sur un blog internet tenu par un autre riverain, sous couvert d’anonymat (*). Ce quadragénaire fait partie des nombreux locataires du quartier qui avaient paraphé une pétition adressée aux services d’Habitat sud Deux-Sèvres dans laquelle ils faisaient mention « d’incivilités et de nuisances » commises par plusieurs personnes dans le hall et aux abords de la résidence. Fabrice Ouvrard, le directeur du bailleur HLM, avait répondu en ces termes en mai 2014 : « Nous déplorons cette situation préoccupante, les dégradations et le sentiment d’insécurité qu’elle provoque. Habitat sud Deux-Sèvres ne dispose d’aucune autorité en matière d’ordre public. Toute dégradation portant sur les parties communes fera l’objet d’un dépôt de plainte de notre part. » « Aujourd’hui, il y a une banalisation de la délinquance », commente Fabrice Tourillon. Les dealers « trafiquent dans les caves, se planquent derrière les poubelles, les buissons… Ici, c’est un coupe-gorge. Du jour au lendemain, des voisins, lassés de cette violence, ont quitté les lieux. D’autres rentrent chez eux avec la peur au ventre ». Conclusion du blogueur masqué dans son dernier message  : au Pontreau, quartier dépeint comme un « camp retranché  », « ne reste qu’une colère sourde et des comptes, qu’il faudra bien un jour rendre, à l’heure des bilans ».

(*) niortmavile.wordpress.com