(France) Prison de Saint-Brieuc : « un chien est mieux logé » ! (par Le Télégramme).
"On fabrique des bandits" écrit le télégramme. C’est faux : on fabrique des révoltés, des rebelles dont certains deviennent des sociopathes, voire des nihilistes ! Et c’est sans parler de tous ceux qui, brisés par la machine judiciaire, restent sur la touche. Une situation que l’on pourrait éviter en libérant ceux qui n’ont rien à faire en prison : les consommateurs de cannabis et les petits trafiquants de cette substance. Les avantages de la Légalisation ne sont pas que sanitaires et économiques : ils font offices aussi de soins sociétaux ! En légalisant le cannabis, vous supprimez le mal être en prison, la surpopulation et la principale monnaie d’échange pour toutes les embrouilles possibles. L’ancien système est arrivé à ses limites, comme ses équipements d’ailleurs (la prison de St-Brieuc date de 1903) : il faut" imaginer un nouveau système" et le mettre en place, vite, sinon, cela va être très violent !
Par Julien Vaillant , publié le 17 janvier 2015
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Prison de Saint-Brieuc. « Un chien est mieux logé »
En début de semaine, 175 détenus séjournaient à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc, dont la capacité théorique est de 68 places.
Surpopulation (257 %), absence d’intimité, bagarres, trafic de portables et de cannabis : le quotidien à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc n’a jamais semblé aussi sombre que ces dernières semaines. Et cette fois-ci, ce ne sont pas seulement les gardiens et les détenus qui le disent. Le constat est désormais partagé ouvertement par le directeur de la prison et le procureur de la République. > Témoignage. "On fabrique des bandits"
175 détenus pour une capacité théorique de 68 places, trois douches par étage, des cellules de 9 m² sans eau chaude, mais avec trois lits superposés, des toilettes et un placard, des odeurs « qui prennent à la gorge », des murs noircis par l’humidité et, parfois, des rats : bienvenue à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc, l’une des plus anciennes et des plus surpeuplées de France.
« Un chien est mieux logé que les détenus d’ici », résume Sébastien Dutescu, le secrétaire local du syndicat majoritaire, l’Ufap-Unsa. Dénoncée depuis des années par les représentants du personnel, la situation a rarement semblé aussi critique. En milieu de semaine, le procureur de la République de Saint-Brieuc est même intervenu publiquement sur le sujet. Une prise de parole au cours de laquelle Bertrand Leclerc a énoncé les maux que la prison briochine pourrait éviter si elle comptait un detenu par cellule : « Suroccupation, promiscuité, agressions physiques, introduction d’objets et de produits illicites en détention... ». « C’est la première fois de ma carrière que j’entends un procureur faire un tel discours. Mais le constat édifiant qu’il a dressé est une réalité », déplore Pierre Lemée, le directeur de la maison d’arrêt.
Des primaires en cellule avec des trafiquants
« C’est le bordel. Nous n’avons pas les moyens de faire notre travail correctement », énonce Laëtitia, l’une des 39 fonctionnaires de l’établissement. « La surpopulation est telle que nous sommes parfois obligés de mélanger en cellule des gros trafiquants de drogue ou des meurtriers avec des délinquants primaires. Mais aussi des fumeurs et des non-fumeurs, ainsi que des détenus déjà condamnés et d’autres simplement placés en détention provisoire », continue la surveillante. « Entre les détenus, c’est forcément tendu. Il y a régulièrement des bagarres ou des règlements de compte », embraye sa collègue Sylvie, effarée de constater avec quelle facilité cannabis et téléphones portables circulent à l’intérieur de l’établissement. « C’est un véritable supermarché. Tout rentre. Même l’héroïne et la cocaïne ».
Plus de shit que de tabac en fin de semaine
« Le jeudi, veille de la distribution hebdomadaire de cigarettes, il y a plus de shit que de tabac dans les cellules », soupire Frédéric Gestin. La semaine passée, le délégué Force ouvrière a récupéré huit téléphones portables, deux bouteilles de whisky et une de vodka, des cigarettes ainsi qu’une bobine de 500 m de fil de pêche sur le toit de l’atelier construit à côté du bâtiment de détention. Une découverte presque banale. « Avec les lois européennes, le personnel n’a plus le droit de fouiller les détenus à la sortie des parloirs. Ceux-ci doivent simplement passer sous un portique », déplore le directeur Pierre Lemée. « De toute façon, plus il y a de détenus, plus il y a de trafics en tout genre. Et nous faisons partie des dix prisons les plus surpeuplées de France ? ».
Le sens de la peine
« Dans ces conditions, comment voulez-vous que les peines prononcées aient un sens pour les détenus ? », questionne Laëtitia. « À 170, la réinsertion, ce n’est pas possible », embraye Sébastien Dutescu. « Depuis dix ans que je suis là, ce sont souvent les mêmes que je vois sortir et revenir en détention. La différence, c’est qu’ils se prennent à chaque fois un peu plus pour des caïds », observe, de son côté, Frédéric Gestin.
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