Ils fauchent le chanvre pour le festival De Fibres en musiques - Montjean-sur-Loire
Samedi, une équipe d’anciens agriculteurs s’est retrouvée pour l’arrachage, le fauchage et la mise à l’eau du chanvre. Un homme assis sur la faucheuse, derrière le tracteur, récolte les paquets de chanvre fauchés par une lame spécifique à cette culture. Ce chanvre, semé en mai, avec un rendement de 45 à 50 kg à l’hectare, est une variété autorisée à la culture car elle est destinée à la fabrication de fibres et de filasse.
www.ouest-france.fr 15-08-2011
Étape par étape
Après le fauchage, le chanvre est assemblé par paquets puis sera mis à l’eau : c’est le ruissage. Ce processus se réalise nécessairement dans l’eau courante car l’oxygénation est recherchée ; ceci permet aux bactéries de travailler les tiges récoltées. Les paquets de chanvre seront stockés dans l’eau de Loire durant 5 à 6 jours, ce qui explique la nécessité du fauchage ce samedi 13 août pour le sortir de l’eau le 20 août et faire une démonstration de travail du chanvre lors du festival.
L’objectif de ce ruissage est de faciliter le défibrage qui ne pourrait pas se faire dans les traditions sans cette étape. En effet, le chanvre n’est plus cultivé depuis 1964 à Montjean et les pays qui le cultivent aujourd’hui l’exploitent de façon industrielle pour récupérer les fibres en les cassant avec des machines. Le chanvre sans l’étape de ruissage est dur comme du bois et ne peut pas être travaillé pour faire de la fibre nécessaire au cordage (qui doit être récupérée sur toute sa longueur).
Historique
En industrie, il peut être utilisé pour du tissage. En France, la culture du chanvre s’était intensifiée en 1666 pour passer d’une récolte de particulier à une récolte pour l’État. Cette intensification a nécessité de trouver des variétés différentes pour éviter le ruissage de l’ensemble des cultures au même moment car cela absorbait l’oxygène de l’eau de la Loire de façon intensive, faisait mourir les poissons et pénalisait les pêcheurs.
De 1901 à 1966, cette culture intensive faisait vivre, dans la région, une entreprise qui embauchait jusqu’à 10 000 salariés : les établissements Bessonneau recevaient la fillasse des chanvriers et la transformaient en cordages et tissage. L’arrivée sur le marché de la fibre synthétique a provoqué la fermeture de ces usines.
Pour découvrir la culture traditionnelle par des anciens agriculteurs généreux de transmettre leur savoir-faire, chacun est convié à les rencontrer le 20 août, de 8 h 30 à 10 h, au bas Pirouet, sur la levée entre Ingrandes et Montjean-sur-Loire, où débute le festival.