L’allergie au cannabis : un nouveau dada de la prohibition ? Non, pas cette fois : c’est vraiment réel ! Mais pas plus préoccupant que cela, d’un point de vue de Santé Publique !
Pas de panique : si vous fumez des joints depuis des lustres sans problème, cela ne risque pas de vous arriver. En revanche, si vous en fumez vraiment trop (tout le temps) l’allergie (pulmonaire) à la résine vous guette au bout de quelques années. De plus, une protéine, le Can S3, peut déclencher des réactions allergiques que l’on nomme déjà "syndrome cannabis-fruits légumes". Mais c’est un peut jeter un menhir dans une flaque d’eau : l’allergie au cannabis est extrêmement rare et dans le cas cité du Can s3, ne concerne que ceux qui en mangeraient, pratique peu courante dans les pays prohibitionnistes concernés.
Publié le : 1 Août 2014 par Philippe Berrebi
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Cannabis : une allergie stupéfiante
On connaissait les amateurs, mais beaucoup moins les allergiques. Et pourtant ! Le cannabis peut être à l’origine de réactions négatives, y compris chez les non-fumeurs, rapporte aujourd’hui le journal La Dépêche sur son site d’information. Quatre chercheurs de la Faculté de médecine et de sciences de l’Université d’Anvers (Belgique) viennent de publier une étude sur le sujet dans la Revue Française d’Allergologie.
Comme les cyprès, les bouleaux ou les oliviers, le cannabis peut être à l’origine de rhinites, d’urticaire, de conjonctivites et, à long terme, d’asthme. Il suffit qu’il soit inhalé, fumé ou mâché.
L’étude des scientifiques, appelée « L’allergie au cannabis, bien plus qu’un voyage stupéfiant », révèle qu’une sensibilisation au cannabis pouvait aussi entraîner une réaction croisée, notamment alimentaire ou végétale. A l’origine de ce « syndrome cannabis-fruits légumes », une protéine : le Can s 3. Les allergènes responsables ne sont pas encore bien connus, mais le prochain congrès francophone d’allergologie, qui se tiendra du 16 au 19 avril à Paris, apportera sans doute quelques lumières sur cette drôle de plante.
P.-S.
Un sujet ou mon expérience de chanvrier m’avantage en connaissance par rapport aux toubibs :
Oui ! Il existe aussi une allergie aux fraises : on n’interdit pas ce fruit, ni ne le diabolise, pour autant ! L’allergie au cannabis est rare, mais elle semble être une réalité !
J’ai travaillé avec deux personnes atteinte de symptômes allergiques au cannabis : une qui, en plein été, était obligée de s’habiller comme en plein hiver pour rentrer dans les serres : sinon, le cannabis lui faisait des réactions urticantes comme des orties. L’autre, était allergique la résine et la poussière de chanvre (voies respiratoires) et cela était la résultant d’années d’expositions à des conditions d’extractions agricoles de résine (sans masque ni protections comme c’est le cas dans les labos).
Mais ce sont les deux seuls cas chroniques que j’ai connus dans ma carrière de consommateur-producteur. En revanche, j’ai observé quelques autres cas d’asthme visiblement déclenché par la combustion d’un joint ! Quelques cas sur des milliers de rencontres, quand même !
Ce dont parle ici pourquoidocteur.fr n’est donc pas une tentative de salir le cannabis un peu plus : si les gouvernements légalisent un jour, la médecine sera alors bien obligé de se pencher sur la question !
Relativisons : un médicament banal comme l’aspirine déclenche bien plus de crises d’allergie que le cannabis. Les auto-producteurs de cannabis évitent les plants mâles pour favoriser la grosseur des fleurs et la quantité de résine. A ce titre, la culture de chanvre légal (sans THC) provoquera bien plus de tort que celle du type à drogue, puisque les pieds mâles ne sont pas arrachés (pollinisation intensive). Donc, si on veut avoir des données concernant le sujet des allergies au pollen de cannabis : on les a déjà ! Et pour celle que nous n’avons pas, les Pays-Bas, le Colorado, l’Uruguay et l’État de Washington sont d’excellents centres d’expérimentations qu’il faudrait solliciter en collaboration d’études !
A noter que la protéine citée dans l’article (le Can s3), n’est pas présente dans la résine extraite, en conséquence de quoi, l’allergie à la résine tire son principe d’une cause différente.
Bref, même si qu’une centaine de cas ne concerneraient un pays comme la France, c’est 100 personnes de trop qui souffrent (par exemple : ce n’est pas marrant à vivre des crises d’asthmes). Se pencher sur la question et trouver des remèdes est donc une très bonne chose !
JLB