"L’artérite au cannabis : un nouveau cas" par EM Consulte

Petit dossier sur l’artérite au cannabis !

L’artérite cannabique est une pathologie qui vous sera présentée dans cet ensemble d’infos. Dans le principe, quelques vaisseaux sanguins et/ou veines et artères, seraient supposés se boucher suite à une consommation chronique de cannabis, entrainant la mort (gangrène) des membres irrigués par le flux sanguin réduit ! Le problème est que ceux qui accusent la plante et son usage, s’arrêtent à l’observation que le sujet en consomme et que visiblement, le sevrage cannabique améliore son état. Aucune étude n’est allé vérifier cette accusation, ni analyser des échantillons de cannabis consommé par ces personnes (ce qui serait la première chose à faire pourtant). L’artérite cannabique est rare, très rare ! On ne parle que de quelques cas à l’échelle planétaire (une soixantaine de cas depuis 1960). Au Colorado, pourtant ... on s’y lâche question fumette, je n’ai pas pu trouver de cas ! C’est pour cela qu’on doute franchement de l’implication directe de cannabinoïdes dans cette affaire. Nous (ceux qui publient sur l’artérite cannabique de façon critique) pensons plutôt à un contaminant de type Arsenic puisque son empoisonnement, à la longue, donne les mêmes symptômes de gangrène des membres. Et qu’aux Maroc, les engrais utilisés en contiennent beaucoup, de même que certains sols ou sont réalisés des cultures. On peut aussi soupçonner des contaminants qui auraient été rajoutés dans un but d’adultération de la résine cannabique (hypothèse moins probable mais qui tient compte des us et coutumes des trafiquants marocains) ! Enfin, les populations habituellement fumeuses d’herbe, sauf erreur de ma part (je ne sais pas tout ... ), semblent être épargnées par la maladie. Cela semble donc surtout concerner la résine : du concentré d’herbe et de ce qui l’a fait pousser (dont des polluants) ! Les conséquences de l’Artérite sont impressionnantes, très douloureuses et handicapantes pour le patient atteint. La prohibition ne semble pas sûre d’elle dans cette histoire et, alors qu’elle devrait monter au créneau face à la gravité des cas, cette incertitude et le fait de la rareté de la pathologie, font qu’elle utilise peu cet argument. Voici trois articles qui vous permettront de faire un topo sur cette fumeuse affaire d’artérite cannabique !


Premier article :

mis en ligne le 25 mai 2015

http://www.em-consulte.com/article/...

L’artérite au cannabis : un nouveau “cas

Doi : 10.1016/j.revmed.2015.03.146

W. Bouissar ⁎ , S. Khaddi, M. Moudatir, K. Echchilali, F.Z. Alaoui, H. El Kabli

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Résumé

Introduction

Le cannabis est la substance illicite la plus consommée au monde. Sa responsabilité dans l’étiologie des thromboangéites juvéniles a été déjà évoquée. C’est un sujet d’actualité en raison de l’augmentation régulière du nombre des consommateurs. L’artérite au cannabis ressemble à la maladie de Léo-Buerger mais en diffère par le caractère modéré de la consommation du tabac et au contraire la régularité et l’importance de la consommation du cannabis. Nous rapportons l’observation d’une artérite au cannabis chez un jeune patient. L’objectif de ce travail est de montrer la gravité de cette artérite toxique.

Observation

Un patient de 43 ans, admis pour ischémie distale subaiguë, d’apparition progressive, compliquée d’une gangrène touchant les quatre membres de façon bilatérale, les ailes du nez et les pavillons de l’oreille. Il n’y avait pas de facteurs de risque cardiovasculaires ou d’hyperviscosité ni de thrombophilie ou pathologie embolique. Le phénomène de Raynaud des extrémités était présent sans autres signes associés hormis une consommation chronique et massive du cannabis et un tabagisme modéré sans autre toxicomanie associée. L’examen physique avait retrouvé une gangrène surinféctée des quatre extrémités avec une nécrose des pavillons des oreilles et des ailes du nez. Les pouls pédieux étaient abolis, les pouls poplités étaient diminués. Le bilan lipidique et glucidique ainsi que l’hémogramme étaient normaux. Les anticorps antiphospholipides, les anticorps antinucléaires ainsi que les ANCA étaient négatifs. L’écho-doppler artériel avait montré l’absence de flux étendue jusqu’aux artères jambières. L’électrocardiogramme, l’échocardiographie ainsi que le doppler des vaisseaux supra-aortiques étaient normaux. La prise en charge thérapeutique avait consisté en une antibiothérapie à large spectre, une anticoagulation curative et des soins locaux, l’amputation transphalangienne proximale et des jambes jusqu’aux mi-cuisses était inéluctable, le sevrage tabagique et du cannabis était entrepris.

Conclusion

Une artériopathie inhabituelle chez le sujet jeune doit faire rechercher une intoxication chronique au cannabis. Cette drogue réputée douce, peut entraîner des manifestations vasculaires de pronostic fonctionnel péjoratif.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan

Déclaration d’intérêts

© 2015 Publié par Elsevier Masson SAS.


C’était un article éminemment politique ! Ses auteurs partent du point de vue qu’ils vont prouver que le cannabis est toxique. Le point de vue scientifique (le vrai), lui, s’appuierait plutôt sur l’analyse sans apriori d’un phénomène donné, la récolte de donnée, leur recoupement et étude et pour finir, une conclusion ! Tout le schéma inverse de la méthodologie employée ici ! Et aucune analyse de contaminants n’y est présente.


Deuxième article :

Publié par Seshata le 17 septembre 2014

http://sensiseeds.com/fr/blog/la-co...

La consommation de cannabis peut-elle provoquer une thrombose ?

Décrite pour la première fois en 1960, on suppose que l’affection présumée appelée artérite du cannabis a touché environ soixante individus depuis lors. Cette pathologie est censée toucher les gros fumeurs de cannabis au long cours en provoquant une inflammation des parois des artères périphériques, et a été impliquée dans des cas de nécrose graves, dont certains ont nécessité une amputation des membres atteints.

Malgré les preuves suggérant que cette pathologie a un lien avec le tabagisme, certains considèrent que l’effet du cannabis joue un rôle unique. En 2001, une étude française présentait dix nouveaux cas, tous survenus chez des hommes âgés en moyenne de 23,7 ans. Ces patients présentaient tous une nécrose des mains ou des pieds consécutive à une ischémie distale subaiguë, ou une perte modérément soudaine de circulation sanguine dans un membre. Malgré le traitement, quatre patients ont finalement dû être amputés.

Lien avec le tabagisme

L’artérite du cannabis est censée avoir touché environ soixante personnes depuis 1960.

En raison de l’effet vasoconstricteur connu du cannabis, les chercheurs ont conclu que la consommation régulière des patients avait joué un rôle essentiel dans l’évolution de leur maladie. Ces hommes étaient tous des fumeurs modérés, il est donc impossible d’évaluer précisément le degré de responsabilité imputable au cannabis.

Toutefois, bien que la plupart des chercheurs dans le domaine de l’artérite du cannabis n’ait étudié que des patients qui fumaient également du tabac, une autre étude française de 2011 a permis de documenter le cas d’une femme âgée de 36 ans atteinte d’une artérite, qui avait vécu une exposition prolongée au cannabis, mais pas au tabac. Dans son cas, l’arrêt de la consommation de cannabis a provoqué une amélioration rapide des symptômes.

Une autre étude, toujours française, décrivait le cas d’un homme âgé de 36 ans sans aucun antécédent de tabagisme qui avait développé des lésions nécrotiques aux orteils, prétendument imputés à sa consommation durable de cannabis de longue date. N’ayant pas réussi à réduire sa consommation, le patient a développé une ischémie de la jambe gauche qui s’est traduit par une amputation.

Cannabis et vasoconstriction

On a longtemps supposé que le cannabis pouvait provoquer une vasoconstriction, au cours de laquelle les parois des vaisseaux sanguins (en particulier les artères et les artérioles) se contractent, rétrécissant le canal et limitant le débit sanguin circulant dans les vaisseaux. Pour les plus de 65 ans, une étude a conclu que le risque de crise cardiaque dans l’heure suivant la consommation de cannabis était multiplié par cinq. Même chez les individus plus jeunes, plusieurs cas de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique (provoqué par une baisse soudaine du débit sanguin vers le cerveau) ont été imputés à la consommation de cannabis. Un homme âgé de 36 ans sans aucun antécédent de tabagisme, qui a développé des lésions nécrotiques aux orteils.

Un homme âgé de 36 ans sans aucun antécédent de tabagisme, qui a développé des lésions nécrotiques aux orteils.

Dans une étude française menée sur 48 jeunes adultes ayant subi un AVC ischémique, 21 % présentaient une sténose intracrânienne multifocale ou de multiples rétrécissements des artères crâniennes. Parmi ces 21 %, tous étaient des consommateurs de cannabis, et bien qu’ils n’en présentaient pas tous les symptômes, la majorité d’entre eux était affectée d’une sténose intracrânienne multifocale. Sur toutes les causes démontrées, dont le cardioembolisme et l’athérosclérose, cette forme de sténose était la plus courante. Les chercheurs ont donc conclu que la consommation de cannabis pouvait être un facteur important contribuant à l’AVC ischémique chez les jeunes adultes.

Problèmes pour établir des liens de causalité

Bien qu’il puisse y avoir effectivement un lien entre la consommation de cannabis et la vasoconstriction, la taille de l’échantillon dans cette étude en particulier était trop réduite pour tirer des conclusions valides quant à la relation avec l’AVC ischémique. En outre, la plupart des consommateurs de cannabis en France consommant également du tabac – le tabac étant aussi connu pour être un vasoconstricteur – des études complémentaires devront être entreprises avant de pouvoir établir un lien de causalité. En fait, la grande majorité des études menées sur l’artérite du cannabis a été effectuée en France où les lois sont strictes et les opinions politiques défavorables dans l’ensemble, et la probabilité de partialité des études est très élevée.

La grande similitude entre l’artérite du cannabis et la thromboangéite oblitérante (ou maladie de Buerger), la coagulation progressive des artères périphériques associée au tabagisme (même pour les variétés non fumées), conduit bon nombre de personnes à considérer que les deux maladies ne sont pas distinctes, et que l’effet du cannabis est au mieux synergique. Des cas avérés d’artérite du cannabis non concomitante (non associée) au tabagisme ne sont pas assez nombreux pour établir un lien réel.

Les contaminants peuvent-ils être mis en cause ?

Il est également possible que l’incidence élevée de cette maladie en France soit due à l’utilisation répandue d’un contaminant, plutôt qu’au cannabis lui-même. En fait, l’arsenic a été évoqué parmi les contaminants possibles. Dans les sols fortement azotés, il a été démontré que l’assimilation par le système racinaire du cannabis était plus élevée. De manière distincte, les apports en eau polluée par de l’arsenic ont été impliqués dans des cas de nécrose racinaire ou « pied noir ». Le fait que la majeure partie du cannabis consommé en France l’est sous forme de haschich, qui est souvent frelaté et mélangé à des additifs très dangereux, renforce l’hypothèse selon laquelle les contaminants peuvent jouer un rôle dans l’artérite du cannabis.

Relation complexe entre le système cardiovasculaire et le système endocannabinoïde

Par ailleurs, nous disposons de preuves qui contredisent bon nombre des principes sous-jacents de l’artérite du cannabis. Plusieurs études ont notamment démontré que le THC, l’anandamide et le cannabidiol anormal provoquaient une vasodilatation plutôt qu’une vasoconstriction, en provoquant un relâchement des muscles lisses des parois artérielles. Les cannabinoïdes atypiques peuvent également provoquer une vasodilatation. Les vasodilatateurs favorisent la réduction de la pression sanguine et l’augmentation du débit sanguin dans les tissus périphériques. Ces cannabinoïdes ont également souvent des effets anti-inflammatoires notables. En outre, nous disposons de données qui suggèrent que certains cannabinoïdes pourraient avoir des propriétés anticoagulantes, qui impliquent habituellement une réduction du risque de maladies apparentées à la thrombose.

Les vasodilatateurs favorisent la réduction de la pression sanguine et l’augmentation du débit sanguin dans les tissus périphériques.

Il sera nécessaire de mener des recherches intensives sur les interactions extrêmement complexes entre le système endocannabinoïde et le système cardiovasculaire avant de pouvoir tirer des conclusions définitives. Le degré selon lequel les cannabinoïdes peuvent affecter une fonction vasculaire en fonction de leur dosage peut différer, de même que le ratio suivant lequel ils sont présents. Un cannabinoïde peut également avoir un effet vasoconstricteur dans certaines parties du corps et un effet vasodilatateur ou neutre dans d’autres parties. Par exemple, on suppose que chez le rat le THC provoque un effet vasoconstricteur dans les artères rénales et un effet vasodilatateur dans les quartiers arrière.

Malgré les preuves établissant un lien entre l’effet de certains cannabinoïdes et la vasoconstriction des artères, le statut de l’artérite du cannabis en tant que maladie au sens propre peut être sérieusement remis en question. La recherche future établira peut-être un lien définitif, mais la rareté des patients n’ayant pas fumé du tabac de manière concomitante complique grandement la recherche sur cette pathologie, et la rend de loin moins prioritaire que les thromboses imputables au tabagisme.


Troisième article :

C’est un article que j’avais écrit le 13 novembre 2014. Vous pouvez le consulter ici (vous y trouverez des photos médicales pas belles à voir) :

L’artérite au cannabis, nouveau reproche fantasmagorique ou réalité ?

P.-S.

Conclusion : le cannabis "usual suspect" ? (Coupable idéal ?). Dans cette affaire d’artérite cannabique, nous pensons que oui ! Les praticiens l’accusent sans autre forme de procès parce qu’on leur enseigne que la substance est terriblement toxique à plusieurs niveaux ... ! En dépit du fait que la plupart des études récentes contredisent ce point de vue enseigné !

Aucune étude sérieuse ne vient nous instruire sur la causalité du cannabis dans cette forme d’artérite.

Je préfère donc parler d’artérite politique ... qui gangrène notre société !

JLB