"L’industrie de la marijuana n’a pas de lien avec le crime organisé, selon un rapport" par Ici Radio-Canada.ca

Le contenu de cet article semble important ... !


Un texte de Christophe Le Gentil, publié le mercredi 10 août 2016

http://ici.radio-canada.ca/regions/...

L’industrie de la marijuana n’a pas de lien avec le crime organisé, selon un rapport

Un plant de marijuana. Photo : Luis Hidalgo/Associated Press

La grande majorité des comptoirs de vente et des producteurs illégaux de marijuana ne sont pas liés au crime organisé, selon un rapport de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues qui sera remis la semaine prochaine au comité de réflexion fédéral sur la légalisation de la marijuana au Canada.

Seulement 5 % des affaires criminelles en rapport avec la marijuana survenues lors des huit dernières années sont liées au crime organisé ou aux gangs de rue, d’après les données gouvernementales citées dans le rapport.

À lire aussi :

Accusations criminelles liées à la marijuana au Canada : grandes variations selon les villes

Le gouvernement Trudeau enclenche le processus de légalisation de la marijuana

Pas de décriminalisation avant la légalisation de la marijuana, dit Ottawa

Les auteurs avertissent que la surestimation du rôle joué par le crime organisé dans l’industrie de la marijuana risque de créer un nouveau cadre trop restrictif et de perpétuer le marché noir.

« Tout vient de la définition du crime organisé. Si vous pensez qu’un groupe de trois personnes réalisant potentiellement des profits est assimilé au crime organisé, alors bien sûr, tout le monde dans l’industrie du cannabis fait partie du crime organisé », affirme Neil Boyd, professeur à l’Université Simon Fraser à Burnaby, en Colombie-Britannique, et coauteur du rapport.

« Mais si vous vous référez au site web du ministère de la Justice du Canada, l’accent est mis sur la corruption et l’utilisation de la force ou de la violence. Vous trouverez très peu de gens dans l’industrie de la marijuana clairement définis comme criminels », ajoute-t-il.

Le rapport encourage aussi le gouvernement à autoriser, lors de la légalisation, la présence de petits cultivateurs et de comptoirs de vente indépendants aux côtés des gros producteurs autorisés par Santé Canada.

Peu d’armes à feu découvertes

En 2011, une étude de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a révélé que, sur 500 affaires criminelles liées à la production de marijuana en Colombie-Britannique au cours des 8 dernières années, seulement 6 % des installations découvertes étaient accompagnés d’armes à feu.

Lindsey Houghton, porte-parole de la section antigang de la GRC en Colombie-Britannique a fait savoir que très peu de gangsters son liés aux délits concernant la marijuana.

Un rapport de l’organisme Cannabis Trade Alliance of Canada remis au groupe de travail fédéral sur la légalisation du cannabis recommande à Ottawa de créer différents permis d’exploitation et exigences de sécurité pour certaines entreprises du secteur, dont les petits producteurs, les entreprises de transformation et les comptoirs de vente.

Selon l’organisme, en incluant ces petits joueurs de l’industrie, le gouvernement a plus de moyens de contrôle et la possibilité de mettre un terme aux activités douteuses.