La Commission Européenne contre la prison pour les usagers (bulgares)
La Commission européenne a exigé que le Parlement de Bulgarie déterminent rapidement ce que devrait être la quantité de drogues constituant la possession personnelle et accepter des mesures pour la décriminalisation de sa possession. Jeudi, le Parlement considérera des changements au code pénal, qui envisage l’emprisonnement de entre 10 et 15 ans pour n’importe qui attrapé avec une substance narcotique, indépendamment de la quantité. La CE a vivement critiqué la Bulgarie pour le manque de différentiation entre la personne dépendante des substances narcotiques et les trafiquants de drogue.
la CE a suggérée que quelque soit la punition pour la possession de drogue, ce ne devrait pas être l’emprisonnement. En Autriche, les gens en possession d’un peu seulement d’une substance interdite pour l’usage personnel sont habituellement orientés pour un traitement dans des centres médicaux, a rapporté le journal bulgare Novinar.
En mars de l’année dernière, l’Assemblée nationale a criminalisé la possession d’une dose simple. De cette façon, les autorités nationales ont placé des dépendants parmi des criminels, à côté des trafiquants de drogue. La semaine dernières quatre organismes non gouvernementaux ont présenté un rapport déclarant que la mesure était inefficace. Presque 2500 personnes ont été détenues pour la possession de drogue la dernière année. Les experts, cependant, ont dit que la cour ne peut pas déterminer lesquels de ces derniers sont des dépendants et qui sont des revendeurs.
06/12/05
Après la Bulgarie, la France ?
On peut se réjouir de la fermeté de la CE envers la Bulgarie. C’est un pays où l’on peut aller en prison pour un joint et où l’absence de réduction des risques pour les injecteurs rend ce séjour risqué en terme de VIH ou de VHC. Le rapport Catania insiste sur les solutions alternatives à la prison pour les usagers. La Commission parle de quantité minimale pour la consommation, c’est un progrès notable. Mais il y a de nombreux pays de l’Union où ces dispositions n’existent pas, à commencer par la France. En théorie, la consommation y est toujours punissable d’un an de prison et certains y vont pour la possession de quantités minimes.
Il est grand temps que l’UE impose une protection minimale des droits des usagers de drogues à tous les Etats membres et laisse la plus grande liberté pour des initiatives locales ou nationales encore plus progressives. La guerre à la drogue tue les usagers et les petits producteurs, corromps des pans entier du système, détruit les libertés individuelles mais ne diminue pas l’offre et surtout la demande. Il est urgent de changer de politique à Sofia, Paris, Bern et surtout Washington.
Laurent Appel