La DEA et le gouvernement américain, pourris jusqu’à la moelle !
DEA, lutte contre les drogues, corruptions, agissements graves, destabilisation du Mexique
Par Raphaël Czarny | publié le 16/01/2014
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Les Etats-Unis ont entretenu des relations avec le plus gros cartel de drogue du Mexique
Des armes et des ballots de cannabis, appartenaient au Cartel de Sinaloa, saisi par les forces de l’ordre américaines, le 31 octobre 2012. REUTERS/ Joshua Lott
Des agents de l’Agence de lutte contre la drogue américaine (DEA), ont eu des contacts avec des trafiquants de drogue mexicains appartenant au cartel de Sinaloa, qui contrôle 25% du marché du commerce vers les Etats-Unis. C’est ce que révèle une enquête du quotidien mexicain El Universal, (relayé pour les non-hispanophones par Business Insider) qui publie des retranscriptions judiciaires dans lesquelles l’avocat Fernando Gaxiola révèle les relations entre Humberto Loya-Castro, avocat du cartel, et des agents de la DEA.
L’avocat a pour client Vicente Zambala Niebla, fils de l’un des principaux dirigeants du cartel, arrêté en mars 2009 au Mexique et extradé ensuite aux Etats-Unis. Manuel Castanon, agent de la DEA, a confirmé ces relations, en indiquant qu’il « a rencontré, le 17 mars 2009, pendant environ 30 minutes dans une chambre d’hôtel de Mexico, Vicente Zambala Niebla et deux autres individus », un autre agent de la DEA, et une source, identifiée par El Universal comme Loya Castro.
Le lendemain, Zambala Niebla était arrêté. Castanon le rencontrait en prison –c’était leur dernière entrevue, au cours de laquelle Zambala « réitéra son envie de coopération ». Il est probable que les révélations de Zambada Niebla soient motivées par la « trahison » des Américains, qui lui auraient promis l’immunité –aucune promesse de ce genre n’a été faite, ont assuré ces derniers. En tout cas, l’arrestation de Zambada Niebla a mis un terme à la coopération entre le cartel de Sinaloa et Washington.
Ce n’est pas la première fois que des informations sur la coopération entre le gouvernement fédéral américain et le cartel de Sinaloa sont rendues publiques. Un mail interne à la compagnie de sécurité Stratford, révélé par Wikileaks, relayé par le Business Insider, montrait que le gouvernement américain avait pris fait et cause avec le cartel de Sinaloa. « Le gouvernement américain a unilatéralement déclaré un vainqueur, ce qui est sans précédent. » Le but de la manœuvre étant de permettre aux différents cartels de négocier, de faire cesser les violences des deux côtés et sur la frontière, et de contrôler le trafic de drogue –le but n’est plus d’y mettre fin, comme l’avait soutenu le porte-parole du gouvernement de l’Etat de Chihuahua dans un article d’Al-Jazeera.
On peut aussi ajouter l’opération Fast and Furious, de 2009 à 2011, au cours de laquelle des armes étaient exportées par le Bureau de l’alcool, du tabac, des armes et des explosifs (ATF) au Mexique dans le but d’identifier les membres des cartels qui achetaient ses armes. Une opération d’infiltration à risque, qui a conduit, le 14 décembre 2010, à la mort de l’agent des Douanes américaines Brian Terry, assassiné par des membres du cartel. Vicente Zambada Niebla a soutenu que cette opération était le fruit d’un accord entre le cartel de Sinaoloa et le gouvernement américain : des armes contre des informations sur d’autres cartels.
Le cartel de Sinaloa contrôle 80% du trafic de drogue à Chicago. Son chef, « El Chapo » Guzman, est devenu, en février 2013, le premier « ennemi n°1 » de la ville depuis Al Capone, en 1929. J.R Davis, président de la commission criminelle de Chicago, avait alors déclaré que « comparé à Guzman, Al Capone ressemble à un amateur ». Guzman était entré en 2009 dans la liste des millionnaires de Forbes, avec une fortune estimée à 1 milliard de dollars. Entre 1990 et 2009, le cartel de Sinaloa a exporté 200 tonnes de cocaïne aux Etats-Unis et au Canada, et en a tiré 5,8 milliard de dollars. Une prime de 5 million de dollars est promise par Washington à celui qui apporterait des informations permettant l’arrestation de Guzman. Selon l’Institut national de statistiques et de géographie mexicain, plus de 95.000 personnes ont été assassinés entre 2007 et 2011 dans le cadre de la guerre menée contre les narcotrafiquants au Mexique.
P.-S.
Oui, certes, l’affaire est compliquée. Mais ce qui est simple à comprendre, c’est que la question des drogues s’est placée au centre des intérêts géostratégiques du grand frère américain, qui, paradoxalement, s’est positionné depuis longtemps comme leader de la lutte antidrogue ;
N’oublions pas que se sont aussi des avions de l’US Army qui transportent l’héroïne produite en Afghanistan. Les sommes d’argent générées semblent permettre le financement d’opérations clandestines non connues et non décidées par le Congrès étasunien.
D’un côté, on fait semblant de lutter contre la drogue (avec toutes les victimes contre lesquelles on ne fait pas semblant) et d’un autre, on fait des drogues une monnaie d’échange, un moyen de contrôle politique et/ou de déstabilisation d’états souverains.
Voici, mesdames et messieurs, la réelle nature de la prohibition ! Quelque chose de très fasciste et de très criminel qui agit hors cadre démocratique ! Ce serait peut-être temps que vous ouvriez tous les yeux !