"La culture hydroponique est à la mode, notamment dans l’Agglomération d’Évreux. Idéal pour les amateurs de culture de cannabis..." par Paris-Normandie.fr
Par Richard Mesnildrey, publié le 25/01/2016 a 22H15
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La culture hydroponique est à la mode, notamment dans l’Agglomération d’Évreux. Idéal pour les amateurs de culture de cannabis...
Société. Avec un équipement et des méthodes de culture appropriées, comme l’hydroponie, il est possible de cultiver en intérieur toutes sortes de plantes, y compris celles que l’on fume. En toute illégalité.
La quasi-totalité des saisies de pieds de cannabis concernent des petits cultivateurs qui produisent pour leur consommation personnelle
Ce système intéresse la Nasa... mais pas seulement ! L’hydroponie, un type de culture hors sol, est à la mode. Dans l’Agglomération d’Évreux, deux magasins spécialisés, dont une enseigne de 300 m², se disputent ce marché qui permet de cultiver son jardin à domicile. Ils vendent des substrats pour remplacer la terre, des lampes imitant la lumière du jour et apportant de la chaleur, des chambres (appelées box) pour stabiliser la température et l’hygrométrie, toutes sortes d’engrais et d’additifs pour améliorer les rendements, des systèmes d’irrigation automatique (goutte à goutte). Sans oublier les conseils les plus avisés...
Des kits complets pour débutants sont également disponibles. Encore plus pratique pour passer inaperçu... Bref, les fumeurs de cannabis peuvent y trouver tout l’attirail nécessaire à une culture en appartement.
Pour leur consommation personnelle
La réalité de ce commerce qui ne dit pas son nom, la police en est parfaitement consciente. Mais elle ne peut rien faire : « Ce type d’activité commerciale est parfaitement légal. Il n’a besoin ni d’autorisation, ni d’habilitation », reconnaît un membre de la sûreté départementale. Ces enseignes se gardent bien de tout prosélytisme en faveur de la culture du cannabis et ne proposent pas de graines. Elles n’ont d’ailleurs pas intérêt à en vendre car elles pourraient alors se voir reprocher de faciliter ou d’inciter à la culture du cannabis, ce qui est interdit ».
Plus de 90 % des saisies de pieds de cannabis cultivés en appartement concernent des personnes qui produisent pour leur consommation personnelle. Elles ne cultivent que quelques pieds. « La plupart du temps, ce sont des gens qui ne veulent pas avoir à se rendre dans les quartiers pour acheter leur drogue auprès d’individus peu recommandables », poursuit notre interlocuteur, qui estime qu’il n’y a pas « de profil particulier » chez les consommateurs.
Jusqu’à 100 pieds !
Mais la police intercepte aussi des « jardiniers » dont l’ampleur des cultures indique clairement qu’ils sont aussi revendeurs : « À l’automne 2014, nous avons saisi une centaine de pieds dans un local commercial près de l’ancien hôpital Saint-Louis », se souvient le fonctionnaire. Pour rappel, l’offre et la cession de stupéfiants sont des délits passibles d’une peine de dix ans de prison.
En cas de saisie, le matériel est détruit, pour un préjudice non négligeable parfois : « Cultiver à grande échelle représente un investissement conséquent. » Mais il faut aussi avoir la main verte, constatent les policiers : « Beaucoup s’essayent à la culture de cannabis mais peu y parviennent. » Car comme le sait tout jardinier, il faut être tous les jours à l’ouvrage si on veut obtenir du rendement. Cannabis ou pas !
Richard Mesnildrey
Surprenante législation
Graines
Sur la question de la détention de graines de cannabis, la législation est pour le moins surprenante : « Il n’est pas interdit d’acheter des graines. Ce qui est interdit, c’est de les faire germer », assure un membre de la sûreté départementale. Autrement dit, de les cultiver.
Où ?
Trouver des graines n’est de toute façon pas d’une grande difficulté. Elles sont disponibles légalement dans certains pays de l’Union européenne comme les Pays-Bas et, encore plus simple, sur Internet avec un grand nombre de variétés disponibles.