"La députée girondine Michèle Delaunay veut soigner les douleurs d’articulation avec du cannabis"
Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde, mis en ligne le 09 avril 2015
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La députée girondine Michèle Delaunay veut soigner les douleurs d’articulation avec du cannabis
Lors des débats sur le projet de loi de santé à l’Assemblée Nationale en début de semaine, Michèle Delaunay a défendu le développement du cannabis thérapeutique. Elle veut une expérimentation généralisant un médicament dans les cas de scléroses-en-plaque.
Le projet de loi de santé a relancé de nombreux débats à l’assemblée nationale. Un article adopté mardi soir par les députés permet l’expérimentation durant 6 ans des salles de shoots en France. Des salles qui permettront d’assurer des conditions d’accueil correctes pour des hommes et femmes souvent marginalisés dans leur addiction à la drogue. A Bordeaux, deux associations, le Centre d’Etudes et d’Information sur les Drogues et la Case, espèrent pouvoir ainsi mettre à bien des projets muris depuis plusieurs années. Michèle Delaunay veut expérimenter du cannabis thérapeutique
Quant au cannabis thérapeutique, le débat a été relancé au même-moment au Palais-Bourbon par le député écologiste Jean Louis Roumégas. Sa demande de dépénalisation a certes été rejetée par l’Assemblée Nationale, pour autant cela a permis à l’ancienne ministre Michèle Delaunay de défendre l’utilisation du cannabis pour soulager les articulations douloureuses des personnes d’âgées, au moment où le premier médicament comprenant du cannabis arrive dans les pharmacies françaises.
En février 2015, elle prenait déjà position en ce sens sur son blog :
"Dédramatiser l’usage thérapeutique du cannabis pour les adultes, déculpabiliser ceux qui osent en parler, voire le prescrire, en un mot, évoluer."— Michèle Delaunay
Michèle Delaunay souhaite des expérimentations. Faire dériver une drogue en médicament, ça ne devrait pas provoquer de tollé, c’est ce qu’explique Pier Vincenzo Piazza, directeur de recherche Inserm et directeur du neurocentre Magendie à Bordeaux. Il prend l’exemple que tout le monde connait : la morphine qui est un dérivé de l’héroïne.
"Qu’on fasse un médicament avec quelques molécules contenus dans le cannabis dont on a prouvé l’effet thérapeutique, je ne vois pas comment on peut s’opposer à cette idée. On l’a fait pour beaucoup d’autres médicaments." — Pier Vincenzo Piazza
Pier Vincenzo Piazza, directeur de recherche Inserm et directeur du neurocentre Magendie à Bordeaux. Xavier Ridon © Radio France
Enfin les langues se délient remarque Jean-Michel Delille, psychiatre et directeur du Centre d’Études et d’Information sur les Drogues.
Jean-Michel Delille, psychiatre et directeur du Centre d’Etudes et d’Information sur les Drogues. Xavier Ridon © Radio France
"La médecine sait que le cannabis a des effets bénéfiques et négatifs"— Jean-Michel Delille