La psychose cannabique a elle vraiment pour cause le seul cannabis ?
Voici trois articles assez critiques envers le cannabis. Il faut savoir que le gouvernement du Canada fait la chasse aux consommateurs-producteurs de cannabis et, d’autre part, agit aussi de façon à réduire le nombre de consommateurs-producteurs thérapeutique. C’est un pouvoir prohibitionniste qui va pousser à communiquer sur le thème de ce que vous allez lire ici. La psychose dite cannabique est d’officie attribuée à la plante diabolisée sans autre forme de procès. Pour autant il y a quand même quelques choses anormales à rediscuter. On comptabilise comme pour psychose, les bad trips par exemple, alors qu’ils sont sans conséquence psychique future ! Ensuite, il ne semble pas y avoir autant de psychoses cannabiques au Colorado qu’au Canada. Donc l’argument, utilisé ici : "le taux de THC a triplé en 20 ans, le nombre de schizophrène à triplé en 20 ans, c’est bien le THC qui génère ces crises psychotiques, ne tient pas (ne serait valable qu’au Canada ?) ! Mais il y existe vraiment le cas de schizophrénie et on ne comprend pas pourquoi le cannabis semble aider-soulager certain d’entre eux et, pour d’autres, déclencher des crises. Enfin, il ressort souvent que la schizophrénie frappe des individus qui mélangeaient plusieurs substances psychotropes comme alcool, ecstasy, LSD en plus de leur consommation de cannabis. La clef de l’explication des psychoses est peut-être à ce niveau-là !
Premier article :
Par Mathieu Perreault - La Presse, publié le 10 février 2015
http://www.lapresse.ca/actualites/s...
Cannabis : que dit la recherche ?
Depuis une quinzaine d’années, une foule d’études sur le risque de psychose lié... (PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)
Depuis une quinzaine d’années, une foule d’études sur le risque de psychose lié au cannabis ont été publiées. Le risque est réel, s’accordent à dire les chercheurs. Mais certains avancent que seule la consommation précoce pose réellement problème. Une chose est sûre : ceux qui ont des parents proches schizophrènes ou psychotiques devraient éviter le pot.
CONSOMMATION PRÉCOCE...
Le cannabis est-il dangereux seulement pour les adolescents ? C’est le débat qui divise les chercheurs spécialistes du lien entre pot et psychose. « Notre étude a montré que le risque de psychose disparaît si la consommation de cannabis débute à l’âge adulte, dans la vingtaine », explique Louise Arseneault, une psychologue du King’s College, à Londres, qui a publié plusieurs études sur le sujet il y a une dizaine d’années. « Ça pourrait être parce que le cerveau des adolescents est plus vulnérable, ou alors parce qu’ils sont plus susceptibles de faire une grosse consommation. »
OU RISQUE ÉGAL POUR TOUS
Stanley Zammit, de l’Université de Cardiff en Angleterre, qui a participé à des études suédoises de longue durée sur le sujet, pense que si on tient compte de l’effet cumulatif du cannabis sur le cerveau, il n’y a pas de différence de risque entre les adolescents et les adultes. « Certaines études sur des rats suggèrent que leur cerveau est plus sensible aux effets du cannabis à la puberté qu’à l’âge adulte, mais il n’y a pas pour le moment de données solides à cet effet chez l’humain. »
AUTOMÉDICATION
Le taux de tabagisme chez les schizophrènes est extrêmement élevé, de l’ordre de 80 %, ce qui est une forme d’automédication. Et si c’était la même chose pour le cannabis ? « Certains schizophrènes rapportent qu’ils fument du cannabis pour se relaxer et se défaire d’idées négatives », indique Wayne Hall, un psychologue de l’Université de Queensland en Australie qui a publié plusieurs méta-analyses sur le cannabis et les psychoses. M. Hall, Louise Arsenault et Stanley Zammit s’accordent pour dire que l’automédication de la psychose avec le cannabis existe, mais qu’elle n’explique qu’une faible partie du risque.
SOLDATS SUÉDOIS
La première étude qui s’est intéressée au risque de psychose associé au cannabis a été publiée à partir de la fin des années 80, à partir de 20 ans de données sur les conscrits de l’armée suédoise - les derniers résultats sont sortis l’an dernier. Depuis une quinzaine d’années, des études ont été publiées à partir d’une dizaine de suivis de cohortes importantes. Une douzaine de méta-analyses regroupant plusieurs études sur le sujet. En moyenne, la consommation de cannabis est associée à un risque deux à trois fois plus élevée de psychose.
GÉNÉTIQUE
Le groupe de Louise Arseneault a montré que les fumeurs de cannabis n’ayant pas un gène de susceptibilité à la schizophrénie et à la psychose n’ont pas plus de risque de psychose que la population en général. « Si le risque de psychose augmente de 2 à 3 fois avec le cannabis, ça veut dire que pour la population en général, le risque passe de 1 % à 2 % ou 3 %, dit Mme Arseneault. Mais quand on a un parent proche, qui souffre de psychose ou de schizophrénie, le risque avec le cannabis passe de 10 % à 20 % ou 30 %. C’est énorme. »
EN CHIFFRES
13 % : Proportion des psychoses qui serait due à la consommation de cannabis en Australie
Deux à trois fois : Augmentation du risque de psychose liée à la consommation de cannabis, en tenant compte des risques familiaux et de la consommation d’alcool, selon plusieurs études
7,8 % : Proportion des patients ayant un diagnostic de troubles psychotiques en Australie qui sont dépendants au cannabis
Six fois : Risque accru de schizophrénie chez les Suédois ayant consommé plus de 50 fois du cannabis avant l’âge de 18 ans
TAUX DE THC
La hausse du taux de THC depuis les dernières décennies est souvent invoquée pour expliquer la hausse des hospitalisations. Selon des études américaines et hollandaises, le taux de THC a quadruplé depuis 40 ans. On ne connaît toutefois pas le taux associé aux psychoses, souligne Wayne Hall. « La hausse pourrait diminuer le risque de psychose parce que certains utilisateurs abandonnent le cannabis rapidement après les premiers essais, dit M. Hall. C’est un bon exemple des effets néfastes de la prohibition du cannabis : il n’est pas réglementé et on ne peut pas cibler les gens les plus à risque. »
EFFETS COGNITIFS
Les psychologues sont récemment passés de l’étude des psychoses liées au cannabis à ses effets cognitifs. Une étude néo-zélandaise a notamment conclu que les fumeurs de pot qui commencent tôt à l’adolescence et continuent durant l’âge adulte ont un QI de huit points moins élevé que leurs pairs abstinents (les deux tiers de la population ont un QI entre 85 et 115). Ceux qui commençaient à fumer à l’âge adulte n’avaient pas de problème de QI. « Des études neurologiques semblent montrer que l’usage continu de cannabis affecte les régions du cerveau impliquées dans la mémoire et l’attention », note Wayne Hall.
Second article :

Publié le : 2015-02-10 08:40:00 Auteur : François Coulombe-Giguère
Le cannabis envoie de plus en plus de Québécois à l’hôpital

Le cannabis est une drogue qualifiée de douce, mais elle n’est pas sans danger.
Selon La Presse, le nombre de Québécois hospitalisés après avoir fumé un joint a quadruplé en 10 ans. L’an dernier, 628 personnes ont été hospitalisées, parfois en violente psychose.
La majorité des cas hospitalisés sont des hommes de 18 à 25 ans.
Selon les données du ministère de la Santé, la durée moyenne de l’hospitalisation est de 10 jours : le patient est isolé pour laisser passer les symptômes, et au besoin, il est pris en charge par le Centre de réadaptation en dépendance de Montréal.
HAUSSE INQUIÉTANTE ?
Oui selon plusieurs professionnels de la santé.
Selon le ministère de la Santé, au début des années ’70, on ne rapportait qu’une trentaine d’hospiptalisations par année suivant une consommation de marijuana.
Le Dr Gilles Chamberland, psychiatre à l’Institut Philippe-Pinel, explique cette hausse d’hospitalisations par la hausse du THC présente dans le cannabis depuis les dernières décennies. Ce taux a triplé depuis les années ’70 selon une récente étude de l’Université de Montréal.
La dépendance au cannabis est un phénomène bien réel et souvent banalisé : 6,8% des Canadiens de 15 ans et plus sont dépendants.
Troisième article :
Par Marie-Claude Malboeuf, publié le 10 février 2015
« Moi, je suis comme allergique au pot »
Bruno avait 15 ans quand le cannabis l’a conduit à l’hôpital psychiatrique, l’été dernier.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
« Quand je regardais mon frère, son oeil n’était pas à la bonne place dans son orbite ».
« Je voyais le visage de mon prof d’été tout déformé ».
« Les élèves qui se parlaient entre eux m’envoyaient des messages. »
L’air sage avec ses cheveux en brosse, Bruno énumère calmement ses hallucinations. L’adolescent de Laval-des-Rapides avait 15 ans quand le cannabis l’a conduit à l’hôpital psychiatrique, l’été dernier. Il en est ressorti seulement un mois et demi plus tard. Abonné aux antipsychotiques.
Bruno (qui préfère taire son nom de famille) gobait aussi de l’ecstasy. Mais c’est du cannabis qu’il fumait le plus souvent possible. C’est le cannabis qui lui manquait à l’hôpital. Et c’est le cannabis qui le met encore en danger.
Dès que les médecins lui ont permis de passer un week-end à l’extérieur, Bruno a convaincu son meilleur ami de lui vendre un peu d’herbe. « Il ne voulait pas, à cause de l’hôpital, mais je lui ai dit que sinon, c’était la fin de notre amitié ».
« Il paraît qu’à mon retour à Sacré-Coeur, j’étais vraiment perdu. Les médecins m’ont mis dans une chambre d’isolement avec juste un lit, quatre murs et une fenêtre bloquée. Je faisais des push-up pour leur prouver que j’allais bien, mais l’effet était malade. C’est comme s’il y avait quelque chose qui grandissait et grandissait dans ma tête pour pouvoir exploser. »
Bruno a appris qu’il ne pourrait rentrer chez lui avant de compléter une thérapie. « J’ai regardé le médecin comme si j’allais le tuer, se souvient-il. Mais après, j’ai décidé d’y aller, juste pour faire taire les autres. »
Depuis son automne au centre pour adolescents Le Grand Chemin, Bruno voit les choses autrement. « Maintenant, dit-il, je sais que je ne suis pas comme les autres, que moi, je suis comme allergique au pot. Je sais qu’une seule fois, c’est une fois de trop. »
La main d’un avatar
Maintenant, Bruno comprend aussi qu’il s’est mis à fumer pour combler le vide laissé par son père, reparti à l’étranger sans sa famille. « J’avais 13 ans quand mon grand frère et mon cousin m’ont passé mon premier joint. Je cherchais un modèle. Mon meilleur ami a voulu essayer lui aussi. Et après, c’est tout ce qui l’intéressait. Il ne voulait plus faire de skateboard. J’ai embarqué pour ne pas me retrouver seul ».
« Après, j’ai commencé à avoir besoin de mettre de la drogue dans mon corps. Quand je fumais, je me sentais invincible, supérieur... J’étais convaincu que tous mes rêves se réaliseraient. Je pensais que mon frère était Dieu, que c’était mon guide spirituel ».
« Tu prends ça pour calmer ton anxiété, mais ça t’en prend toujours plus. »
Un jour, après avoir mêlé ecstasy, cannabis et cocaïne, Bruno se sent carrément basculer. Le garçon échoue à deux examens du Ministère et s’enfonce de plus en plus dans la paranoïa. Il pense qu’il va mourir en entendant une élève dire que l’école la tue. Il quitte son cours d’été en sanglots.
Quand Bruno implore sa mère de l’emmener au pavillon Albert-Prévost, en juillet, son grand frère s’y trouve déjà. « Il m’a déjà montré sa main en me disant qu’il était un avatar. Il était maigre ; il faisait peur », raconte le Lavallois.
Le grand frère a fui son centre de thérapie dernièrement. Bruno, lui, est de retour à l’école. Il a recommencé à faire des blagues, à se passionner pour le basketball, à écouter du rap. « Je voudrais être chanteur, pour exprimer ce que j’ai vécu. En même temps, j’ai un peu peur que la musique ma ramène à la drogue. Ça me donne beaucoup le goût d’en prendre, mais je dois rester plus fort que mes envies. »
P.-S.
Bref, il y a beaucoup de manipulation dans ce contexte rapporté, beaucoup de suppositions, en tous cas, présentées comme véracité ! Et parfois, un vocabulaire adapté à susciter l’idée que le cannabis est forcément néfaste !
Par exemple (extrait) : Des études neurologiques semblent montrer que l’usage continu de cannabis affecte les régions du cerveau impliquées dans la mémoire et l’attention.
Pourquoi" affecte" ? Pourquoi ne pas simplement dire interfère ! Dans le bulletin IACM, les dernières études contredisent les précédentes à ce sujet : le cannabisme n’induit aucune réduction de taille du cerveau et n’affectent pas le QI ! Et pourquoi aussi ne citer que les vielles études qui condamnent le cannabis et pas les récentes qui l’innocentent déjà un peu plus !
Alors, le cannabis cause de psychoses ? Ce qui est exact, lorsqu’on étudie la chose, c’est qu’on ne dispose pas assez d’éléments d’études et de recherche pour pouvoir vraiment l’affirmer ou l’infirmer .
Moi aussi j’ai fait ma petite enquête : que dit la Recherche (la toute dernière étude en date faisant le point) ?
Réponse :
IACM-Bulletin du 08 Février 2015
Science/Homme : L’alcool pourrait être le lien entre psychose et cannabis
Dans une étude prospective incluant 341 sujets présentant un risque élevé de développer une psychose, les chercheurs ont relevé que la consommation de cannabis était associée à un risque plus élevé de psychose, mais que cet effet était partiellement médié par l’usage concomitant d’alcool. Les chercheurs ont écrit : « les résultats indiquent le besoin de contrôler la consommation d’autres produits, afin de ne pas surévaluer le lien entre cannabis et psychose. »
The Zucker Hillside Hospital, Glen Oaks, USA.
[Auther AM, et al. Acta Psychiatr Scand. 9 janvier 2015. [sous presse]
>http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/...]
Je me souviens d’un cannabis réputé être causeur de psychose, pas à tous les coups, mais souvent. En fait, comment voulez-vous qu’un cannabis provoque à coup presque sur des psychoses, même à des gens habitués à en fumer ? C’est un truc connu dans tous le nord de l’Afrique et cela s’appelle la drogue des voleurs ou des violeurs ! Et bien c’est très simple : l’ordure qui fait cela mélange de la datura locale avec n’importe quel cannabis et vous propose d’en fumer. Dans le meilleur des cas, vous vous réveillerez avec une amnésie complète de ce qui s’est passé dans les dernières 12 à 24 heures. Mais dans le pire, vous vous retrouvez dans un état de psychose qui, même traité médicalement, peut durer plusieurs semaines.
Comprenons que comme au Colorado, les gens fument des produits de qualité (contrôlés et non adultérés) et qu’il n’y a apparemment pas autant de psychoses qu’au Canada, par exemple (pays fortement répressif), on peut se poser la question de savoir si des adultération de dérivés cannabiques peuvent être un facteur principal de cause de psychose, de même que la consommation conjointe d’autres psychotropes et d’alcool !
JLB