Le Monde Blog : Jean Costentin dénoncé comme un politicien populiste !
Critique des académies françaises (médecine et pharmacie - Costentin). Des propos qui confortent ceux de nos précédent articles sur ces institutions et sur le sieur Costentin ! On apprend aussi la possible transformation d’un académicien en politicien populiste, confortant par là-même, l’image d’un Jean-Marie Le Pen que j’en avais brossée ! CQFD !
Le 14 avril 2014
http://drogues.blog.lemonde.fr/2014...
A propos de Pierre Chappard et de Jean-Pierre Couteron
CANNABIS : l’abus (de polémique) nuit gravement à la santé !
L’Académie nationale de médecine avait consacré sa séance du 25 mars 2014 au cannabis et aux nouveaux cannabinoïdes de synthèse. Nous n’avions pas réagi, tant sur ce sujet elle persiste dans des avis monothématiques qui listent des dangers et exhortent à la sanction. Celui-ci ne déroge pas à la règle, il prône une pédagogie soutenue en direction des jeunes que personne ne conteste, une vigilance particulière au sein des établissements psychiatriques et le refus de toute concession vis à vis de « ceux qui contribuent à l’expansion de cette toxicomanie ». Il désigne deux cibles nouvelles : les achats sur internet de graines ou nouveaux cannabinoïdes de synthèse et la vente aux mineurs du matériel permettant la culture et la consommation.
Le docteur Didier Jayle, fort de son expérience de président de la MILDT de 2002 à 2007, a répondu par un argumentaire détaillé, s’attirant une violente diatribe d’un des académiciens, Jean Costentin, qui elle, mérite réaction. Les attaques contre Nicole Maestracci et Didier Jayle qu’elle comporte inquiètent sur une possible transformation d’un académicien en politicien populiste. Faut-il y voir la conséquence d’une trop forte exposition aux vapeurs du CERU , ce Think tank où il retrouve le député Bernard Debré et des membres de l’Union Nationale Inter-universitaire ?
C’est à l’Académie de se prononcer. Nous nous contenterons du débat, qui mérite mieux que ces éructations. Le premier reproche fait à cet avis est de ne pas suffisamment prendre en compte l’évolution de la société pour comprendre pourquoi les jeunes Français sont à ce jour parmi les plus gros consommateurs de cette drogue. La réponse de Costentin est pure polémique : c’est la faute à Jayle et à Maestracci ! Que peut-on essayer d’en dire ?
D’abord que l’augmentation de la consommation de cannabis se fait entre 1990 et 2000 n’a pas été limitée à la France puisqu’elle a touché dans cette période l’ensemble des pays européens. Or ces mêmes années sont celles où les sociétés européennes connaissent d’importantes transformations, avec la montée en puissance d’un environnement addictogène, celui d’une « industrialisation du plaisir » selon l’expression d’Yves Michaud, récupération par un marketing triomphant et un marché tout puissant des idéaux libertaires des années 1960 .
Ensuite qu’il y aurait beaucoup à apprendre en regardant comment chaque pays s’est adapté à ce mouvement. En France, la baisse est amorcée par Nicole Maestracci en 2002/2003, alors qu’elle laisse sa place à Didier Jayle. Elle s’accentue pendant le mandat de celui-ci jusqu’en 2007, avant qu’une reprise de la consommation soit observée entre 2008 et 2011-2012. Pour être précis, il faudrait distinguer en détail les tendances de consommation, en distinguant par exemple, l’expérimentation (essayer le cannabis pour la première fois) et la consommation régulière, il faudrait interpréter ces tendances selon l’âge : devenir usager régulier ne comporte pas les mêmes risques à 15/16 ans, à 17 ans ou à l’âge de la majorité, à fortiori chez le jeune adulte.
Enfin ces tendances de consommation n’ont pas affecté toutes les régions françaises de la même manière. Mais si l’on s’en tient à l’exemple des jeunes de 17 ans et de leurs usages dits réguliers, la tendance 2008-2012 confirme cette reprise : hausse du tabagisme et de l’alcoolisation, net ralentissement de la baisse de la consommation régulière de cannabis, contrairement à nos voisins, ce qui explique le mauvais classement final.
Le deuxième angle de la critique de Didier Jayle pointe les limites d’une approche strictement prohibitive qui « ne fonctionne pas dans les pays démocratiques » et transforme les principes doctement énoncés par l’Académie en autant de vœux pieux. Costentin feint d’y voir un abandon de toute volonté de régulation et répond par un éloge du « modèle suédois », avec là encore une formule politique « là où il y a une volonté il y a un chemin ». Que ce soit Lénine ou un autre qui l’ait prononcée, cette formule sonne étrangement dans le champ des addictions où elle entretient la confusion entre volonté et motivation comme principal moteur du changement de comportement.
Quand au modèle suédois, il se caractérise certes par des niveaux d’usage de cannabis faibles… mais avec des budgets de prévention hauts, contrairement à la France ; un accès à l’alcool très surveillé, avec des horaires de ventes régulés dans des boutiques étatisées mais des problèmes de santé aigus chez les usagers les plus en difficultés, une culture de l’alcoolisation tout aussi aiguë, etc…
Comparons les politiques nationales, mais pas une seule sous un seul angle, sans prendre en compte l’ensemble des caractéristiques du modèle. Il serait aussi intéressant de reprendre, avec un interlocuteur plus ouvert au débat, l’intérêt d’un interdit éducatif pour dissuader les usages précoces qui sont aussi les plus dangereux. Ni Nicole Maestracci ni Didier Jayle n’en ont jamais nié l’intérêt. Mais un tel interdit peut être différemment posé et n’est pas obligatoirement synonyme de prohibition ou de pénalisation de tous les usages et de tous les types usagers. Ne pas accepter d’y réfléchir revient à se priver de trouver des solutions nouvelles.
La troisième critique n’est même pas discutée par Jean Costentin qui préfère répéter les mesures d’interdictions réclamées par l’Académie en faisant mine de croire que Didier Jayle se désintéresse des publics concernés, malades mentaux, jeunes, accidentés de la route. Or ce sont pourtant de ces orientations de la réponse publique qu’il faudrait débattre pour aider ces publics.
Nicole Maestracci avait initié la nécessité de considérer tous les usagers et les différents types d’usage, tabac, alcool, cannabis et autres, sur la base de connaissances scientifiques validées. Elle avait ainsi lancé l’addictologie, réorganisant et modernisant les réponses de santé et de prévention.
Didier Jayle avait créé des consultations simple d’accès, ouvertes aux jeunes et aux familles, les Consultations Jeunes Consommateurs, anonymes et gratuites dans tous les départements, et, avec France Lert, il avait initié la première recherche clinique sur une psychothérapie du cannabis qui a depuis a été validée scientifiquement. Dans ces politiques, il s’agissait d’adapter le dispositif médico-social pour une réponse plus précoce, dès les premières expérimentations tout en répondant mieux à l’usage intensif, de soutenir les familles et de poser des limites, tout en communiquant sur les risques.
Etienne Apaire, qui présida la MILDT pour la période 2007-2012, a privilégié l’application de la loi et à la défense de l’interdit, préférant les stages collectifs payants aux Consultation Jeunes Consommateurs individualisées par exemple, communiquant largement sur les dangers des substances et sur les sanctions. Mais face aux résultats décevants, il a relancé les CJC dont Danièle Jourdain-Ménninger, la présidente actuelle, fait une des principales priorités du nouveau plan gouvernemental et de son approche intégrée.
L’expertise de l’Académie de Médecine pourrait être utile, mais elle ne saurait être exclusive. Et ses membres devraient s’interroger sur le sens de réponses aussi haineuses, dévoilant peut-être une conséquence grave de l’abus de polémique cannabis chez certains d’entre eux : la perte de la capacité à écouter l’autre.
P.-S.
Oui, un point de vue de la troisième voie qui s’interroge sur le coté extrémiste et haineux du personnage mais ne va pas trop loin à creuser la question. A contrario, la seconde voie pense que c’est pire encore : qu’il y a complot contre le chanvre et celui-ci est de nature fasciste. Et des institutions comme ces deux académies, sont infestées soit de gens comme Costentin, cheval de Troyes d’industries pharmaceutiques, soit de naïfs personnages addicts aux titres, aux honneurs et aux bons gueuletons ! Or, le discours de Costentin - dans sa construction - se colle parfaitement à celui d’un certain Hitler, Adolph Jacob de ses prénoms !
Note : la lecture des commentaires de cet article est .. stupéfiante ... et je vous la recommande. Un commentaire précise ce que je pense du fond de mon cœur :
Vous êtes trop gentils avec le dr. Costentin. N’y prêtez pas attention. L’académie de médecine n’a plus aucune légitimité. Je ne connais aucun confrère qui écoute ses recommandations. Comme cet exemple le prouve amplement , l’académie est un centre politique, et pas médical. Il faut vraiment jouer des coudes pour se faire élire à ce qui n’est plus que l’équivalent pour la médecine de l’académie française à…. Rappelez le moi.
Mais sur un registre plus intéressant je vous conseillerais de vous intéresser aux applications médicales du cannabis. Elles sont vastes mais toutes particulièrement intéressantes en oncologie. Les récepteurs cannabinoïdes sont très répandus dans le corps et boostent l’immunité quand stimulés par un concentré d’huile de cannabis.
Ayant la chance de vivre dans une région du monde ou la cannabis est légal j’en prescris à certains de mes patients , dont moi même ( je parle ici de l’huile de la plante et non de l’huile des graines).
La médecine académique à depuis longtemps cesse de s’intéresser aux malades pour se concentrer sur ses partenaires les labos. Rappelez vous toujours qu’il n’y a pas de brevet pour le cannabis qui est une substance naturelle. Et que des profits énormes peuvent être générés en le maintenant dans l’illégalité. Je ne suis pas bien évidemment favorable à l’abus, mais à une consommation soit médicale, soit de plaisir âgés modération ( comme l’alcool). À noter que l’huile de cannabis n’a aucun effet psychique.
C’est aux français eux même de prendre le débat en main, et de laisser l’académie aux gérontes inutiles.
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