Le cannabis en traitement de la lèpre par Seshata

La lèpre est une maladie causée par les bactéries Mycobacterium leprae et Mycobacterium lepromatosis, qui appartiennent au même genre que la bactérie de la tuberculose M. tuberculosis. Il se trouve que Seshata a déjà écrit un article fort fouillé sur cette maladie pulmonaire. Le cannabis qui traite la tuberculose traiterait donc aussi les bactéries "cousines" (génétiquement proches) et c’est un remède connu depuis ... très longtemps. Au final, ce n’en est pas étonnant puisque ce sont tous des "germes à Gram positif", catégorie pour laquelle certains cannabinoïdes sont des antibiotiques naturels efficaces !


Publié par Seshata le 10 novembre 2014

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Le cannabis comme traitement de la lèpre

La lèpre est une maladie causée par les bactéries Mycobacterium leprae et Mycobacterium lepromatosis, qui appartiennent au même genre que la bactérie de la tuberculose M. tuberculosis. Historiquement, le cannabis a toujours été utilisé pour traiter la lèpre qui touche l’humanité depuis des millénaires et infecte encore des centaines de milliers de personnes chaque année.

Qu’est-ce que la lèpre ?

La lèpre est censée se transmettre entre humains par le biais des gouttelettes nasales expulsées lorsque l’on éternue, mais elle est considérée comme l’une des maladies infectieuses les moins contagieuses toutes infections confondues. Il s’agit d’un parasite intracellulaire obligatoire, ce qui signifie qu’il a besoin d’un hôte vivant pour survivre ; ainsi, la transmission entre individus suppose une étroite proximité permettant aux gouttelettes respiratoires d’être rapidement inhalées par les personnes non infectées.

Sans organisme hôte, la bactérie ne peut survivre au-delà de quelques heures. 90 % des personnes sont censées être naturellement immunisées contre la lèpre, seule la population restante est censée avoir une prédisposition génétique pour cette maladie. Sur ces 10 %, seulement 10 % seront un jour contagieux.

L’ancienne léproserie de Carville, Louisiane, devenue aujourd’hui un musée de la lèpre (également appelée maladie de Hansen) – (© Tom Barnes)

La période d’incubation de la lèpre est habituellement de 3 à 5 ans (bien que dans certains cas rares les symptômes de la maladie peuvent apparaitre en seulement quelques semaines après l’infection). Elle touche habituellement des populations vivant dans la pauvreté, probablement en raison du surpeuplement (mais également à cause de l’immunodéficience imputable au manque d’installations d’assainissement efficaces et à la pollution de l’eau) ; elle est plus courante dans les régions humides tropicales.

Étonnamment, la Louisiane et le sud-est des États-Unis sont considérés comme une région endémique, avec environ 200 nouveaux cas diagnostiqués chaque année et une colonie de lépreux en activité à une époque aussi récente que l’année 1999.

Facteurs de risque et symptômes de la lèpre

On ne sait pas exactement comment la lèpre a été initialement transmise à l’homme, mais on s’accorde généralement sur le fait qu’il s’agit d’une zoonose (une maladie qui se transmet d’une espèce à l’autre, en particulier entre espèces non humaines et humains). En Amérique du Nord, la plupart des nouveaux cas sont imputables au tatou à neuf bandes, et plusieurs espèces de primates y compris les chimpanzés et les macaques se sont avérés avoir contracté naturellement la lèpre.

Les symptômes de la lèpre sont graves et défigurants. Les lésions de la peau enflammées et granulomateuses (composées de petits « nodules ») sont habituellement les premiers signes de l’infection de la lèpre. Sans traitement, ces lésions seront permanentes, et progresseront jusqu’à affecter de grandes surfaces de peau. L’inflammation progressive peut finalement entraîner une neuropathie périphérique, une peau craquelée et squameuse et des difformités des extrémités, car le cartilage est réabsorbé par le corps.

Outre la peau, la lèpre affecte également les muqueuses du système respiratoire et les yeux. Bien qu’elle ne soit pas considérée comme mortelle, elle peut affaiblir le système immunitaire et endommager la peau, ouvrant la voie à des complications secondaires et des infections qui peuvent entrainer la mort. Traditionnellement, la lèpre était plutôt considérée comme une « mort vivante » du fait que les malades peuvent survivre.

La lèpre est-elle encore un problème de nos jours ?

Dans la majeure partie du monde, à mesure de l’amélioration des pratiques médicales et des réseaux d’assainissement, la lèpre a reculé. Pourtant, la maladie continue de toucher des centaines de milliers de personnes dans les pays en voie de développement (et dans certaines régions du monde développé, comme la Louisiane). Entre 2010 et 2012, on estimait le nombre de nouveaux cas de lèpre à environ 230 000 chaque année. Au total, le nombre de personnes souffrant de la lèpre dans le monde est estimé à 189 000 cas (estimation 2013). Depuis 1995, l’Organisation mondiale de la Santé a mis en œuvre la disponibilité gratuite d’une thérapie multimédicamenteuse dans tous les pays.

La lèpre est une maladie défigurante qui suscite un certain ostracisme dans de nombreuses communautés, en particulier dans le monde développé (© Wen-Yan King)

Le premier médicament important contre la lèpre a été l’antibiotique diaminodiphenylsulfone, mais au fil des décennies la maladie a développé une certaine résistance au traitement, nécessitant une approche multimédicamenteuse (MDT) qui est désormais généralisée. Bien que la MDT soit actuellement extrêmement efficace, plusieurs cas de lèpre résistante au traitement multimédicamenteux sont apparus au cours des dix dernières années environ au Brésil, au Japon, à Haïti, en Indonésie, au Pakistan, aux Philippines et à Hawaï.

Histoire du cannabis en tant que traitement de la lèpre

Plusieurs maladies et affections notables ont été traitées de façon traditionnelle avec du cannabis sous une certaine forme, dont on retrouve les traces à maintes reprises dans des textes historiques issus de sources remarquablement variées. La lèpre est l’une de ces affections, de même que l’inflammation, la fièvre, la diarrhée, les parasites intestinaux et la tuberculose.

Le Pen-tsao kang-mu (Bencao gangmu) ou Abrégé de Materia Medica, un texte chinois de l’époque médiévale (rédigé par Li Shizhen en 1578, sous la dynastie Ming), considéré comme le texte le plus complet jamais écrit sur la médecine traditionnelle chinoise, mentionne le cannabis comme traitement de la lèpre.

En médecine traditionnelle malaisienne, on faisait macérer du cannabis avec des graines d’Hydnocarpus anthelmintica, une autre espèce indigène (souvent utilisée pour traiter les parasites intestinaux), et on l’administrait pour traiter la lèpre. Des textes arabes font également mention du cannabis comme traitement du vitiligo et de la lèpre, et l’on en fumait apparemment de copieuses quantités afin de soigner la lèpre en médecine traditionnelle mexicaine, le curanderismo.

Le Shushruta Samhita, un texte médical ancien très estimé censé avoir été écrit autour de l’an 600 av. J.-C. en Inde, comporterait des références au cannabis en tant que traitement de la lèpre. On lui attribue par ailleurs une référence à la substance vijaya (souvent assimilée au cannabis), mais pour le traitement du catarrhe et de la diarrhée ; cependant, la traduction anglaise que l’on peut consulter en suivant ce lien ne fait nullement mention de cela. Le Rajavallabha, texte ayurvédique du 17e siècle, mentionne également le cannabis en tant que traitement de la lèpre.

Similitudes entre la lèpre et la tuberculose

La bactérie de la lèpre et celle de la tuberculose appartiennent au même genre, Mycobacteria. Les espèces du genre Mycobacteria sont habituellement considérées comme des bactéries à Gram positif, car elles possèdent une paroi cellulaire cireuse, bien qu’elles ne retiennent pas la coloration par le violet de gentiane comme c’est le cas pour la plupart des bactéries à Gram positif. Toutefois, le cannabis a démontré certaines propriétés bactéricides contre plusieurs bactéries à Gram positif, dont la Mycobacterium tuberculosis.

Bien qu’aucune étude moderne n’ait apparemment observé les effets antibactériens du cannabis sur la M. leprae ou la M. lepromatosis, l’étroite similarité entre les deux espèces mériterait des recherches approfondies. Comment utiliser le cannabis dans les programmes de traitement de la lèpre

Une entreprise chinoise, la Hemp Fortex Foundation, a déjà pris acte des propriétés antibactériennes potentielles du chanvre en envoyant 720 paires de chaussettes en coton et chanvre biologique au Leprosy Project de Sichuan. À mesure que notre compréhension des propriétés antibactériennes du chanvre progressera, nous pourrions bien assister à d’autres cas de ce genre au cours des années à venir, en particulier dans les pays en voie de développement comme la Chine où la lèpre reste encore un problème, et où des idéologies archaïques et le manque de connaissances médicales mènent à l’ostracisme et à la souffrance, ce qui pourrait être évité dans la majeure partie du monde développé.

La lèpre continue de faire souffrir beaucoup de monde dans les pays en voie de développement comme l’Inde (© Stuck in Customs)

La lèpre figure encore parmi des douzaines de maladies humaines qui peuvent actuellement être tenues en échec en utilisant un arsenal limité d’antibiotiques, mais qui ont commencé à développer une résistance même aux traitements MDT les plus complexes. Les traitements actuels contre la lèpre sont généralement très efficaces, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas là matière à développer de nouvelles stratégies de traitement, en particulier si la fréquence des cas de lèpre résistante aux thérapies multimédicamenteuses augmente. Le cannabis, avec ses propriétés antibiotiques avérées contre les mycobactéries, est un candidat idéal pour de plus amples recherches.

P.-S.

Complément d’infos :

Une description sommaire de l’utilisation du cannabis dans le traitement de la lèpre : ici  !

A propos, pas la peine d’utiliser le Chaulmoogra pour se fabriquer un tel médicament. Attention, ce qui suit reste assez empirique et théorique. Ce médicament n’a jamais été utilisé comme tel. Je ne souhaite à développer ici que des propos à l’adresse de ceux qui voudraient essayer de mettre au point cette forme de thérapie. Un traitement efficace devrait théoriquement s’inspirer de la description suivante :

La "recette" correspond à un composé unique qui servira autant à un traitement interne (absorbé) et externe (sur les parties atteintes). La maladie est donc attaquée sur deux fronts avec combinaison d’effets thérapeutiques différents (antibiotique, désinfectant, antiinflammatoire, dopage du système immunitaire, combattre les carences alimentaires et en vitamines d’huile, etc. ....)

Il est constitué d’une base huileuse qui servira de solvant. Celle-ci devrait être principalement constituée d’huile de graines de chanvre de qualité alimentaire (connue pour ses propriétés régénératrices de la peau et son bonne action sur le système nerveux central grâce à l’acide gamma linéïques et l’acide linoléïques). Cette huile est la plus fine du monde végétal et permet une absorption parfaite par la peau et parties de chaires à vif. Dans la pratique, rien n’empêche d’y rajouter un peu d’huile d’olive. L’huile de chanvre ranci vite et doit être conservée au froid. Il semblerait que l’octroi d’huile d’olive retarde un peu ce rancissement mais cela reste à vérifier.

Cela va sans le dire que dans l’idéal, les huiles utilisées seront issues de l’agriculture biologique, pressées à froid, de qualité alimentaire et utilisées rapidement en conservant la chaine du froid.

Cette base huileuse sert à deux préparations distinctes.

Pour la première préparation :

Cette huile recevra une grande quantité de fleurs moulues parfaitement séchées au préalable (carboxylation effectuée). Toute les opérations se font à températures ambiantes : du pressage de l’huile de graines de chanvre, au séchage des fleurs et à leur macération dans l’huile et demandent donc du temps. Je pense que 3 semaines à un mois de macération sont nécessaires en remuant régulièrement le contenant. Un simple pressage et filtrage, toujours à froid, suffit ensuite. Le médicament est prêt pour son usage interne et externe. Cette macération est donc riche en THC et en CBD.

Pour la seconde préparation :

On fait strictement la même chose que précédemment, mais avec un cannabis tout juste séché (quelques jours de séchage seulement) et coupé avant maturité totale des fleurs (avec les trichromes encore tous transparents). Résultat : nous obtenons de composés cannabinoïdes transitoires, souvent sous une forme acide, qui sont eux aussi dotés de propriétés thérapeutiques spécifiques. On peut affirmer que ces molécules viennent en renfort (complément) des précédentes pour élargir le spectre d’activité et renforcer l’action thérapeutique. De même que pour les terpènes, on leur suppose un effet désinfectant puissant.

(Note 1) Au sujet des trichomes, cette description vous aidera à acquérir les connaissances minimales sur le sujet. Juste à savoir que nous cherchons à réaliser l’inverse de ce que la page soutient : eux ils veulent du THC et du CBD, nous non (les même molécules mais sous la forme transitoire dite "acide").

Théoriquement, le médicament en tant que tel, consiste à un mélange 50/50 de ces deux huiles chargées de principes actifs cannabinoïdes et de terpènes. Sous cette forme, il est ingérée et aussi badigeonné (ou massé) en application locale. Pour les cas graves, des bains sont possibles. L’huile d’usage externe peut être brulée après utilisation, ce qui résout le problème du stockage et celui de la désinfection. On peut imaginer des hôpitaux avec des chaudières ou générateurs électriques, brulant ainsi ces huiles usagées sur place et fur et à mesure de leur production. C’est juste histoire de rentabiliser la chose au maximum.

Combattre les carences alimentaires :

L’huile macérée de fleurs ne combat pas, hélas, le fléau de la faim. C’est lui qui, dans la majorité des cas, affaiblit suffisamment les corps qui deviennent ensuite sensibles à ce genre de maladies horribles. La solution est politique et économique et on peut affirmer qu’une mauvaise alimentation, du moins un "accès restreint aux formes variées d’alimentation saines" serait plus exact, est la base de la plus grande partie du problème de la lèpre. Ce qui n’empêche pas que la maladie est d’elle-même potentiellement contagieuse mais la résolution du problème alimentaire réduirait beaucoup, beaucoup ... de cas (répétition volontaire) !

Bref l’huile macérée ne peut pas vous nourrir. L’affirmer serait du charlatanisme. Mais c’est sans compter sur la Bonté de la Nature ou de Dieu, selon le concept que l’on adopte, qui semble avoir prévu le cas ! C’est qu’il va falloir beaucoup d’huile pour traiter tous ces malades. Plus les patients victimes d’autres pathologies qui pourraient adopter aussi cette recette ... une mer d’huile ... !

J’arrête de tourner autour du pot : voici de la jugeote à la Bernard Rappaz, comme il me l’a appris : "quand on presse la graine, on obtient l’huile. Le résidu de presse, nom ingrat parce que cette matière est très précieuse, consiste en un tourteau très riche en protéines qui s’avère en outre être un excellent complément alimentaire. On peut en faire des barres céréalières sucrées ou salées et de la farine pour l’incorporer dans toutes sortes de plats et sauces ... et même d’en faire du pain et des gâteaux !

L’huile de graines de chanvre ne nourrit pas, mais indirectement, le résidu de presse, le fait de façon succulente et parfaite. Le fait est connu : par exemple, l’Australie a par deux fois, échappée à une famine grâce aux graines de chanvre ! Je ne donne pas de liens comme cela, ceux qui doutent, cela les fera chercher !

Dans l’alimentation animale, cela fait des siècles que l’on connait l’avantage de l’utilisation de la graines de chanvre (cannabis, c’est la même) et de ses tourteaux. Enfin, lorsqu’il y a beaucoup d’excédent de tourteaux "périmé", il devient alors un excellent engrais azoté et nutritif pour les cultures. La boucle est bouclée : la nature nous l’a donné, on lui rend progressivement le tout en entier !"

Comprenez que si vous distribuez, à des crèves la faim, des barres de céréales chocolatées par exemple, ou caramélisées, même salé, qu’importe ! ... ils vont l’aimer votre traitement. Parce que je ne sais pas si vous avez vu dans quel état la maladie place les gens qui en sont atteint : ils ne peuvent ni travailler, ni s’auto-débrouiller pour survivre !

Droit au soin et prohibition des drogues :

Ce programme serait simple et assez rapide à mettre en œuvre, même dans les pays les moins riches, mais cela nécessite quand même au préalable, que l’on dispose d’une semence de chanvre développant des plantes riches en CBD et THC, alors que la prohibition mondiale des drogues rend la chose impossible.

Dans le principe du droit français, par exemple, je n’ai même pas le droit de vous publier cette recette ! La loi m’interdit tout prosélytisme et le fait d’encourager à consommer une préparation qui contient du stupéfiant est défini par la loi comme une forme de prosélytisme. "L’encouragement" est par ailleurs directement réprimé !

Je vous le demande "entre quatre-yeux" : qui, ici, est criminel ?

L’argument des politichiens (*) français consisterait en : " ... l’efficacité de ces médications, n’est pas prouvée, il n’y a pas d’expérience réalisée ... blablabla et une autorisation d’utilisation et une autre de mise sur le marché demandent 5 ans de plus et coutent environ 2 millions d’euros ..." Tout est fait pour que de telles expériences n’aient jamais lieu tant que certaines forces obscures qu’il reste à définir, ne l’auront pas autorisé ! Pendant ce temps, des gens souffrent et meurent, que ce soit la lèpre, des cancers ou d’autres maladies !

La recette que je viens de vous donner : ils n’ont cas l’essayer puisque ce sont ces gens qui influent sur les autorisations ! Si cela fonctionne ... des études nous le diront ! Mais pour cela, il faut qu’elles soient réalisées et que l’État français se "magne un peu le popotin" avec ses labos de recherches !

Alors, effectivement, produire un médicament efficace et à bas coût, qui de plus s’intègre dans le développement économique des pays : hé, cela soigne et nourrit des gens, mais cela va doper aussi l’agriculture et le fisc des pays concernés ! Produire un médicament à bas coût, disais-je, cela ne va pas plaire, mais alors pas du tout, aux démons de certaines industries pharmaceutiques, qui représentent aujourd’hui le dernier carré à soutenir idéologiquement comme financièrement, la Prohibition !

JLB

(Note 2) Politichiens(*) : parce qu’ils obéissent bien aux donneurs d’ordres … ! Brave bébêtes ! Les politiciens intègres ne sont pas concernés !