Le chanvre (cannabis) contre ma maladie le SIDA.

Ma plaidoirie et mon coup de gueule à la société :

J’ai récemment été arrêté dans le canton de Fribourg, en possession de 25gr de cannabis destiné à ma consommation personnelle pour atténuer les symptômes de mon SIDA... Je tenais à mettre en ligne ma plaidoirie laquelle j’ai rédigé en vue de la faire parvenir en recours à l’amende que je vais recevoir. J’attends de vous qui lisez ce message et m’approuvez, vos conseils, soutiens et messages divers.

J’ai découvert le chanvre (cannabis) il y a environ 6 ans à Genève, alors que je suivais des traitements lourds de trithérapies contre ma maladie le SIDA. Je suis maintenant malade depuis bientôt 9 ans et rentier de l’assurance invalidité fédérale à 100% depuis 3 ans. Il ne me reste plus que 12% d’immunité et je dois faire face à de nombreux problèmes de santé notamment un manque d’appétit, des candidoses à répétitions et toutes les répercussions que cette maladie peut avoir sur mon état physique global et mental. Je ne me considère en aucun cas comme un toxicomane et suis en pleine possession de mes facultés mentales.

Bien plus qu’une récréation et sans compter son effet relaxant, fumer ou boire le cannabis en infusion est pour moi une nécessité, une thérapie naturelle complémentaire me permettant d’atténuer largement les symptômes de ma maladie ainsi que de combattre les effets secondaires des traitements médicaux chimiques (drogues), comme on utiliserai l’homéopathie en complément thérapeutique. Le seul plaisir que je tire de ma consommation, est de constater que je me sens mieux physiquement et psychologiquement et que je peux par ce biais avoir un espoir de vie plus longue et une qualité de vie améliorée.

Je n’ai jamais incité, ni prôné la consommation de cannabis à quiconque et la mienne est strictement personnelle et ne rentre en ligne de compte que dans ma vie privée. Je ne sors pas de chez moi si j’ai fumé. La consommation à mon domicile de cette plante, stimule mon appétit ce qui me permet d’avoir suffisamment de protéines et de vitamines dans mon corps puisqu’un séropositif à un besoin accru de ces éléments par rapport à une personne saine, aussi pour aider à lutter contre les nausées, les maux de têtes, les douleurs diffuses et tous les symptômes que provoquent à la fois prise de médicaments et le SIDA. Je ne consomme aucune autre "drogue" considérée comme stupéfiant. En outre, mes maux psychologiques dus au rejet de la société me pèsent plus lourds que mes maux physiques. Je ne sors de chez moi que pour faire mes courses, voir ma famille ; je n’ennuie personne car on me fuit pour la majorité des gens qui me considèrent comme un pestiféré. C’est malheureusement encore à notre époque le prix à payer de son humble honnêteté d’avouer son état d’une maladie qui reste honteuse dans les esprits. Je ne revendique pas le statut de martyr mais on s’écarte de mon chemin, on détourne le regard de moi, on m’évite... Je suis honteux de la société dans laquelle j’évolue où la répression pénalise les plus démunis. Je ne demande qu’à être tranquille et que l’on me laisse "vivoter" à ma manière, que l’on me laisse accéder aux purs et simples plaisirs qu’il me reste dans une solitude qui ne m’affecte guère ensuite de nombreuses auto révolutions psychologiques faites par les épreuves que j’ai déjà du subir sous le regard et les médisances des gens.

Je demande une clémence et une indulgence toute particulière de mon cas, concernant votre jugement et demande à être entendu à ce sujet si cette lettre ne devait pas vous toucher votre bon sens, votre sensibilité humaine. M’empêcher d’atténuer les symptômes de mon SIDA par la consommation de cannabis, c’est se rendre complice à me condamner à mort. De cette manière, je porte responsable les autorités de participer à un homicide volontaire par votre politique de répression visant aussi les personnes malades consommant des substances dites "stupéfiantes" pour l’amélioration de leur quotidien, alors que les médecins peuvent prescrire des "drogues" plus destructrices que le cannabis.

Mon statut social de rentier AI me permet à peine de subvenir à mes besoins fondamentaux et de pouvoir me nourrir correctement afin d’apporter à mon corps ce dont il a besoin pour pouvoir lutter contre la maladie. Ma consommation de chanvre fait partie intégrante de mon budget depuis 2 ans et je me prive de bien des plaisirs quotidiens pour essayer de vivre le plus longtemps possible, sans compter les angoisses terribles d’une fin de vie à court terme. J’ai 33 ans.

Vous comprendrez aussi aisément qu’il m’est parfaitement impossible de régler votre amende et vos frais. Sans vouloir être arrogant ni anarchiste, je suis prêt à faire de la prison ou accomplir un travail d’intérêt publique pour payer la seule faute d’avoir essayé d’améliorer ma santé, celle d’avoir eu en ma possession le cannabis qui me permet de me sentir mieux physiquement et psychologiquement. Je me battrai jusqu’à ma fin si il le faut pour faire jurisprudence par rapport à la loi lacunaire et votre jugement. Je considère en effet n’avoir rien à perdre que ma vie.

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