Le dilemme avec le chanvre

La Conseillère Nationale verte-libérale Saint-Galloise Margrit Kessler est insatisfaite avec la politique des drogues d’aujourd’hui. Afin de faciliter l’accès au cannabis pour des patients souffrant elle demande à la Confédération le lancement d’un projet pilote pour la distribution médicale de chanvre.

Ostschweiz am Sonntag, 4. janvier 2015, Roger Braun / traduction : Chanvre-Info.ch

(foto) Stupéfiant et médicament en même temps : le spray buccal Sativex, le seul médicament à base de chanvre qui est admis en Suisse, et sa matière première le cannabis. La Conseillère Nationale verte-libérale Saint-Galloise Margrit Kessler est insatisfaite avec la politique des drogues d’aujourd’hui. Afin de faciliter l’accès au cannabis pour des patients souffrant elle demande à la Confédération le lancement d’un projet pilote pour la distribution médicale de chanvre.

Sans doute, le potentiel médical du chanvre est grand. Des estimations parlent de dizaines de milliers de personnes en Suisse qui pourraient profiter de l’effet anti-douleur et relaxant de cette plante. L’effet positif de cette herbe est bien prouvé dans la thérapie anti-douleurs, lors de sclérose en plaque, lors des spasmes musculaires ou de la nausée. Chez des patients souffrant de cancer ou du sida le chanvre peut aider à regagner l’appétit.

Le problème du cannabis : il ne peut être utilisé non seulement comme médicament mais aussi comme stupéfiant. Le chanvre est donc interdit en Suisse s’il dépasse une teneur de THC d’un pour cent.

Mais le législateur a laissé une ouverture : ce stupéfiant interdit peut être utilisé dans le secteur médical, mais les obstacles bureaucratiques sont massifs. Trop massifs, trouve la Conseillère Nationale Margrit Kessler. Elle a rendu une motion au parlement titrée « Cannabis pour des malades graves » qui demande un projet pilote pour la distribution par l’état de Cannabis naturel. Par cela elle aimerait terminer la bureaucratie et rendre ce médicament plus payable.

Aujourd’hui des malades graves peuvent demander une permission exceptionnelle auprès de l’Office Fédéral de la Santé afin de pouvoir acquèrir un médicament à base de cannabis par leur médecin. Dans ce cas le médecin doit prouver que le patient souffre d’une maladie grave, que l’effet positif du médicament est prouvé et que des autres médicaments n’ont pas ou moins d’effet. A part cela le pharmacien fournisseur, le fabriquant et le producteur des chanvre ont besoin d’une permission.

Permission spéciale nécessaire

Actuellement trois médicaments disposent de ces permissions : le Dronabinol, la teinture de cannabis et l’huile sativa. Il existent deux pharmacies qui vendent ces produits : la pharmacie de la gare à Langnau de Manfred Fankhauser et la pharmacie à la chêne à Herisau. Ces médicaments n’ont pas reçu de licence par Swissmedic, l’instance de contrôle de médicaments. Ils sont fabriqués spécifiquement pour chaque patient. Cela a l’avantage que l’application n’est pas limitée à une indication. Les produits peuvent être donnés à des patients avec des maladies diverses.

Un médicament avec licence

Le cas est différent chez des médicaments avec licence. Il ne peuvent être appliqués que pour une indication spécifique. Il existe un médicament qui est admis le spray buccal Sativex pour des patients avec sclérose en plaques. Si on est souffrant de cette maladie on peut acheter ce spray avec une ordonnance dans une pharmacie (sans permission spéciale). Pour tous les autres souffrants rien ne change. Et même si on a reçu du Sativex les caisses maladies ne sont pas obligées à rembourser les frais, parce qu’il n’est pas sur la liste officielle.

Margrit Kessler Conseillere national, vert'liberal

Tout cela fâche Margrit Kessler : « ces possibilités sont insuffisantes si le cannabis reste impayable pour les patients concernés et les caisses maladies ne sont pas obligées à payer les frais. » Il faudrait donc ce projet pilote pour la distribution de cannabis naturel.