Le haschisch est entré au collège
Lieu d’information et de prévention, le collège est aussi devenu, après le lycée, un lieu de propagation de la drogue chez les très jeunes adolescents. Une réalité particulièrement sensible en Bretagne. Différentes enquêtes montrent, qu’en quelques années, l’expérimentation d’une drogue (essentiellement du haschisch) s’est répandue chez les lycéens, mais aussi chez les collégiens. Le phénomène est particulièrement net en Bretagne où, au minimum, 70.000 jeunes sont touchés et la quasi-totalité concernés. 42,5% des fumeurs de H se sont initiés avant l’entrée au lycée
"Adolescents, enquète nationale" M. Choquet, S. Ledoux (Institut national de la santé et de la Recherche médicale).
"Les conduites déviantes des lycéens" R. Ballion (Observatoire francais des drogues et des toxicomanies).
"Fonctionnement des collèges et prévention des conduites à risques" P. Lacombe, G. Charrier et G. Arzel (Développement d’études sociologiques et sportives).
Haschisch + alcool : le couple infernal
"Celui là, c’est clair, il ne rentrera pas dans la Marine". Le capitaine Delacour, de la brigade des stups à Lorient, déboule d’un bureau voisin où il a sur le gril un jeune trouvé porteur de 15 g de H. Le commissaire Klimt, patron de la sûreté, opine du chef. Tous les deux sont sur la même longueur d’onde. A la fin de l’été, accompagnés d’une dizaine de collègues, ils n’ont pas craint d’intervenir au plus fort du congrès des Verts contre un stand qui vantait les mérites du chanvre au motif qu’il y avait là infraction à la législation sur les stupéfiants. Il ne s’était trouvé personne pour les en empêcher, ni après coup - " à une exception " - pour leur en faire grief. Cet incident illustre à sa façon le fossé qui s’est creusé entre les acteurs du répressif et les tenants d’une certaine permissivité. Les policiers ne cachent pas qu’ils se sont couverts à un niveau élevé de leur hiérarchie et du parquet.
Quand les soirées dérapent
Ce retour sur image, deux mois plus tard, a pour témoin, c’est un hasard, le capitaine Djurado, de la mission de lutte antidrogue, venu animer à Lorient des réunions d’information à destination des profs et des élèves. Le capitaine n’a pas d’état d’âme et il n’ose même pas imaginer une dépénalisation. Il sait aussi que la prévention est difficile et participe d’une "ingérence" dans la vie du jeune. Mais comment lui parler ? "Si vous communiquer autour de l’axe drogue-santé, ce n’est pas la peine. Le jeune, il est mort de rire ; entre 14 et 18 ans, il ne sait même pas qu’il est mortel. Non, mieux vaut lui parler de la découverte de l’autre". Cet autre, c’est la fille (ou le garçon) que l’on rencontre le vendredi lors d’une soirée. La soirée commence par l’alcool (bière, tequila, gin, vodka…) et se poursuit par le haschisch. "C’est indissociable. Même si le jeune ne le veut pas, la pression de la conformité du groupe est la plus forte". Souvent, la soirée dérape. "Tout le monde ne se marre pas. Certains sont malades. Ca tourne aussi à la baston".
Ce genre de soirée initiatique amène 10% des jeunes à prendre l’habitude du H et, sur ce nombre, 2 % iront vers des drogues dures. "Certains jeunes finissent par comprendre que la relation avec l’autre est tronquée", commente le capitaine Djurado. Un argument qui portera autant que la mise en garde sur la scolarité, l’absentéisme matinal ou l’échec. Car il y a des jeunes qui fument leur premier pétard avant 8 heures, avant d’entrer en classe. Ils ont 16-17 ans. Ils ont déjà un pied dans l’échec scolaire. Ferdi Motta
J’en connais un à qui ca ne va pas plaire du tout, c’est Arnaud, du CIRC Bretagne, qui ne va pas tarder à rebondir.... A suivre !!