"Le « roi du cannabis » débarque à Montréal" par La Presse.ca
Par Tristan Péloquin - La Presse, publié le 07 février 2016 à 05h00 | Mis à jour le 07 février 2016 à 12h10
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Le « roi du cannabis » débarque à Montréal
Le propriétaire d’une chaîne de magasins de cannabis en Colombie-Britannique et en Ontario, Don Briere, prévoit depuis longtemps ouvrir une boutique à Montréal. Photo Darryl Dyck, archives La Presse Canadienne. Ma Presse.
Don Briere, un homme d’affaires au lourd passé criminel à la tête d’une chaîne qui a pour ambition de devenir le Tim Hortons de la marijuana, s’apprête à ouvrir un magasin de cannabis à Montréal.
Dans une entrevue accordée à La Presse, l’homme de 64 ans, qui a fait quatre ans de prison pour avoir exploité illégalement un vaste réseau de culture de cannabis en Colombie-Britannique, a juré qu’il était sur le point de signer un bail dans un espace commercial du centre-ville.
Sa chaîne, Weeds Glass & Gifts, profite en Colombie-Britannique d’une zone grise touchant les lieux de vente de cannabis à des fins médicales. Elle compte une vingtaine de magasins à Vancouver et Toronto, dans lesquels toute personne majeure peut se procurer - sur la foi d’une simple lettre signée par un naturopathe - du cannabis sous toutes ses formes. Dans un des magasins de Toronto, il est même possible de consommer du pot sur place, pour la somme de 5 $. Les policiers y ont d’ailleurs mené une descente, le mois dernier. Deux des copropriétaires ont été arrêtés, mais M. Briere, épargné par la frappe, a promis de rouvrir l’établissement rapidement.
« Nous sommes en phase d’expansion, et Montréal fait partie de mes plans depuis longtemps, » -Don Briere, propriétaire de la chaîne Weeds Glass & Gifts
Il répète depuis l’élection de Justin Trudeau qu’il souhaite ouvrir de nouveaux commerces à Montréal, Québec, Calgary, Edmonton et Toronto.
« Je vous assure que nous allons signer le bail à Montréal au cours des prochains jours », affirme celui qu’on surnomme le "King of cannabis" en Colombie-Britannique. « Nous avons trouvé l’endroit. Il ne nous reste qu’à repeindre et à installer les barreaux dans les fenêtres. Nous visons la mi-février ou, au pire, la fin du mois, pour l’ouverture. »
Récemment, l’Association industrielle canadienne du cannabis médical (AICCM), qui représente les intérêts des 27 producteurs de marijuana autorisés détenant un permis de Santé Canada, a formellement demandé au gouvernement fédéral de faire fermer la centaine de dispensaires médicaux qui ont poussé comme des champignons au pays. L’entreprise de M. Briere, en particulier, est dans la ligne de mire de l’Association, qui dénonce le fait que Weeds Glass & Gifts s’approvisionne auprès d’une trentaine de petits producteurs de cannabis ne détenant aucun permis.
« Ce que fait M. Briere, c’est carrément illégal, tranche Colette Rivet, directrice de l’AICCM. La marijuana produite par nos membres est inspectée, contrôlée et ne contient aucun contaminant. Nous avons mis en place un système de rappel, pour assurer la sécurité du public. Les entreprises comme celle de M. Briere vendent un produit qui ne répond pas à ces standards », déplore-t-elle. Adam Greenblatt, directeur de la Clinique Santé-Cannabis de Montréal, craint par ailleurs que l’attitude « cowboy » de Don Briere ne nuise à la cause des dispensaires de cannabis. « Je suis parfaitement d’accord pour que les dispensaires médicaux de marijuana deviennent des lieux de vente de cannabis récréatif, mais il faut des règles strictes », croit-il.
ADOLESCENTS ET HELLS ANGELS
Les magasins de M. Briere ont la réputation d’être particulièrement laxistes en matière de contrôle. Des enquêtes du Vancouver Sun ont révélé qu’il était possible de s’y procurer du cannabis sans même avoir de carte d’assurance maladie. En avril dernier, des policiers de Vancouver ont déclaré, dans des documents de cour, avoir vu une adolescente s’y procurer de la marijuana sans que son âge soit vérifié par le personnel.
Toujours selon le Vancouver Sun, Don Briere aurait par ailleurs été menacé en avril dernier par des membres des Hells Angels, qui voulaient l’empêcher d’ouvrir un commerce au centre-ville de Vancouver. L’enquête aurait avorté devant le refus de l’homme d’affaires de collaborer. M. Briere dément aujourd’hui la véracité des faits rapportés dans la plainte.
ÉCHEC D’UNE CHAÎNE DE VANCOUVER
Contrairement à Vancouver et Toronto, qui ont vu une centaine de dispensaires de marijuana à des fins médicales pousser sur leurs territoires ces dernières années, Montréal a échappé à ce phénomène. La chaîne de dispensaires Eden Medicinal Society, de Vancouver, a tenté d’ouvrir un magasin rue Amherst à Montréal, l’an dernier, mais les policiers ont fait fermer le commerce en janvier 2015, après quelques semaines d’exploitation.
Seul le Centre Compassion de Montréal, boulevard Saint-Laurent, semble épargné par les frappes policières.
« La guerre contre le pot est terminée, croit cependant Don Briere. Nous avons élu un gouvernement qui veut légaliser le cannabis. Mes magasins perçoivent la TPS et la taxe de vente provinciale, et nos employés paient des impôts sur leurs salaires. Si on tente de nous forcer à fermer, nous dénoncerons vigoureusement ce geste en plaidant qu’il s’agit d’un gaspillage criminel d’argent public », ajoute-t-il.
Don Briere en cinq temps
1972-1976
Accusé en Colombie-Britannique de possession de narcotiques dans le but d’en faire le trafic, de possession d’armes à feu prohibées et de blanchiment d’argent.
1999
Reconnu coupable d’avoir exploité l’un des plus vastes réseaux de production de marijuana en Colombie-Britannique, il écope de quatre ans de prison.
2004
En liberté sous condition, Don Briere ouvre à Vancouver le café Da Kine, où on peut se procurer de la marijuana facilement. Le SWAT finira par débarquer et fermer l’endroit. Après trois ans de procédures judiciaires, l’homme d’affaires écopera de deux ans et demi de prison.
2005
Toujours incarcéré, il se présente comme candidat du Parti marijuana aux élections provinciales de la Colombie-Britannique. Il obtiendra 243 voix.
2012-2013
Il se lance dans les dispensaires médicaux. Sa chaîne Weeds Glass & Gifts devient rapidement l’une des plus importantes du pays. L’homme d’affaires vend ses franchises 50 000 $, mais s’assure de garder la moitié des actions et de conserver l’exclusivité sur l’approvisionnement et sur le paiement des salaires des employés.
P.-S.
Hum ... voici un article qui fait preuve d’un certain parti-pris. Je vais le tourner en dérision : trois choses différencient les Hells Angels des membres des autorités qui sont proche du camp Harper (le premier ministre qui vient de perdre les élections) : l’abondante pilosité des Hells, le fait d’avoir une moto ou non et le caractère officiel que les Hells n’ont pas. Pour le reste, ce sont des individus de la même sorte. Notons toutefois que les Hells sont bien moins hypocrites (sur leur nature criminelle) que ces gangsters des gouvernements (Etat fédéral et Etats locaux) et que les membres prohibitionnistes des gouvernements sont souvent bien moins violents que les Hells ou que leur violence s’exprime plutôt à travers leurs lois.
Cela fait 75 ans environ que le cannabis est interdit au Canada. Ils ont tout fait - de pères en fils - pour le maintien ad æternam de cette situation mais maintenant - devant la pression populaire - sont obligés de plus ou moins légaliser cette plante et dans l’urgence, essayer de s’accaparer le plus gros du gâteau que représente ce nouveau secteur économique.
Et pour cela tous les coups sont bons ... par exemple, refaire ressortir le passé judiciaire de Don Briere. Ce sont eux qui l’on mit en prison pour des faits cannabiques. Il n’a jamais braqué de banques, cet homme ... le coup est maladroit car l’individu passerait alors plutôt pour une sorte de "Robin des Bois" qu’il est, à propos !
Autre chose : les titres sont montés de façon fallacieuse, par exemple : ADOLESCENTS ET HELLS ANGELS. Une mineure aurait été livrée en cannabis. C’est dommage que l’on n’ait pas une photo de la jeune fille (c’est interdit, je crois, au Canada, de publier une photo de mineure dans la Presse), parce-que vous avez quelques filles de 16-17 ans qui en paraissent parfois 22 ou 23. Je veux dire : c’est le seul cas que l’on puisse lui reprocher alors que l’homme était particulièrement surveillé puisque la police travaillait contre lui comme on l’apprend dans le développement titre suivant : "ÉCHEC D’UNE CHAÎNE DE VANCOUVER". Donc, « ADOLESCENTS » au pluriel (avec un s) ne correspond pas à la réalité.
Je pense aussi qu’il est interdit à de simples particuliers ou commerçants, de demander une pièce d’identité à un particulier. Sous réserve que je me trompe car je suis français et ne connais pas toutes les lois du Canada. C’est un pays organisé en système fédéral et chaque État peut y légiférer ses propres lois et chaque villes de chaque État - pour tout compliquer - peut alors y imposer les leurs ainsi que leurs règlements. C’est pour cela, par exemple, que certaines villes persécutent les dispensaires médicaux et que d’autres ne le font pas.
Pour les HELLS ANGELS, alors que le titre aurait pu laisser croire qu’il les fréquentait, c’est au contraire comme victime d’eux qu’il aurait pu avoir à les rencontrer et j’attire votre attention sur tout le conditionnel employé dans la grammaire des phrases. L’Homme a démenti et le journal ne peut donc pas étayer sa thèse a la lumière d’une moindre preuve. Généralement, on attribue ces procédés à du « Journalisme Jaune » !
A propos du titre « ÉCHEC D’UNE CHAÎNE DE VANCOUVER » : le rédacteur annonce un échec un peu comme si Don Briere avait fait faillite. Tous les rédacteurs et médias malintentionnés, mettent en pratique les conclusions d’une étude qui explique que pas loin de 40% des lecteurs ne lisent vraiment que les titres, et encore, les premiers d’un article. Peu vont donc jusqu’au fond des choses … Pourtant, si vous creusez un peu dans le développement de ce titre, vous apprendrez que c’est la police qui a fait fermer ces magasins. Comment alors exercer sainement dans ces conditions … ?
Franchement, la qualification de « Journalisme jaune est ici à peine exagérée. A bien gratter dans l’article, on y découvre plutôt une « enquête à charge » où le côté « décharge » est complétement occulté.
Don Briere n’est peut-être pas un saint, il a peut-être un aspect opportuniste et capitaliste, mais il n’est probablement pas le gangster que cet article laisse entendre. Il a tout de l’activiste têtu et fier mais qui a un sens des affaires plus affuté que la moyenne des activistes de son domaine. Moi je pense que le but de cet article est de présenter en négatif, un redoutable concurrent qui s’opposerait à une hyper réglementation propre à ne favoriser que l’expansion du secteur pharmaceutique (enfermant la porte aux petits producteurs et autres clubs de compassion ne vendant pas leurs produits et ainsi qu’à l’autoproduction pour des raisons d’hygiène de produits - présence de contaminants). Dites-donc : c’est une « embrouille » de bas-étage maquillée sous le couvert de la Santé Publique … Qu’est-ce que les autorités canadienne en « avaient à foutre » de la qualité de l’herbe pendant plus de 75 ans … ? Et aujourd’hui, c’est une question qui les sensibilise ? Monsieur Tristan Péloquin vous nous prenez un peu pour des imbéciles …
JLB
Journalisme jaune : Presse au service de … , utilisation de mensonges et exagérations et faits non prouvés, utilisation de titres qui ne correspondent pas à la réalité ou au développement qu’il en est fait dans les articles qui les contiennent.
Définition de Wikipédia (extrait) :
" ... Le journalisme jaune, ou presse jaune, est une sorte de journalisme ou de presse qui présente des nouvelles de faible qualité et qui mise sur des techniques tape-à-l’œil afin, notamment, de mieux vendre1. À l’origine, il tire son nom de la couleur du papier utilisé autrefois par les journaux pratiquant ce type de journalisme2[réf. insuffisante].
Les techniques couramment utilisées consistent à exagérer la nouvelle, faire de la médisance ou axer sur le sensationnalisme1. Par extension, journalisme jaune est utilisé de nos jours comme une expression péjorative pour dénoncer tout journalisme qui traite la nouvelle de manière non professionnelle ou non éthique ..."
Lire un article "plus neutre" sur le même thème :
Un homme d’affaires veut devenir le « Roi du cannabis » à Montréal, par Huffington Post Québec, publié le 07 février 2016