"Le trentenaire faisait pousser du cannabis, sa belle-fille collégienne le dénonce" par la Montagne

Un coup à lui coller deux mois de colonie en Irak ou en Syrie cet été, à la gamine, rien que pour lui apprendre à vivre ! Ho, c’est une future "procureure", cette collégienne ! Ou une future gendarmette ...


Par Stéphane Barnoin, publié le 02 mars 2016

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Le trentenaire faisait pousser du cannabis, sa belle-fille collégienne le dénonce

Le père de famille faisait pousser une quinzaine de plants chez lui. - BARLIER Bruno

Parce qu’il faisait pousser du cannabis chez lui, un Puydômois a été condamné à trois mois de prison ferme par le tribunal correctionnel clermontois. Originalité du dossier : l’homme a été dénoncé par sa belle-fille collégienne.

Du haut de ses 35 ans, il compile déjà une quinzaine de condamnations, notamment pour vols et délits routiers. Cette fois, changement de registre : le chétif père de famille était poursuivi, lundi, pour usage et détention de stupéfiants.

Pour remonter jusqu’à lui, les gendarmes de la compagnie d’Issoire n’ont pas eu à chercher bien loin. L’homme a été dénoncé par sa belle-fille de 14 ans auprès de la principale de son collège, fin 2015. « C’est quand même pas commun », souligne le président Maury.

Selon les confidences de l’ado, le trentenaire amateur de verdure cultivait du cannabis au domicile familial, tout près des chambres des enfants. Une perquisition menée le 24 novembre confirme son récit : sur place, les militaires découvrent quinze plants naissants, ainsi que deux chambres de culture et tout le matériel du parfait jardinier.

« Quand même pas des thuyas ! »

« À l’époque, j’étais sous bracelet électronique (suite à une précédente condamnation, NDLR), je pouvais pas aller à gauche à droite pour acheter le shit que je consommais. C’était donc plus simple de le faire pousser à domicile », explique le prévenu aux cheveux hirsutes.

Pas dénuée de bon sens, la stratégie n’en reste pas moins illégale. Pris la main dans le(s) pot(s), l’homme est aussitôt placé en garde à vue et perd le bénéfice de son aménagement de peine. Il est incarcéré depuis trois mois et comparaissait donc détenu, avant-hier, devant les juges.

« Mon client n’est pas un trafiquant, il venait de débuter sa culture lorsqu’il s’est fait prendre. Les plants ne mesuraient que quelques centimètres, ce n’étaient pas quand même des thuyas !  », relativise Me Portal en défense. Et d’interroger le tribunal : «  Un dossier d’une telle épaisseur mérite-t-il de prolonger la détention qu’il purge déjà ? »

Les magistrats clermontois ont répondu par l’affirmative. Le trentenaire écope de trois mois de prison ferme supplémentaires.

Stéphane Barnoin