"Les 4 principaux avantages du cannabis pour le traitement de la maladie de Crohn" par Seshata

Publié par Seshata le 26 décembre 2014

sensiseeds.com/fr/blog/les-4-princi...

Les 4 principaux avantages du cannabis pour le traitement de la maladie de Crohn

La maladie de Crohn est un type de maladie intestinale inflammatoire dont on attribue la cause à une combinaison de facteurs bactériens, immunologiques et environnementaux. Il s’agit d’une maladie progressive et incurable, qui entraîne un éventail de symptômes graves et invalidants. De nombreux éléments avérés indiquent que le cannabis peut contribuer à soulager ces symptômes.

Anti-inflammatoire.Dans les cas graves, la maladie de Crohn peut nécessiter l’ablation de sections de l’intestin (© Eric Titcombe)

Les processus inflammatoires constituent le principal mécanisme d’action de la maladie de Crohn. La maladie peut envahir n’importe quelle partie du tractus gastro-intestinal (GI), de la bouche à l’anus. Les zones les plus souvent touchées sont toutefois le côlon et l’iléon (petit et gros intestin), en particulier la section terminale de l’iléon reliée au côlon. Les éruptions inflammatoires chroniques peuvent provoquer de la diarrhée, des saignements et des déchirures de la muqueuse du tractus GI, et des occlusions intestinales. Dans les cas graves, il peut être nécessaire de pratiquer une ablation de certaines parties de l’intestin.

Un grand nombre de personnes atteintes de la maladie de Crohn utilisent le cannabis en automédication, et nombreux sont ceux qui font état d’améliorations subjectives importantes de la majorité des symptômes, y compris la douleur inflammatoire. Nous savons que le système endocannabinoïde régule l’inflammation et que – comme l’intestin abrite des récepteurs cannabinoïdes en forte proportion – ce dernier a un rôle fondamental à jouer dans les maladies inflammatoires du tractus GI.

Dans diverses études, l’utilisation de cannabinoïdes exogènes, dont le Δ⁹-THC et le CBD, s’est avérée activer les récepteurs cannabinoïdes du tractus GI et participer à la réduction de l’inflammation chronique. Les récepteurs CB₁ et CB₂ sont présents dans le tractus GI ; les seconds sont habituellement moins courants que les premiers, mais ils sont présents en concentrations accrues chez les personnes souffrant d’une maladie intestinale inflammatoire. Selon certains, les récepteurs CB₂ joueraient un rôle important dans la modulation de la douleur inflammatoire, en particulier lorsqu’elle prend sa source dans l’intestin.

Antidiarrhéique

La diarrhée, les crampes et les douleurs abdominales sont des symptômes fréquents de la maladie de Crohn (© Evil Erin)

La diarrhée est le symptôme primaire le plus fréquent de la maladie de Crohn. Suivant la partie infectée du tractus GI, les selles peuvent être mélangées à du mucus, du pus ou du sang, et être plus ou moins liquides. La sensation d’envie pressante de déféquer est fréquente et s’accompagne de la sensation d’évacuation incomplète (appelée ténesme).

Le cannabis est utilisé depuis des millénaires pour traiter la diarrhée et la recherche moderne nous a fourni des preuves empiriques de son efficacité. On pense que les personnes atteintes de la maladie de Crohn souffrent de diarrhée en raison de l’inflammation de la muqueuse intestinale (la membrane muqueuse qui recouvre le tractus GI), ainsi que de sécrétion accrue de fluides, d’une altération de la capacité à absorber les fluides et de la présence d’agents bactériens. Les propriétés antibactériennes du cannabis, ainsi que ses propriétés anti-inflammatoires, pourraient expliquer pourquoi il soulage les symptômes de la diarrhée.

Il est probable que l’activation des récepteurs CB₁ dans le tractus GI joue également un rôle important dans l’amélioration des symptômes de la diarrhée, en régulant la motilité intestinale et la sécrétion de fluides ; on pense que cela se produit grâce à l’inhibition de l’acétylcholine libérée par les nerfs entériques (ceux qui se trouvent dans le système nerveux périphérique, qui participe à la régulation du tractus GI). L’acétylcholine, un neurotransmetteur qui remplit un large éventail de fonctions importantes, est bien connue pour favoriser le péristaltisme (motilité intestinale).

Analgésique

Près de 70 % des personnes atteintes de la maladie de Crohn souffrent de douleur chronique. Dans les phases précoces de l’iléite terminale (forme de la maladie de Crohn qui touche l’iléon), les douleurs à la partie inférieure droite de l’abdomen sont fréquentes et souvent confondues avec l’appendicite. La douleur est généralement la conséquence de l’inflammation chronique, mais peut également être imputable à un déchirement ou une dénudation de la muqueuse intestinale, une distension abdominale ou des occlusions intestinales.

La maladie de Crohn peut également infliger des douleurs intenses au malade (© A30_Tsitika)

En agissant directement sur l’inflammation, en réduisant la gravité de la distension abdominale et en soulageant les symptômes de la diarrhée grâce à une diminution des spasmes intestinaux et à l’inhibition de la production de fluides, le cannabis peut aider à soulager les symptômes de la douleur chez les malades.

Bien qu’aucune étude officielle n’ait été menée à ce jour sur les effets du cannabis sur la douleur associée à la maladie de Crohn, plusieurs questionnaires et sondages réalisés auprès de patients ont permis de recueillir des témoignages d’améliorations significatives dans la prise en charge de leur douleur. Dans le cadre d’une étude pilote réalisée en Californie en 2005, on a demandé à 12 patients atteints de la maladie de Crohn de décrire leur perception des principaux symptômes avant et après avoir commencé à utiliser du cannabis. Il ressort de cette étude que l’utilisation de cannabis a permis d’améliorer tous les signes et symptômes évalués, notamment la douleur – évaluée à 6,5 sur 10 sur une échelle de gravité subjective avant la prise de cannabis, et à seulement 2 sur 10 après la prise de cannabis.

Stimulant de l’appétit (orexigène)

Lors de l’étude précitée, les patients ont également fait état d’une nette amélioration de leur appétit grâce au cannabis, passant d’environ 1 sur 10 à près de 7 sur 10 suivant la même échelle subjective. La perte d’appétit est également un symptôme fréquent de la maladie de Crohn, qui est souvent la conséquence des nausées chroniques et des douleurs abdominales. Une perte d’appétit grave peut occasionner une perte de poids involontaire dramatique particulièrement brutale. En plus de stimuler l’appétit, le cannabis réduit la fréquence de la défécation grâce à son effet sur la motilité intestinale ; l’association de ces deux facteurs a permis à la majorité des patients de reprendre du poids après avoir commencé à utiliser du cannabis. Crohn’s 4

La perte grave d’appétit, les nausées et la perte de poids sont fréquentes chez les patients atteints de la maladie de Crohn (© S)

L’utilisation du cannabis peut stimuler l’appétit des personnes atteintes de la maladie de Crohn en soulageant les douleurs abdominales et en inhibant le péristaltisme excessif. Cependant, il permet également d’augmenter la sensation de faim en agonisant directement certains récepteurs dans le tractus GI qui réagissent habituellement à la présence de ghréline (une hormone importante de stimulation de l’appétit qui a également démontré une certaine utilité pour le traitement de la maladie de Crohn).

Plusieurs études ont démontré que la présence de ghréline ou d’agonistes de cannabinoïdes tels que le THC entraîne une production accrue d’une enzyme, la protéine kinase activée par l’AMP (AMPK), dans l’hypothalamus. L’enzyme est indispensable aux processus métaboliques qui régulent l’homéostasie énergétique (équilibre énergétique) du corps. Elle est produite en réponse à la stimulation des récepteurs de ghréline GHS-R1a trouvés dans le système gastro-intestinal. Ainsi, le THC peut jouer efficacement le rôle de la ghréline en activant les récepteurs et en stimulant directement le cerveau pour produire des sensations de faim.