"Les dealeurs de Nogent-sur-Oise livraient leur cannabis dans 17 communes" par le Parisien

Hervé Sénamaud | 09 Juil. 2015, 17h12 | MAJ : 09 Juil. 2015, 17h12

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Les dealeurs de Nogent-sur-Oise livraient leur cannabis dans 17 communes

Des livreurs organisés par secteurs géographiques, des clients répartis sur 17 communes du sud de l’Oise, des centaines de clients réguliers, « l’entreprise  » de cinq Nogentais, originaires du boulevard Branly, semblait très prospère. Sauf que ce ne sont pas des pizzas que ces dynamiques entrepreneurs livraient à domicile mais du cannabis, sous forme de résine ou d’herbe. Une activité évidemment illégale, qui les a menés ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Senlis.

C’est l’interpellation d’un consommateur de drogue à Montataire en septembre 2013 qui a conduit les enquêteurs sur la piste de ce système bien rodé, dans lequel les consommateurs appelaient des numéros de portable pour passer commande. Après un an d’investigations et de surveillance, les policiers creillois passent à l’action et interpellent cinq hommes, le 18 novembre 2014. Parmi eux, Yassine, 19 ans, Benjamin, 26 ans, et Florian, 20 ans, sont les livreurs, se déplaçant en voiture ou à scooter pour livrer la drogue. Comme souvent dans les procès liés aux stupéfiants, les prévenus minimisent leur rôle et veulent en dire le moins possible, au risque d’aboutir à des dialogues surréalistes. « Monsieur Untel vous appelait et vous lui apportiez du cannabis ? », interroge à l’audience le président Fauquenot. « Je ne connais pas de Monsieur Untel », répond Yassine, après une courte réflexion.

Pour tous, le « grand chef » de ce trafic est forcément quelqu’un qui n’est pas présent, et qu’on ne peut bien sûr pas nommer. « Un grand black, chauve, du quartier de Saint-Exupéry, dont on ne devait pas prononcer le nom », poursuit l’inénarrable Yassine. Pour les enquêteurs, le rôle central est plutôt tenu par Fayçal, 24 ans, présent dans le box, et qui a prêté des voitures et même son appartement pour les échanges de marchandises. «  J’ai quand même l’impression que la montagne a accouché d’une souris, ironise Me Guillaume Desjardins, défenseur d’un des prévenus. Cela ressemble plus à un UberPop du haschich.  » Le tribunal a condamné les cinq hommes à des peines allant d’un an avec sursis, jusqu’à deux ans ferme.