"Les jumeaux, leurs empreintes et la drogue" Par Le Monde - Société
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LE MONDE - SOCIÉTÉ | Publié le 02 février 2015
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Les jumeaux, leurs empreintes et la drogue
Si la dissimulation est une ruse de la nature, il arrive qu’elle soit aussi l’apanage des beaux voyous. Les frères Gheddab, Yacine et Aziz, vrais jumeaux de leur état, en avaient fait leur botte secrète. Des années que ces parrains de la drogue classés parmi les trois plus gros trafiquants de la Seine-Saint-Denis abusaient de leur ressemblance. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux, le 8 janvier, soit surpris avec 640 kilos de cannabis et sept kalachnikovs dans son garage.
L’arrestation de Yacine Gheddab, au lendemain de l’attaque de Charlie Hebdo, est passée relativement inaperçue. Mais, au service départemental de la police judiciaire de la Seine-Saint-Denis (SDPJ 93), qui a effectué l’enquête, la chute de l’un de ces jumeaux monozygotes infernaux a été un événement en soi.
Grâce à leur même tête ronde, leur même stature de colosse un peu gras, voilà des années que les Gheddab réussissaient à échapper aux filatures. Dotés d’un ADN identique, ils n’avaient rien à craindre des méthodes de la police scientifique – même si celles-ci sont en train de se perfectionner. Seules leurs empreintes digitales auraient pu permettre de les différencier. Mais mettre des gants lors de ses méfaits relève de la prudence élémentaire.
Les frères Gheddab avaient failli trébucher en 2005. Mais ils avaient été pris avec moins de 300 grammes de cannabis sur eux. Autant dire rien pour la justice. Avec près de 700 kilos saisis, cette fois, et surtout la présence d’armes, Yacine, dont l’avocat n’a pas répondu aux appels du Monde, risque entre dix et vingt ans ...
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