"Manuel pour éviter (ou faire passer) un bad trip de cannabis" par dinafem
Publié le 19/07/16
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Manuel pour éviter (ou faire passer) un bad trip de cannabis
N’importe qui peut avoir un bad trip en consommant du cannabis. Et s’il est effectivement possible de contrôler certains facteurs pouvant nous faire avoir un « bad trip », il n’est néanmoins pas inutile de savoir comment agir lorsqu’on ne peut pas l’éviter. Respirez, calmez-vous et attendez calmement la fin de cette crise psychotique : ce sont vos priorités. Mais la solution comporte de nombreuses nuances, ci-après détaillées.
Chaque personne est différente, et les effets de la consommation de cannabis sous ses très nombreuses formes sont également très variés, y compris dans le cas le plus désagréable qu’est le bas trip. Connu sous nom anglais « bad trip » ou celui de « mauvais voyage », il s’agit d’une crise psychotique qui peut se manifester à travers un grand nombre de symptômes.
Pour certains, vivre l’expérience d’un bad trip est une erreur de débutants due à des facteurs aussi divers que ne pas boire suffisamment d’eau ou, simplement, au manque d’expérience des premières fois. Cependant, même les consommateurs de cannabis les plus expérimentés ne sont pas à l’abri d’avoir un bad trip à cause de l’herbe. D’ailleurs, il peut être dû à des raisons totalement circonstancielles somme l’état d’âme au moment de consommer, et être influencé par les gens qui nous accompagnent, la musique que l’on écoute, ou même le type de lumière de la pièce dans laquelle on se trouve.
La variabilité de l’expérience du bad trip est telle que même l’impact de la quantité consommée semble aléatoire : si certains attribuent l’apparition d’un « bad trip » à la consommation d’une dose trop importante, en raison du taux élevé de THC contenu dans les variétés de cannabis actuelles, d’autres associent cette expérience négative à de petites doses. Dans ce dernier cas, la quantité de cannabis consommée entraînerait un effet relativement faible qui permettrait une certaine résistance psychologique de l’organisme au voyage qu’il nous prépare. Il est donc clair que, même en tentant de contrôler tous ces facteurs, il s’agit de quelque chose d’imprévisible qui peut surprendre n’importe qui.
Un bad trip peut également se produire, par exemple, à la suite de la consommation de cannabis contaminé par des restes de pesticides ou de fertilisants, bien que les études réalisées sur le sujet suscitent davantage de questions que de réponses et n’expliquent pas en détail le risque de façon quantifiable.
Pour finir, il faut tenir compte du fait que le cannabis ingéré a des effets beaucoup plus intenses et durables que le cannabis inhalé, c’est pourquoi les débutants peuvent avoir de mauvais voyages lors de la consommation d’aliments contenant de la marijuana. L’explication est scientifique : lorsque le cannabis est ingéré au lieu d’être fumé ou vaporisé, le foie décompose le THC en un nouveau composé, dénommé 11-OH-THC.
Ce métabolite est plus puissant que le THC et franchit plus facilement la barrière hémato-encéphalique, produisant ainsi des effets plus psychédéliques dans le cerveau. Pour les néophytes, les bonbons au cannabis ou les infusions légères pourraient être une façon simple d’ingérer du cannabis en toute sécurité, car ils sont encore en plein apprentissage de la façon dont cela affecte leur corps.
Quant aux symptômes, il n’y a pas de diagnostic clinique de cette dénommée « psychose cannabique ». Il est possible que ces symptômes apparaissent et se développent de la même façon qu’une boule de neige. Peut-être quelqu’un dans notre entourage est-il silencieux et en retrait. Ces indices grandissent et grandissent et peuvent déboucher sur une crise d’anxiété accompagnée d’épisodes où apparaissent la peur et la paranoïa.
Ainsi, le consommateur qui vit un bad trip peut sentir qu’il perd le contrôle, car cela affecte la notion de temps et d’espace : dans certains cas extrêmes, on peut arriver à ne plus avoir conscience de soi ou des parties de son corps, et même avoir de légères hallucinations. Tout ceci, allié à des symptômes physiques associés, comme par exemple l’anxiété, peut provoquer des problèmes de respiration, ou la tachycardie.
Cependant, il ne faut pas céder à la panique : avoir une expérience négative est peu fréquent. S’il est vrai que l’apparition de certains moments ponctuels d’anxiété ou de brèves perceptions visuelles est relativement habituelle, elle ne requerra cependant une action du consommateur ou de ses accompagnants que si elle est prolongée ou potentiellement grave.
Comment l’éviter ?
Face à la variété de facteurs qui peuvent avoir un impact sur le bad trip, il y a peu de choses à faire pour le prévenir. Néanmoins, il existe une petite recette qui permettrait de réduire les possibilités de vivre cette expérience.
Tout réside dans le contrôle maximal de l’environnement. Ainsi, lorsqu’on se trouve dans un lieu familier, calme et entouré de personnes de confiance qui ne vont en aucun cas nous stresser, il est difficile que la situation dérape et il est probable que toute expérience négative ne soit que de courte durée. De plus, avoir une bonne santé aussi bien physique que mentale peut être la clé pour éviter un bad trip, car les malaises ou le palissement de la peau sont étroitement liés à la tension artérielle de chacun.
Si, malgré cela, notre organisme répond parfois par l’une de ces crises psychotiques lors de la consommation de cannabis, il existe des moyens de contrôler le bad trip pour éviter de pires maux. Aussi bien vous que ceux qui vous entourent pouvez suivre une série de recommandations pour réduire les symptômes.
Avant tout, le plus important est d’éviter de paniquer lors des premiers indices indiquant que quelque chose ne va pas bien. Essayer de rester calme est essentiel. La culture populaire, associée à l’opinion personnelle des usages dans différents forums sur internet, provoquent une infinité de supposés conseils qui vont de la consommation de produits sucrés comme le Coca-Cola jusqu’à l’usage de médicaments tels que l’aspirine, qui arrêteraient supposément les signaux du « bad trip ».
Cependant, il faut simplement essayer de se calmer : respirer calmement en inhalant l’air par la bouche et en l’exhalant petit à petit, détendre chacun de nos muscles et attendre que le bad trip passe et que les effets diminuent. Ceux-ci doivent être les objectifs principaux. On peut aussi agir comme face à une baisse de tension, ce qui est rarement fait lors qu’arrive le bad trip : mettre en jambes en hauteur. La « théorie de la baisse de sucre » pour expliquer les causes d’un bad trip a camouflé ses causes réelles et son procédé correspondant pour l’atténuer.
Pour y parvenir, rien de mieux, en premier lieu, que de faire régner la tranquillité autour de soi. Pas de musique ni de télévision, afin de reprendre un peu ses esprits. Il sera ainsi plus facile de se centrer sur le fait de détendre notre corps. Une fois cet objectif atteint, on peut mettre de la musique qui nous apaise davantage ou qui nous soit familière, ou même un film que l’on apprécie.
En outre, il est recommandé de changer d’environnement : si on se trouve à l’intérieur, sortir dans la rue peut être bénéfique, et vice-versa. Toute chose qui nous fasse penser à autre chose à ce moment-là est également utile. Faire des étirements ? Oui, vous pouvez. Peut-on boire du thé vert pour se détendre ? Allez-y. Peut-être un jus de fruits ? Fantastique, l’hydratation est un facteur important à prendre en compte pour réduire l’effet. Le tout en tenant compte du fait que le mieux à faire est d’essayer de parler avec quelqu’un qui vous accompagne afin qu’il dirige la conversation et apporte un peu de sérénité sur le moment.
Comment les autres peuvent-ils nous aider ?
D’autres fois, ce ne sera pas vous qui vivrez le bad trip, mais vous serez la personne qui accompagnera un ami qui sera en plein bad trip après avoir consommé du cannabis. Dans ce cas, il est également conseillé de savoir quoi faire pour aider son accompagnant et rendre l’expérience plus facile.
Pour commencer, pas question de répéter des phrases évidentes telles que « calme-toi ». Parler est une bonne option, mais il n’est pas de trop que de poser des questions concrètes, comme qu’est-ce que ressent la personne à ce moment-là ou si elle peut distinguer une partie concrète de son corps. Le tout sans oublier que lorsqu’on se trouve à côté de quelqu’un qui est dans cette situation, il faut être patient et compréhensible.
En outre, il est particulièrement utile de rappeler au voyageur ce qu’il a consommé. Il pourra ainsi prendre conscience que ce qui lui arrive n’est que l’un des possibles effets de sa consommation et que le retour à la normale n’est qu’une question de temps.
Enfin, il est également conseillé d’insérer dans cette conservation des choses qui permettent à l’usage de se rapprocher de la réalité. Par exemple, lui donner l’heure aiderait notre ami à atténuer la distorsion du temps qu’il pourrait ressentir.
Dans tous les cas, aussi bien pour celui qui voyage que pour celui qui accompagne le consommateur qui vit cette crise psychotique, il est important de toujours garder à l’esprit que, au-delà d’une aggravation par tachycardie due à l’anxiété, il s’agit d’une expérience dont l’intensité varie en fonction de notre capacité à la contrôler : respirez, calmez-vous et attendez que le bad trip finisse. Il finit toujours par passer. Et souvenez-vous que, comme pour bien des choses dans la vie, chacun est différent ; et quelque chose de désagréable pour certains peut être une expérience sûre et agréable pour d’autres.