(France) Diététique, apéritif et provocateur : le « sandwich au cannabis » !
Par J-Y. THÉLÈNE, publié le 15/02/2015
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DIGNE-LES-BAINS
Du cannabis dans le sandwich !
Variante : le sandwish à l’herbe ... purement végétarien !
Pour reprendre les termes de l’avocat de la défense Me Pelissier, c’est bien d’une « affaire indigeste » qu’il s’agissait avec cette introduction de cannabis dans l’enceinte du palais de justice de Digne, le stupéfiant étant dissimulé dans un sandwich !
Certes, la quantité « passée » à un détenu n’était pas colossale, le « passeur » n’étant pas un baron colombien mais plutôt celui qui avait voulu « rendre service à son copain ».
Ce dernier, menotté et escorté par les gendarmes, fait son entrée au palais pour les besoins d’une enquête. Il est en détention provisoire. La famille et les copains, dont le passeur, sont venus de Manosque pour jouer le comité d’accueil.
Un peu plus tard, un avocat aura entre les mains un sandwich qu’on lui a demandé de faire passer au détenu.
Mais l’escorte est vigilante et les gendarmes auront tôt fait de se rendre compte de la présence d’un peu plus de trois grammes de cannabis dans le casse-croûte.
Qui a tartiné le pain ?
On s’interroge, on questionne, on suppute sans trop de succès pour savoir qui est le coupable qui, de sa main, a « tartiné » le pain. Finalement, le prévenu se dénonce. Son casier ne porte aucune mention ; il est sans ressource, a un enfant et cherche du travail. A-t-il voulu « couvrir » quelqu’un en se dénonçant ? Toujours est-il qu’il est là, à la barre, en prévenu libre, à cette comparution immédiate présidée par M. Ollive qui lance : « dans l’enceinte du palais de justice ? C’est de la provocation ! »
Un geste qui relève d’une initiative personnelle et qui avait pour seul but d’apporter un minimum de confort supplémentaire à son copain en détention.
Six mois de prison dont trois ferme requis
Les faits sont inadmissibles pour la substitut, Mme Leclerc, alors que pour le défenseur Me Pelissier son client n’a pas réfléchi. Et à son encontre, la peine demandée par le ministère public, six mois de prison dont trois ferme, relève de la démesure. Le tribunal a suivi la supplique du plaideur : 120 heures de travail d’intérêt général. Par J-Y. THÉLÈNE | Publié le 15/02/2015 à 06:04 Vu 11338 fois