(Pétition) "Défendons le progrès, la santé et les Droits Humains au Sommet mondial des Drogues #UNGASS2016" par Cannabis sans Frontières

Publié le 05 mars 2016

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UNGASS 2016

Défendons le progrès, la santé et les Droits Humains au Sommet mondial des Drogues #UNGASS2016

A l’attention de François Hollande

Cette pé­ti­tion est une ini­tia­tive de la FAAAT, dans le cadre de la mo­bi­li­sa­tion in­ter­na­tio­nale "Stop the harm" (Li­mi­tons la casse !), à l’oc­ca­sion de l’UN­GASS sur les drogues.

Merci de sai­sir l’op­por­tu­nité de mettre la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment fran­çais pour qu’il soit à la hau­teur des en­jeux.

En avril pro­chain se tien­dra une As­sem­blée Gé­né­rale ex­tra­or­di­naire des Na­tions Unies (#UN­GASS2016) sur la pro­blé­ma­tique Drogues. La der­nière fois qu’un tel som­met avait eu lieu en 1998, l’éra­di­ca­tion des drogues avait été pla­ni­fiée. Elle a évi­dem­ment échoué.

Éra­di­quer des plantes d’usage mil­lé­naire, com­battre des usa­ger-e-s, des usages et des com­por­te­ments par la force plu­tôt que par le dia­logue, la com­pré­hen­sion, et l’ac­com­pa­gne­ment sa­ni­taire et so­cial : des vi­sées en op­po­si­tion to­tale avec la phi­lo­so­phie de Paix, d’en­traide et de bien-être hu­main consti­tu­tif des Na­tions Unies.

Une uto­pie mor­bide qui a per­mis à tous les pays du globe, en par­ti­cu­lier sous les gou­ver­ne­ments les plus ré­ac­tion­naires, de jus­ti­fier les pires at­teintes aux Droits hu­mains, à la Santé et à la sé­cu­rité pu­bliques, à la science et au bon sens :

Dans bien trop de pays, la peine de mort est uti­li­sée en ré­ponse aux in­frac­tions aux lois sur les drogues, y com­pris pour des dé­lits mi­neurs ;

  • chez nous, pas de peine de mort mais des cen­taines de mil­liers d’in­ter­pel­la­tions, de garde à vue, d’amendes, de re­traits de per­mis, de per­qui­si­tions, des mil­liards d’eu­ros gas­pillés en frais de jus­tice, de po­lice et de pri­son, avec comme seul ré­sul­tat une ex­plo­sion de la consom­ma­tion ;
  • le sta­tut d’illé­ga­lité des drogues a per­mis aux or­ga­ni­sa­tions cri­mi­nelles de se fi­nan­cer, de cor­rompre les ins­ti­tu­tions et de per­sé­cu­ter les po­pu­la­tions (en 2010, le Mexique comp­tait 15 000 meurtres di­rec­te­ment liés au tra­fic de drogues ; en France déjà beau­coup trop), tout en ren­for­çant leur main­mise sur l’éco­no­mie mon­diale ;
  • en Amé­rique la­tine, les po­li­tiques d’éra­di­ca­tion des cultures de coca im­po­sées à coup (entre autres) de plans mi­li­taires, d’exac­tions po­li­cières, de fu­mi­ga­tions toxiques et d’épan­dages aé­riens de gly­pho­sate ont gé­néré des vio­la­tions mas­sives des droits fon­da­men­taux et des consé­quences sa­ni­taires si in­vrai­sem­blables qu’il de­vient dif­fi­cile de les quan­ti­fier ;
  • alors que plus de 80% de la po­pu­la­tion mon­diale n’a pas accès aux an­ti­dou­leurs, l’Oc­ci­dent sur­con­somme lé­ga­le­ment les dé­ri­vés mor­phi­niques sur or­don­nance (des sé­da­tifs pour dor­mir ou des an­tal­giques pour se sou­la­ger), tout en re­je­tant au ban de la so­ciété des conci­toyen-ne-s consom­mant des opia­cés illé­gaux ;
  • enfin, la re­cherche sur les risques réels et les pos­si­bi­li­tés thé­ra­peu­tiques des sub­stances pro­hi­bées est igno­rée quand elle n’est pas biai­sée, voire in­ter­dite. Le vice est même poussé jus­qu’à re­fu­ser dans de nom­breux pays (y com­pris la France) la re­con­nais­sance de l’usage com­pas­sion­nel aux ma­lades cher­chant à apai­ser leurs maux, jus­qu’à re­fu­ser aux ma­lades une pos­si­bi­lité de soin ou de sou­la­ge­ment de leurs symp­tômes, au pré­texte d’une éven­tuelle dé­pen­dance pos­sible.

Et il y a hélas tant d’autres exemples de vio­la­tions graves et im­pres­crip­tibles aux Droits fon­da­men­taux et aux droits des peuples cau­sées di­rec­te­ment et in­di­rec­te­ment par ce sys­tème. L’ap­proche de nos so­cié­tés sur les drogues est ubuesque, ab­surde, dé­pas­sée et, on le voit, né­faste.

Il y a quelques jours, l’Of­fice In­ter­na­tio­nal de Contrôle des Stu­pé­fiants (OICS), gen­darme mon­dial de la pro­hi­bi­tion, re­con­nais­sait dans son rap­port l’in­uti­lité du tout ré­pres­sif. Au­pa­ra­vant, Kofi Annan avait pu­blié un appel à l’en­semble des di­ri­geants convain­cus par une ap­proche de santé pu­blique à re­ven­di­quer une ré-in­ter­pré­ta­tion des trai­tés in­ter­na­tio­naux, et une ré­gu­la­tion des sub­stances clas­sées illi­cites au ni­veau mon­dial.

De­puis des an­nées l’OMS, le Pro­gramme des Na­tions Unies pour le Dé­ve­lop­pe­ment, l’ONU SIDA et l’Or­ga­ni­sa­tion des États d’Amé­rique, ap­pellent à une nou­velle ap­proche en la ma­tière.

Et de­puis 2011 c’est la Com­mis­sion Mon­diale sur les Po­li­tiques des Drogues, com­po­sée d’an­ciens chefs d’État qui, rap­port après rap­port, pointe les consé­quences dé­vas­ta­trices de 20 ans de “guerre aux drogues” sur l’État de droit, sur l’en­vi­ron­ne­ment, sur la santé pu­blique, la cri­mi­na­lité et la paix so­ciale, sur les droits hu­mains, les droits des femmes et les droits des peuples au­toch­tones, sur l’ac­cès aux mé­di­ca­ments pal­lia­tifs et sur tant d’autres pans de notre vie quo­ti­dienne.

Nous nous joi­gnons à ces ap­pels et de­man­dons à ce qu’après des dé­cen­nies d’aveu­gle­ment, la France, par la voie de sa di­plo­ma­tie, sai­sisse l’op­por­tu­nité de cette #UN­GASS2016 sur les drogues pour faire va­loir les prin­cipes que notre pays doit — à dé­faut de les ap­pli­quer sur son propre ter­ri­toire — re­ven­di­quer avec force au sein de l’ONU : le dia­logue, le pro­grès, la Paix, la Santé et l’ap­proche de ré­duc­tion des dom­mages, les Droits Hu­mains ou en­core la par­ti­ci­pa­tion dé­mo­cra­tique aux po­li­tiques pu­bliques.

Voir en ligne : Pour lire et signer la pétition