"Pleurez pour le Cannabis en Argentine" par Tim Baker

Par Tim Baker (Merryjane), rédigé le 01 janvier 2016, traduit et adapté de l’anglais par jean-Louis Bouvarel - Chanvre Info

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Pleurez pour le Cannabis en Argentine

(Traduit de l’article Crying for Cannabis in Argentina)

L’année dernière, tout laissait croire que l’Argentine pourrait être le prochain pays d’Amérique du Sud à légaliser le cannabis, mais les événements récents ont peut-être modifié la donne.

À l’automne 2015, les citoyens de l’Argentine ont voté et élu un nouveau président pour remplacer la politicienne controversé Cristina Kirchner, et ce résultat renie plus de la moitié d’une décennie de travail de la part des progressistes à travers ce pays sud-américain. Le nouveau président de l’Argentine est Mauricio Macri, ingénieur civil et membre du Parti républicain, qui s’avère résolument anti-cannabis et n’a pas l’intention de donner suite à la stratégie de légalisation de l’ex-président Kirchner - qui était en grande partie l’extension d’une décision de 2009 de la Cour suprême d’Argentine qui a déclaré qu’il était inconstitutionnel de punir les gens pour l’usage de cannabis dans l’intimité de leurs maisons.

Comme l’Uruguay voisin a pris une décision majeure de légaliser le cannabis à des fins récréatives et de régulation avec la bureaucratie gouvernementale en 2013, les citoyens progressistes de l’Argentine ont commencé à appeler activement pour un changement dans leur loi sur le cannabis, qui, malgré la décision de la Cour suprême, traite encore le cannabis de la même façon qu’une drogue dure (comme la cocaïne et l’héroïne).

Le Président Macri pense, selon The Bubble (média australien), que l’utilisation de cannabis devrait être puni "à tous prix" et ne mérite pas un développement médicale dans l’avenir. Ceci en dépit du fait qu’une société d’argentine a reçu un des deux seuls contrats pour produire du cannabis pour le gouvernement uruguayen lors de sa mise en marché légal en 2016. Si Macri décide de mettre un terme à cette opportunité d’affaires sans précédent, il pourrait priver ses compatriotes d’une véritable relance économique, en plus de les priver d’une médecine dont certains d’entre eux ont désespérément besoin.

L’élection de Macri est venue à un moment où il semblait que le long processus de changement dans les lois sur le cannabis de l’Argentine avait enfin commencé. En mai 2015, 100.000 personnes sont descendues dans les rues et ont marché sur la Plaza de Mayo, la place principale de Buenos Aires, afin d’exiger la « légalisation et la normalisation" du cannabis dans le pays. Cette place est le centre de protestation le plus actif de Buenos Aires, elle est également l’endroit où les mères en deuil de ceux qui ont « disparu » sous l’effroyable récent régime fasciste de l’Argentine, se réunissent toujours en protestation silencieuse. En mai, c’est avec cet esprit de protestation combinée avec des intentions d’une fête, que les défenseurs de cannabis ont repris la place, prouvant à la fois la force de la culture de cannabis en Argentine et le désir de ses partisans pour le changement.

Mais la manifestation semble avoir été tenue en vain, car les statuts de 1989 de l’Argentine concernant le cannabis, selon lesquels la simple possession est passible de six ans de prison, sont toujours effectifs. Beaucoup en Argentine espèrent que la seule façon de faire passer une loi permettant l’utilisation du cannabis, serait de faire en sorte que le gouvernement soit directement responsable de la régulation du marché, suivant le modèle de l’Uruguay. Dans ce pays voisin, le gouvernement oblige les utilisateurs à s’enregistrer dans une base, une condition qui pourrait toutefois avoir des conséquences négatives en Argentine, pays si récemment libéré de la poigne de fer du fascisme.

De même que le gouvernement uruguayen est le seul à pouvoir vendre du cannabis légalement sur son territoire, une stipulation laisse penser que l’Argentine ferait probablement la même chose en cas d’un changement favorable de politique. L’Uruguay tient à se faire beaucoup d’argent en dépit des prix bas qu’elle exige pour son produit - environ 1 $ US par gramme de cannabis. Elle réglemente également les particuliers désireux d’en acheter dans l’espoir de prévenir les abus. Toute d’Amérique du Sud suit de près l’expérience de l’Uruguay, mais dans un avenir proche, il semble que la juridiction de l’Argentine est encore à quelques années - le terme du mandat présidentiel actuel - pour que la légalisation du cannabis devienne possiblement une réalité.