(Plus que partiellement inexact) Le cannabis échoue à démontrer une efficacité contre la douleur chez des patients cancéreux par DocBuzz

Grrrrrr ! Décortiquons sans colère ce texte dans le PS


Article publié le : 09 janvier 2015, auteur : la Rédaction

http://www.docbuzz.fr/2015/01/09/12...

Le cannabis échoue à démontrer une efficacité contre la douleur chez des patients cancéreux

L’utilisation médicale du cannabis a très souvent été mise en avant par les apôtres de la libéralisation de cette drogue non seulement pour appuyer leur tentative de normalisation mais aussi pour en améliorer l’image en faisant passer cette drogue destructrice pour une alliée de la santé humaine. Cet argument médical est souvent utilisé par certain médias et personnages politiques en particulier de gauche. Le think tank Terra Nova, proche du Parti Socialiste, avançait récemment qu’un cadre moins répressif pourrait avoir un résultat plus satisfaisant pour limiter la consommation. Dans ce contexte, une nouvelle étude menée chez des patients cancéreux et démontrant que le cannabis ne soulage absolument pas les douleurs de ces patients doit être considérée.

En 2009, le journal Le Monde publiant un article au titre évocateur, “Le cannabis, une drogue aux vertus thérapeutiques“. Il récidivait le 19 décembre 2014 prônant la libéralisation du cannabis, dans un article incluant (online) une vidéo avec ce commentaire « Cannabidiol au Brésil : des familles dans l’illégalité pour leurs enfants : Le cannabidiol, dérivé du cannabis, est l’un des médicaments utilisé pour traiter des patients atteints d’épilepsie grave ». Cela sous-entendait évidemment au sein de ce dossier ouvert par un éditorial intitulé “Pour la légalisation du cannabis”, que refuser le cannabis, revenait à refuser un traitement médical efficace à ces malades, en particulier ici des enfants. Qui ne s’exclamerait pas à ce moment, libéralisation au moins médicalement !

La manipulation était grossière ; mais elle reste très utilisée dans cette stratégie de tentatives répétées de légalisation du cannabis. Pour en revenir à cet exemple de l’utilisation des dérivés des cannabinoïdes dans l’épilepsie, il n’existe actuellement aucune étude sérieuse randomisée, contrôlée, en double-aveugle, sur les effets du THC ou du cannabidiol dans l’épilepsie. L’intérêt des dérivés du canabinnoïde dans la prévention des récidives de crises d’épilepsies est à ce jour pure spéculation, et bien sur aucun pays au Monde n’a jamais autorisé l’utilisation de ce dérivé du cannabis chez ces patients, encore moins chez des enfants.

Une étude chez des mineurs épileptiques est prévue au Etats-Unis mais avec un produit dénommé Epidiolex, purifié de tout tetrahydrocannabinol (THC). Il existe également quelques publications de cas individuels mais rien de suffisant pour affirmer un effet favorable.

L’intérêt du cannabis a également souvent été évoqué dans le soulagement des douleurs cancéreuses. Le Sativex, un traitement dérivé du cannabis (delta-9-tétrahydrocannabinol + cannabidiol) produit par la société GW Pharmaceuticals/Otsuka a obtenu une indication chez certains patients atteints de sclérose en plaques, pour soulager les contractures sévères (spasticité), résistantes aux autres traitements. Afin d’évaluer son intérêt chez les patients cancéreux, il a été évalué chez des 399 patients ayant un cancer à un stade avancé et insuffisamment soulagés par les opiacés. Ces patients ont donc été séparés en deux groupes, l’un recevant le Sativex et l’autre un placebo, en plus des opiacés. Le soulagement de la douleur était mesuré sur échelle analogique (de 0 à 10). Après 5 semaines de traitement, il n’y avait aucune différence entre l’intensité des douleurs ressenties par les patients traités par Sativex et les patients traités par le placebo, indique un communiqué de presse rendu public avant la publication de l’étude. Les résultats pour les critères secondaires suivent la même tendance.

Les patients traités par Sativex avaient par ailleurs plus de somnolence, (12% vs 4%) et plus de vertiges (8% vs 5%).

Cette étude démontre une nouvelle fois que l’intérêt médical du cannabis et de ses dérivés n’est toujours pas démontré et qu’avant de prêter attention aux apôtres de la libéralisation du cannabis sous prétexte d’aider à soulager des patients, des études doivent sérieusement en démontrer l’intérêt.

Sources

Slim Evidence for Cannabinoids for Epilepsy John W. Miller Epilepsy Curr. 2013 Mar-Apr ; 13(2) : 81–82.

Le cannabis, une drogue aux vertus thérapeutiques

LE MONDE | 11.12.2009 à 14h43 • Mis à jour le 09.01.2014 à 09h39 |

Pour la légalisation du cannabis LE MONDE | 19.12.2014 à 11h33• Mis à jour le19.12.2014 à 13h22

Cannabis : les bénéfices objectifs de la légalisation Laetitia Clavreul Le Monde.fr | 19.12.2014 à 11h07• Mis à jour le19.12.2014 à 13h30

GW Pharmaceuticals, Otsuka Cancer-Pain Drug Misses Primary Endpoint Findings Come From One of Three Trials Companies are Conducting on Sativex Michael Calia The Wall Street Journal , Jan. 8, 2015 7:49 a.m

Crédit Photo Creative Commons by M. Martin Vicente

P.-S.

Je m’adresse ici au rédacteur du texte de cet article :

"... Cette étude démontre une nouvelle fois que l’intérêt médical du cannabis et de ses dérivés n’est toujours pas démontré et qu’avant de prêter attention aux apôtres de la libéralisation du cannabis sous prétexte d’aider à soulager des patients, des études doivent sérieusement en démontrer l’intérêt ..." dites-vous. Le problème est qu’en France, de telles études sont empéchées par la prohibition même !

Désolé, vous dites n’importe quoi, l’étude que vous citez ne parle que d’un médicament (Sativex) qui ne contient que 2 cannabinoïdes (sans les terpènes) sur les plus de 80 cannabinoïdes présents dans la plante. D’autant que cette « étude » fait partie d’une batterie de tests que la firme propriétaire du Sativex, fait subir à son produit pour lui trouver d’autres domaines d’applications. Par exemple, des essais en cours du Sativex sur le traitement des crises d’épilepsie semblent donner de bien meilleurs résultats mais il faudra attendre la publication de l’étude pour pouvoir l’affirmer vraiment.

Vous faites donc partie des gens dont le titre de leurs articles ne correspondent ni au contenu du texte, ni à celui des sources cités et encore moins à la réalité. Un article dont le titre n’est pas conforme au contenu du texte ou aux sources s’apparente à du Journalisme Jaune. Si vous rectifiez cannabis dans votre titre par Sativex, vous serez beaucoup plus dans la vérité ! Le cannabis est une plante complexe contenant plus de 500 constituants différents dont environ 80 cannabinoïdes et de nombreux terpènes Mais cela ne va pas satisfaire le point de vue hostile au cannabis que vous cherchez à imposer. N’est-ce pas que vous êtes hostile au cannabis, d’un point de vue général ?

Quant aux études dont vous déplorez l’absence, elles existent, mais à l’étranger – Israël par exemple.

L’Australie et la Nouvelle Zélande vont bientôt s’y mettre et publient déjà à ce sujet. AU USA et au Canada, les entreprises pharmaceutiques souhaitant se développer dans le secteur du cannabis médical publient actuellement à tout va !

D’autres preuves nous apparaissent dans les dépôts de brevets comme l’a fait, toujours en exemple, le gouvernement des États-Unis au sujet des cannabinoïdes pour leurs rôles neuroprotecteurs et anticancéreux (http://www.chanvre-info.ch/info/fr/...). En France de telles études sont interdites- empêchées par le tout puissant lobby pharmaceutique et des politiciens à leur solde.

La conclusion que vous développez dans votre « article » est donc non conforme à la vérité. En conséquence de quoi, soit vous ne disposez pas des connaissances nécessaires à décrypter ces informations, soit vous en êtes capables mais alors construisez votre texte de façon à tromper vos lectrices-lecteurs.

Si vous souhaitez accéder à une bonne information, consultez le bulletin IACM (http://www.cannabis-med.org/french/...) qui recense toutes les études passées et en cours sur les cannabinoïdes. Et vous constaterez que des études, il en existe beaucoup dont les conclusions démontent celles d’études bien plus anciennes sur lesquelles la Prohibition s’était fondée dans ses argumentations et/ou vous contredisent.

Pour ce qui est d’éclairer sous un jour nouveau des faits que vous dénigrez :

1) Science/Homme : la combinaison cannabis/opioïdes fait diminuer la douleur plus efficacement que les opioïdes seuls

... qui explique que les cannabinoïdes ne sont pas totalement dénués d’intérêts en traitements de la douleur. A propos, ce sont les médecins et les chercheurs qui ont classifié le cannabis comme antalgique. Dans les fait, aucun pro-cannabis sérieux n’affirme que le cannabis et ses dérivés soient aussi antalgiques que ne le sont les opiacés.

Il est expliqué que cela permet de réduire la douleur de façon toutefois significative et d’améliorer l’existence de façon sensible puisque le patient est moins atteint de sédation et reste d’un état conscient plus que satisfaisant (la morphine fait "perdre la boule", provoque des confusions de souvenirs et une sorte d’état onirique).

2) Epilepsie : voici un lien qui résume les études sur le traitement de l’épilepsie par des cannabinoïdes recensés par l’IACM Bulletin ... http://www.cannabis-med.org/index.p...

Voici un autre qui aborde aussi la question et est une sorte d’appel au regroupement des données et à de la Recherche : Le cannabis pourrait réduire les crises d’épilepsie

A noter que le CBD traite l’épilepsie de façon large : Atteinte d’une maladie rare, la vie d’une fillette de 8 ans transformée grâce à la marijuana.

A noter aussi, l’Epidiolex est à base de CBD, un cannabinoïde et sa forme pure fait qu’il est fatalement débarrassé de toutes traces de THC. Mais c’est un composant du cannabis quand même.

3) Par ailleurs, vous trouverez dans le bulletin IACM d’autres études récentes qui confirment l’action anti-cancer de certains cannabinoïdes par apoptose, propriétés que n’ont pas les opiacés. Enfin, il y a aussi le fait que les cannabinoïdes ont des propriétés antiinflammatoires et favorisent l’appétit et quelques autres chose en plus, encore ... comme, lorsqu’en association, permettre de diviser par trois les doses d’opiacés et de réduire de beaucoup le risque d’overdose et celui d’addiction :

Moins de surdosage d’antidouleurs avec le cannabis thérapeutique

et : « Ce n’est pas le cannabis qui soigne mon cancer mais il m’aide »

Enfin au sujet des mineurs épileptiques, vous dites ; " Il existe également quelques publications de cas individuels mais rien de suffisant pour affirmer un effet favorable.". Ce sont des centaines de cas qui sont aujourd’hui recensés et des milliers de parents étasuniens qui s’exilent au Colorado ! Pensez-vous qu’ils le feraient (tout quitter, déménager ...) si le cannabis ne fournissait pas d’amélioration constatable de l’état général de leur enfant ?

Actualités du cannabis médical, Juillet 2014

JLB - Rédacteur à Chanvre-Info